La profondeur s’invite chez Super Meat Boy 3D

La profondeur s’invite chez Super Meat Boy 3D

Lorsqu’on lance pour la première fois Super Meat Boy 3D, la nostalgie nous envahit directement, étant donné que l’on est accueilli avec un « Suuuuuuuuuper meat boy THREE dimensions ». La même voix, la même intonation que sur Super Meat Boy, mais avec un 3D très insistant. Il faut dire que le premier a déjà 16 ans. Merde, seize, putain, d’années. Lorsque ce dernier est sorti, en plus d’être dans la mouvance de l’éclat du jeu indépendant (celui qui rend votre peau toute douce en cas de consommation), il a aussi redonné des notes de noblesse au jeu de plateforme 2D, jusqu’à présent sous l’hégémonie de tonton Nintendo. Avec ses niveaux très courts, très nerveux, un peu durs et surtout une précision de folie, Meat Boy a su se faire une place méritée et durable dans le paysage vidéoludique. Et pourtant, depuis, la saga n’a pas eu beaucoup d’itérations, un seul titre supplémentaire (super meat boy forever), paru en 2020 et puis c’est tout, jusqu’à aujourd’hui. Entre temps, la Team Meat s’est scindée en 2, avec Edmund Mc Millen (à qui l’on doit la DA du jeu) qui est parti dans son coin pour nous pondre Isaac et Mewgenic. Pour le coup, Tommy Refenes, seul au manette de la Team Meat s’est associé avec Sluggerfly, studio à qui l’on doit Hell Pie, un plateformerUn genre dont le gameplay principal repose sur aller d'un point A à un point B, entrecoupés de séquences de sauts ou équivalents. 3D, choix judicieux pour porter Meat Boy en 3D.

Si je parle de portage, ce n’est pas anodin, car on retrouve vraiment Super Meat Boy, mais en 3D. La DA (à condition qu’elle ne vous rebute pas) est adaptée avec brio, on y retrouve évidemment des environnements bien connus, mais aussi des boss et des personnages jouables. La maniabilité est toujours aussi nerveuse, le level design toujours aussi vicieux (mais pas tant que ça quand on cherche le A+, qui est en vrai la route easy mode, mais ça on le comprend en jouant). Bref, si vous avez déjà fait Super Meat Boy, vous êtes en terrain connu, auquel il ne reste qu’à s’adapter au gros morceau du jeu : la 3D. Pour arpenter la profondeur, notre morceau de viande tout dégoulinant a deux nouvelles habilités : un dash aérien et la capacité de glisser sur les murs. Le premier viendra clairement vous sauver la mise plus d’une fois, le second est bien plus délicat à maitriser, sauf sur les niveaux « 2D », où c’est un vrai bonheur à utiliser. Il y a d’ailleurs un niveau dans le premier monde qui ne se fait quasi qu’en glissade sur les murs, et c’est l’un des meilleurs niveaux du jeu.

Les studios ont fait le choix d’avoir une caméra fixe, qui suit meat boy en traveling (horizontal ou vertical), et en profondeur quand les niveaux le demande. Elle restera grosso modo toujours à une distance assez éloignée de meat boy pour offrir le maximum de visibilité et indiquer la route à suivre au joueur. C’est clairement le meilleur choix de caméra au vu de la vitesse et de la nervosité qu’offre le titre, où une caméra contrôlée par le joueur viendrait complétement casser le rythme (hors le but est quand même d’aller vite). Par contre, cela pose des problèmes de lisibilité quant au positionnement de meat boy dans l’espace, et notamment vis à vis des murs en arrière plan (et obliques) où l’on ne sait jamais si on est devant le mur, derrière ou dessus (spoiler : dans 70% des cas vous ne serez pas dessus). Cela se remarque direct car lorsque vous voudrez sauter, meat boy ira s’écraser tout au fond du décor, alors que l’animation vous faisait croire que vous étiez sur le mur. Je vous rassure, vous allez aussi mourir (beaucoup) parce que vous allez vous perdre dans l’espace (du genre aller sur la droite plutôt que la profondeur). Parfois cela vous donnera envie d’envoyer valser votre switch part la fenêtre, et puis vous vous rappellerez qu’il y a de la RAM dans celle-ci et qu’il est plutôt judicieux d’en prendre soin. Malgré ses gros moments de rage pour mort injuste, vous relancerez une tentative (parce que cette fois c’est la bonne) pour décrocher le A+, mais aussi pour trouver le pansement dans chaque niveau, ainsi que le niveau secret dans chaque monde (qui propose un mini jeu très différent faisant référence à une licence). Le jeu est très généreux en contenu, 150 niveaux + 5 niveaux de boss + 5 niveaux cachés, une quinzaine de personnages changeant la manière de jouer (facilitant ou complexifiant certains niveaux) et une bonne humeur tout au long du jeu.

Crim
Est-ce que la transition de Super Meat Boy vers la 3D est réussie ? Cela dépend de votre niveau de résilience à l’échec injuste. Si la caméra peut poser pas mal de problèmes, la Team Meat et Sluggerfly ont fait le meilleur choix possible pour offrir une expérience qui se rapproche le plus de Meat Boy en 2D, en prenant bien le parti pris d’utiliser la profondeur (ils auraient pu faire de la 2,5D pour être pénards). Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour que Meat Boy puisse avoir son bisou de Bandage Girl.

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