Le sommeil astrologique servi par Dreamcards
On a tous nos faiblesses. Moi par exemple, tu me mets un deckbuilder qui ne ressemble pas à Hearthstone avec une DA un peu hors normes avec, à première vue, des cartes qui ne ressemblent à rien, tu es à peu près certain de titiller très fort ma curiosité. Forcément, qui dit direction artistique un peu étrange dit souvent un studio venant d’un pays moins commun du jeu vidéo. Sonoka Games, qui nous vient du Brésil (sûrement l’un des pays les moins communs qui produit le plus de jeux vidéo) délivre ici son premier jeu. Plutôt que de suivre la classique progression d’un Slay the Spire, les Brésiliens nous proposent une progression très rafraîchissante.


Le jeu se passe en deux phases, une première, de jour, qui va nous servir à étoffer notre deck de cartes, une seconde, de nuit, où il faudra se battre contre un cauchemar, et ainsi de suite pendant sept jours. La première approche du jeu dans son tutoriel fait un peu peur. Plutôt que de décrire les éléments avec des mots, on retrouve beaucoup de symboles astrologiques. Ainsi, la monnaie du jeu qui vous servira à acheter des cartes pendant la phase d’achat de la nuit sera une lune, par exemple. Au premier jour, le jeu nous pose des questions faussement personnelles pour choisir deux cartes actions. Puis il nous demandera de passer du temps avec certains de nos proches (père, mère, amant, frère, etc.), qui viendront compléter de trois cartes notre deck la première fois qu’on passe du temps avec eux, puis par la suite d’une carte action. La particularité de la première rencontre, on récupère la personne avec qui l’on passe du temps comme un acteur majeur, une carte représentant une autre personne, mais qui sera un acteur ordinaire, et enfin la dernière carte sera une carte action, en lien avec les pouvoirs de l’acteur majeur (lui-même représenté par un symbole astrologique). Dans les choix de la journée, après avoir atteint certains paliers, on débloque la possibilité d’améliorer ses cartes.


Si tout va bien, vous devez avoir compris qu’on récupère des cartes, mais le reste pas vraiment. Tout va bien, c’est normal, l’éclaircissement vient avec la phase de combat. Le combat est séparé en trois phases. La première consiste à jouer les cartes de votre build pour accumuler un maximum de pièces lune, pour les dépenser dans la seconde phase (qui est une phase d’achat). Enfin, la dernière sera la phase d’attaque de l’ennemi, qui consiste globalement à ajouter des pièces du côté de sa balance et à activer l’effet d’une carte malus (qui apparait à partir de la quatrième nuit). Le but du combat est d’accumuler 10 pièces de soleil de plus que votre ennemi. Pendant la première phase, vous allez pouvoir jouer autant de cartes que vous voulez tant que vous avez de quoi payer le coût des cartes. Pour jouer une carte, vous devez payer avec une monnaie d’action, mais aussi avoir suffisamment de personnages sur le plateau. Au début, vous n’avez qu’une personne, qui est un acteur principal, et c’est vous, donc vous ne pourrez jouer que des cartes qui ne demandent qu’une personne. Les cartes actions dans votre main vous feront gagner deux types de monnaie : une action et une pour piocher des cartes. Dès que votre main n’est pas pleine, la monnaie de pioche de carte est dépensée et vous piochez une carte. Vos acteurs peuvent jouer de manière infinie. Enfin, vous allez avoir un autre type de carte en main, des lunes (la monnaie pour la phase achat). Le but de votre phase est de finir avec un maximum de cartes lune en main, pour pouvoir acheter lors de la phase suivante. Pendant la phase achat, vous allez pouvoir acheter trois types de cartes : des cartes lunes (pour tenter de gagner plus d’argent aux tours suivants au risque de surcharger votre main), des cartes soleils, qui est la monnaie que l’on met dans la balance pour gagner la partie (mais qui sera une carte dans votre deck qui ne sert à rien à part vous gêner (et c’est très malin)) et enfin, acheter des acteurs (principaux ou ordinaires). De base, vous ne pouvez avoir qu’un acteur principal sur le plateau (hors évolution de personnage que l’on débloque par la suite), et jusqu’à 9 acteurs ordinaires. Ces derniers ne resteront qu’un certain nombre de tours sur le plateau avant de retourner dans votre main (et ont l’avantage d’être gratuits à jouer). Évidemment, le but est de créer des synergies entre les pouvoirs de vos acteurs et ceux de vos cartes pour gagner un maximum de lune, pour acheter les cartes soleil les plus chères, pour limiter le nombre de cartes dans la main.


Malgré le nombre conséquent de monnaie (j’ai volontairement pas évoqué une dernière monnaie pour pas vous perdre) et le nombre encore plus important de symboles, le jeu se prend très bien en main après un ou deux runs. Un premier mur de difficulté arrive au quatrième jour, avec une carte malus qui est faite pour vous faire perdre du temps (des tours, sachant que plus la nuit est longue, plus l’ennemi devient puissant). Une fois les améliorations de cartes débloquées (notamment les autocollants qui permettent d’avoir une carte dans votre deck permettant de rendre l’achat des acteurs ordinaires gratuit), on roule sur le jeu. Paradoxalement, c’est vraiment la première fois que je ressens le besoin d’avoir un deck ultra serré alors que le jeu va vous donner des cartes en masse (ou démarre à 10 cartes, on en gagne facilement 10 par nuit).



