Service with a Shotgun est faussement un jeu à gameplay !

Service with a Shotgun est faussement un jeu à gameplay !

C’est toujours un peu difficile, en 2025, de débarquer avec une visual novel alors que le genre peine à se renouveler et que les ténors du genre volent toujours la vedette. Pire : Steam en est gavé de mauvaises productions, comme l’auto-édition Amazon de livres à l’eau de rose. Il faut donc trouver des stratagèmes pour intéresser et surprendre. Service with a Shotgun tente de vous faire croire à de la rétention de joueur, à du shoot frénétique et à de la gestion d’inventaire pour finalement vous conter son histoire. Malin ?

Talk & Shoot

Vous êtes un tout frais vendeur dans une station-service et, pour vos premiers jours, une attaque zombie éclate. Le monde est à feu et à sang, mais il faut tout de même servir la clientèle. Et surtout, il faut discuter avec elle. Les gens vous parlent sur l’écran de droite et, de temps en temps, vous devez passer sur l’écran de gauche pour shooter les zombies qui s’avancent vers vous. C’est un concept absolument dingue quand on y pense : on imagine bien le pompiste vous raconter sa vie et, d’un seul coup, lâcher “attendez, j’en ai pour cinq minutes”. Coup de feu. Puis il revient. C’est exactement votre rôle dans ce jeu. Ci-dessous, les images reprennent l’exacte disposition de leur visibilité dans le jeu.

Les personnages sont évidemment bien écrits : une petite dizaine. Vous aurez l’intérêt amoureux, le docteur foldingue, le mentor, le taré, et d’autres clients charismatiques qui vous accompagneront dans votre évolution du magasin. Il faudra suivre avec attention tout ce qu’ils vous racontent, car il leur arrive de vous poser des questions. Si vous répondez mal, ils comprendront que vous ne les avez pas réellement écoutés et que vous avez matraqué votre souris pour passer les dialogues. En plus de la honte que cela provoque, vous perdrez des ressources qu’ils vous auraient offertes en cas de bonnes réponses : moins de munitions, moins d’argent pour acheter ces mêmes munitions dans un troisième écran de jeu qui sert aussi à acheter des pièges entre chaque jour qui passe.

Et puis, au bout de quelques minutes, le jeu change…

That Escalated Quickly

J’ai longtemps hésité à ne pas écrire de review pour ce jeu, parce que tout ce qu’il vous promet dans ses screenshots et dans son trailer est finalement plutôt faux, mais je ne peux pas en dire plus. D’un coup, cette histoire se transforme en une demi-dizaine d’actes complètement dingues qui vous emmènent dans des lieux différents, toujours avec le même principe de plusieurs écrans et de gestion des dialogues et des récompenses. Les biomes sont impossibles à dévoiler, tant cela gâcherait l’expérience scénaristique. Mais c’est entièrement fou.

Si le jeu est plutôt joli (surtout dans les pixels de ses personnages), il est aussi extrêmement linéaire et guidé, ce qui rend le défi peu présent et, finalement, la promesse de rétention dans le gameplayOu « jouabilité » en français, fait référence à la façon dont le joueur interagit avec un jeu vidéo. assez absente. Tout est scripté, donc facile, donc linéaire. Le scénario est aussi absolument à l’ouest et ne plaira pas à tout le monde : fou, c’est le mot de cette review, finalement. Le récit joue en permanence sur les bordures de la logique et se permet des dingueries dignes d’un délire de collégien qui s’ennuie en salle de permanence. Et c’est un compliment.

Skywilly
Vous l’aurez compris, je ne peux pas vous en dire davantage si ce n’est que non, ce n’est pas un jeu à gameplay systémique, ni un rogue-like, ni vraiment un jeu de tir tant il est simple. C’est une histoire, contée d’une façon très originale, qui fonctionne parfois, se plante souvent, mais qui est attachante et pour sûr, complètement originale.

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