
Livraison express, en balai c’est pesé.
Suite spirituelle de Fights in Tight Spaces, le nouveau jeu de Ground Shatter abandonne les costumes pincés, les flingues et les experts en arts martiaux pour nous propulser dans un monde Médiéval Fantastique. Mais la mécanique de deck building et les combats en lieux confinés et étroits sont toujours de la partie. Avec Knights in Tight Spaces (que je vais appeler KiTS désormais parce que c’est long à écrire et que ma touche ctrl est pétée), si défenestrer des magiciens et tabasser des archers tout en améliorant votre set de cartes est votre kink secret, jetez donc un coup d’œil à cette critique !
Votre serviteur n’est pas un grand adepte de jeux de carte, le deck building ce n’est vraiment pas trop mon truc, et globalement, je déteste le hasard. Mais s’il y a bien un truc que j’aime, c’est balancer les gens par les fenêtres, par-dessus des rambardes ou dans des ravins (dans le jeu vidéo, évidemment, pas en vrai, mévouzètfou ?). This is Sparta ! Donc quand un jeu propose la possibilité de filer des grands coups de latte dans le postérieur de vilains pour les éjecter vers une mort certaine, je suis toujours partant. On commence le jeu en choisissant un des héros débloqués, un des modes de difficulté, et c’est parti ! Chaque héros (Guerrier, prêtre, voleur, magicien, etc.) va avoir un set de cartes pour entamer l’aventure. Mais ce deck va s’étoffer au fur et à mesure des victoires remportées, des objectifs atteints et des achats possiblement effectués dans les boutiques sur le terrain de jeu. On peut aussi y acheter de l’équipement, ou en trouver, l’améliorer, et bien sûr recruter jusqu’à 2 bonhommes supplémentaires, cela ajoute des choix tactiques très intéressants (combos de soutien, styles de combats différents, etc.). Ah oui, au départ et jusqu’à avoir perdu, le panel de cartes va être assez limité. Il faudra soit arriver au bout de l’aventure (bonne chance avec les cartes un peu nulles du début) soit perdre pour pouvoir monter en niveau et débloquer de nouvelles cartes, à la manière d’un rogue quoi (il y a plus de 300 cartes au total). Une fois le panel de possibilités un peu étendu, la réflexion sera non pas de remporter l’affrontement, mais de le faire de la façon la plus optimisée possible, sachant que les « retours arrière » sont limités, voire bloqués suivant le mode de difficulté.
Le petit truc un peu frustrant, c’est que cette mécanique rogue n’est pas bien expliquée ou pas du tout. Du coup lors de ma première partie, j’ai UN PEU forcé pour arriver au bout avec les cartes nulles de débutant et, bon ben au bout d’un moment ça passe plus. Frustré que j’étais en renâclant à abandonner, cette frustration fut rapidement changée en soulagement quand je vis la multitude de nouvelles cartes (et donc de possibilités stratégiques) me tomber sur le coin de la figure. Ni une, ni deux, j’ai relancé une partie en espérant arriver plus loin cette fois-ci et sans forcer quand je vois que ça ne passe pas. Je dois quand même temporiser un peu mon enthousiasme, car malgré tout les premières bastons se répètent un chouïa. Mais avec les meilleures cartes, des combats un peu difficiles deviennent alors des formalités, ça se sent et c’est très agréable.
Graphiquement, le style très épuré et aérien de Fights in Tight Spaces laisse place à des personnages et des environnements plus détaillés, mais chaque rôle (PJ, PNJ, Boss, Combattant adverse spécial ou non) a un code couleur immédiatement reconnaissable qui aide grandement à la lisibilité des combats. Ceci dit, les combats manquent un peu de pêche. Le tour par tour est un peu mollasson et le système permettant de revoir l’affrontement « en temps réel » me semble bien moins impactant que dans FiTS, le jeu précédent. La musique est, bien qu’excellente, un poil répétitive, puisque assez limitée en nombre, malheureusement. Au bout de quelques escarmouches, j’avais simplement diminué, voir couper la musique pour mettre autre chose, et c’est dommage (surtout quand celle de FiTS était aussi bonne).
Une itération sympathique et qui ravira les amateurs de jeux de cartes avec un twist. Dommage qu’il soit un poil mou, mais les possibilités tactiques dues au hasard et aux cartes d’actions très différentes permettent de n’avoir aucun combat se déroulant de la même façon, rendant l’expérience sinon addictive, au moins extrêmement plaisante. Enfin je dis ça, mais j’ai qu’une envie, c’est de le relancer, là maintenant…