Rapide Critique

The Unholy Society

Développeur : Cat-astrophe Games – Éditeur : Cat-astrophe Games
Date de Sortie : 25 Février 2020 – Prix : 9.99 €

Les jeux qui nous mettent dans la peau d’un prêtre sont rares. Il faut dire, qu’à première vue, conduire une messe, célébrer un mariage ou filer l’hostie à ses fidèles pourrait paraître rasoir. Sauf que, comme nous le prouve The Unholy Society – développé par Cat-astrophe Games, un petit studio polonais – le métier de cureton ne s’arrête pas à ces trivialités, puisque celui-ci est aussi amené à pratiquer le rituel obscur de l’exorcisme, et donc à protéger l’humanité des diverses engeances démoniaques cherchant à lui suçoter le sang. Un vaste programme semé d’embûches, dont la première est personnifiée par le protagoniste lui-même, Bonaventura Horowitz : un exorciste porté sur le whisky, le sexe et la clope, pas avare en conduites à risques.

Vous l’aurez compris, The Unholy Society déborde d’un humour absurde, qui s’amuse à mettre le joueur dans des situations abracadabrantesques – faire l’amour avec un démon, sans savoir que c’en est un, en est un exemple – et à le nourrir de blagues faisant plus ou moins mouche. À la manière d’un The Blind Prophet, testé il y a peu par votre humble serviteur, le titre polonais puise son inspiration dans la pop culture des années 80 et 90, et foisonne d’hommages appuyés à cette période, destinés à faire sourire le trentenaire nostalgique. Les fans de films d’horreur et de mouvement gothique reconnaîtront de nombreux visages familiers – Dracula, Sadako, pour ne citer qu’eux – au risque d’ailleurs de frôler l’overdose de références. C’est peut-être là le tort de The Unholy Society, qui se noie d’une part dans un trop-plein de clin d’œil, et d’autre part dans sa volonté de faire rire le joueur à chaque foutue ligne de dialogue. Un brin forceur.

Par ailleurs, The Unholy Society prend la forme d’un jeu d’aventure minimaliste, où collecte d’objets et rencontres avec des personnages hauts en couleur sont au programme. Mais n’attendez pas la complexité d’un point&click traditionnel : les énigmes sont aux abonnés absents et la courte intrigue – de deux heures environ – se traverse en ligne droite. Là où The Unholy Society tente l’originalité, c’est lorsque Horowitz s’adonne à l’art occulte de l’exorcisme. Face aux démons, la vue devient alors subjective, et l’on doit chercher dans le décor, à l’aide d’un crucifix, des symboles dans un ordre bien précis pour exécuter une attaque et grignoter la barre de vie de l’adversaire, qui ne se gênera d’ailleurs pas pour riposter. Un système de combat qui se montre original lors des premiers affrontements, mais qui s’avère bien vite redondant et imprécis.

Esthétiquement, The Unholy Society ne s’en sort pas trop mal, avec un design épuré faisant très vaguement penser à celui de The Silent Age (en moins beau) ; et il se dégage du jeu une ambiance à la fois glauque et loufoque assez sympathique. Si Bonaventura Horowitz sera amené à crapahuter dans des lieux classiques (ville fantôme, égouts… ), ces derniers se montrent réussis, même si on reste loin de la fracture de rétine.

Pas dénué de charme, The Unholy Society ne passera pas pour autant à la postérité, la faute à un gameplay faiblard et à une écriture qui cherche à trop en faire. Son univers parodique et complètement barré pourrait toutefois attirer les nostalgiques des années 90, qui sauront lui accorder quelques sourires bienveillants.

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Gattu

Joueur biberonné à quelques vieilleries telles que Secret Of Mana, Half Life ou Day of the Tentacle ; aujourd'hui reconverti sur les jeux narratifs, principalement par manque de temps et... de temps.

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