Tingus Goose va vous mettre très mal à l’aise !
Une oie pond un œuf. Quelqu’un marche dessus, et la créature qui en émerge s’infiltre en lui jusqu’à remodeler tout son système nerveux. Peu à peu, il se transforme en hybride humano-oiesque, finit amoureux d’une véritable oie, et devient parent d’un poussin qui ne s’exprime qu’en amas chaotiques de coin-coin. Des années plus tard, son boss l’engueule une fois de trop : il explose alors en une nuée d’oies déchaînées. Ce genre de péripéties délirantes illustre parfaitement l’énergie absurde de Tingus Goose, l’incrémental déjanté de Sweaty Chair.
Cookink Clicker



Vous arrosez votre humanoïde-canard pour le voir faire naître une créature. Celle-ci a une tête et un bec, et va devoir grandir jusque dans les nuages pour embrasser son ou sa dulciné·e. Mais pour que ça grandisse, il faut le nourrir… avec de l’argent ! Et l’argent se gagne en cliquant sur les bébés que produit ce corps de plus en plus géant. Mon Dieu, mais qu’est-ce que j’écris.
Chaque bébé peut être cliqué une demi-douzaine de fois avant d’exploser. Chaque clic génère de l’argent, mais en revanche, un bébé non explosé (je vais aller en prison) qui atteint le bas de l’écran sous forme de tirelire vous rapporte davantage d’argent. Attention à vos clics donc, soignez vos engeances avec intelligence.
Sur le chemin des pieds à la tête, des pustules ou œufs vont pousser, créant des extensions différentes. Par exemple, un œil sur lequel vos bébés peuvent rebondir : encore de l’argent de gagné. Vous devrez placer toutes ces extensions vivantes de telle sorte que les rebonds s’enchaînent. Certaines extensions sont des tuyaux, vous permettant de générer de réels chemins, des retours à l’envoyeur et des descentes de rebonds presque infinies pour vraiment puiser un max de billets de ces enfants nés pour être consommés.

L’argent vous permet aussi d’acheter des améliorations de bonus, mais surtout d’autres extensions. Voire presque trop. On a donc un mélange de clicker et d’automatisation des chemins. Malin, dérangeant, prenant… jusqu’au moment où on change de niveau.
Le clic de trop
Une fois un nuage atteint, c’est le bisou et on passe au niveau suivant, plus complexe, avec quelques variantes. La petite saynette, encore plus étrange que jamais, passée, on revient à zéro : on arrose le personnage enceinte, la tête sort du corps et c’est reparti pour toucher les nuages. On a perdu toutes nos améliorations, argent, etc. C’est le recommencement éternel.
C’est là que le jeu s’écroule selon moi : si vous n’aimez pas la répétition imposée, alors vous allez le lâcher. Parce que les niveaux sont, au bout d’une petite heure, pensés pour être abandonnés : vous revenez à zéro mais augmentez vos bonus pour revenir plus fort et tenter de toucher plus vite les nuages. Si vous ne le faites pas, tout est extrêmement lent. C’est addictif, malicieusement, mais on sent que c’est artificiel, surtout si vous avez déjà joué à d’autres clickers.


Le vrai souci, c’est qu’en dehors de sa direction artistique, Tingus Goose n’est qu’un vieux clicker de plus, qui oublie que les nouveaux sont intéressants uniquement quand ils se déroulent sur un seul plan continu, pas en niveaux. Passée la découverte, sincèrement je doute que vous y resterez jusqu’au bout.




