Scott Pilgrim EX : non, ce n’est pas un remake !
La communication autour de ce jeu de Tribute Games était telle que non, il faut bien le préciser, Scott Pilgrim EX n’est pas un énième remake du Scott Pilgrim du même développeur sorti chez Ubisoft il y a quelques années. Sans doute pour garder la licence d’Universal sous le coude, les développeurs se sont mis en tête de développer ce jeu sans publisher et donc, avec une communication « à la mano » qui donne ce genre d’incompréhension. Mais maintenant qu’on est au courant : il vaut quoi, ce beat’em all ?
Bien sur que j’ai joué Ramona Flowers !
Je ne vais pas vous faire l’affront de vous expliquer comment se joue un beat’em all, mais on retrouve ici les grandes lignes du genre : attaque faible, attaque forte, saut, double saut, et on tatane ! Il y a quelques originalités comme des contres et une défense qui, bien placés au bon moment, peuvent changer complètement la donne. Le jeu est assez exigeant en termes de placement des personnages avec des horizontales et des verticales pernicieuses. Mais sinon, le mot d’ordre est : frapper, collecter des pièces, et frapper encore et toujours.


La véritable originalité de ce Scott Pilgrim, basé sur les comics du même nom rappelons-le (et très bien adapté au cinéma par Edgar Wright), c’est qu’il est en monde ouvert. Oubliez le principe de stages 1 et 2 en défilement continu, on a surtout droit à toute la ville canadienne de Toronto, divisée en plusieurs zones qu’il faudra parcourir et/ou débloquer au fur et à mesure de l’histoire. Un storytelling particulièrement intéressant puisqu’il s’agit d’aller sauver tous les membres du groupe de musique de Scott, Sex-Bob-Omb, capturés par un double diabolique de notre héros. On peut alors choisir quel personnage on va jouer parmi 7 héros que les fans de la franchise reconnaîtront évidemment. Et bien sûr que j’ai choisi Ramona !
Jouable jusqu’à 4 sur le même écran et en ligne, le jeu souffre malheureusement d’une absence totale de joueurs connectés. La faute principalement à un prix, quand même élevé, et à cette histoire de mauvaise communication autour du fait que ce soit un nouveau jeu et non pas un nouveau remake du précédent titre. Cela lui retire beaucoup de charme car nul doute que le online apporte beaucoup sur un beat’em all où on peut grimper de niveau, s’équiper de jolis équipements à acheter en boutique avec l’argent récupéré sur les ennemis, et profiter aussi de quelques interactions entre personnages (on peut donner de l’argent ou de la vie; via une interaction rapide).


Une progression intelligente
Divisée en plusieurs chapitres de l’histoire, la progression se fait donc assez librement. Vous pouvez choisir de frapper du mob jusqu’à plus soif comme bon vous semble pour vous faire un maximum d’argent, par exemple. Reste que c’est très linéaire dans l’exécution puisqu’un petit sigle « Go ! » vous dit où aller constamment (et heureusement finalement). Les niveaux sont très diversifiés : plage, château, maison, caves, égouts, tout y passe. Et visuellement, on ne peut que se réjouir de revoir un si beau pixel art, même si Tribute a déjà fait parler de lui l’année dernière avec le beat’em all Marvel chez DotEmu.

Petit souci tout de même avec les sauts, un peu glissants, qui empêchent de réellement bien jouer de la plateforme. Celles-ci sont d’ailleurs peu visibles parfois et il faut tenter des choses pour savoir si oui ou non on peut sauter sur ce tonneau, par exemple. Cela manque d’input visuel sur ce point et c’est très souvent contraignant, surtout quand on joue à plusieurs vu le foutoir à l’écran ! Et en parlant de foutoir : vous avez une dizaine de super-pouvoirs à déclencher mettant en scène des personnages de l’univers de Scott Pilgrim et c’est jouissif. Que ce soit lorsqu’un petit chat joue les Nyan Cat pour frapper l’ennemi ou quand tous les fans de Sex-Bob-Omb se ruent sur l’ennemi. Dévastateur ! Les pouvoirs (même ceux de notre personnage) sont à déclencher quand bon nous semble et consomment des PM, ce qui change un peu des jeux du genre puisqu’il est possible d’en regagner en achetant la nourriture adéquate dans les nombreuses boutiques de la ville. On peut aussi, via ce biais, constituer un personnage comme bon nous semble en termes de vitalité, de vitesse et de défense, puisque plusieurs objets d’équipement pourront être greffés à notre héros ou héroïne.

En mode Normal, Scott Pilgrim EX est un très bon défi, parfois un peu rétors face à des boss aux mécaniques de garde assez fortes. Mais plusieurs modes de difficulté sont au rendez-vous, dont un sublime « Très Facile » qui porte vraiment bien son nom. Les amoureux de bagarre simple et détente seront aux anges.




