Borderlands 4 façons de vous faire ragequit

Borderlands 4 façons de vous faire ragequit

Bienvenue sur Kairos ! Pour Borderlands 4, on a droit à de nouveaux chasseurs et nouvelles chasseuses de l’Arche, ainsi qu’à une seule nouvelle planète, gigantesque mais unique. C’est un choix audacieux qui bouleverse la formule de la série à bien des égards. Voyons voir s’il s’agissait d’une bonne idée d’opter pour un gigantesque monde ouvert plutôt que pour plusieurs zones plus restreintes…

La même mais c’est le 4 ?

C’est quoi Borderlands ? Vous jouez à la première personne dans un univers cel-shadé où tout est dévasté. Sorte d’après-guerre nucléaire ancestrale entre les galaxies, façon western cyberpunk dégueulasse. Et vous avez des flingues, beaucoup de flingues, du loot, beaucoup de loot, et quelques pouvoirs. En fonction de qui vous prenez comme personnage, vous aurez de quoi claquer des bouches à coups de cybernétique, d’hologrammes, de force brute ou de magie. (Les images qui entourent ce joli article sont basées sur la Sirène, VEX, sans doute le personnage le plus incroyable du jeu, mais ça, peut-être que je vous le dis sans beaucoup d’objectivité.)

Le concept du jeu est de tirer dans le tas en gagnant de l’XP et des armes. Imaginez Diablo mais en FPS et vous avez Borderlands. Le premier était très original, le second confirmait la formule avec son humour pipi-caca, mais malin (oui, c’est possible). Et le troisième ? Ça y est tout de suite, vous gâchez tout là ! Allez voir mon test si vous le désirez.

Borderlands 4, c’est le jeu qu’on n’attendait pas et, en vrai, je ne sais pas s’il y avait une vraie raison de sortir un quatrième épisode autrement que parce que Gearbox ne sait plus faire que ça. Mais la communication a été soft (sauf à la Gamescom, où il était partout) et les présentations des développeurs se résumaient à « non mais promis, on a compris, on a changé ». Ça, pour changer, ils ont changé. Mais à mon sens, autant trop que pas assez.

Vous jouez donc un chasseur de l’Arche qui se retrouve téléporté sur une planète qui fait office de prison pour un grand seigneur complètement maboul voulant jouer les contrôleurs de l’espace et du temps. Le souci, c’est qu’il a mis des puces dans la tête de la majorité des gens, surtout des fous dangereux, pour pouvoir les contrôler. Fort heureusement, vous n’êtes pas de ceux-ci… Je vous laisse découvrir l’introduction du jeu, très réussie, pour comprendre comment et pourquoi. Et je vous laisserai aussi découvrir la suite des événements pour saisir à quel point le scénario est un acte manqué terrible d’une histoire qui aurait pu être aussi géniale que celle de Borderlands 2 (et des jeux narratifs, qu’on oublie, qui étaient tous deux très intelligents dans leur récit).

Parce que dans Borderlands 4, eh bien… Vous avez quatre zones de jeu à libérer. Des bases de gentils, des bases de méchants. Un scénario qui va vous emmener dans chacune des zones façon Far Cry ou Watch Dogs et… voilà. La fin est rigolote, le boss est marrant, il y a deux-trois apparitions de personnages connus d’avant (mais pas trop, n’abusez pas non plus) et clairement : Borderlands 4 n’ose rien, jamais. Il ne veut même plus essayer de raconter du loreReprésente l'histoire et les traditions autour d’un univers de fiction, ne constituant pas l’intrigue principale d’une œuvre.. Et ça s’explique, mine de rien.

Les frontières du graveleux

Ça s’explique parce que Borderlands, c’est avant tout un jeu multijoueur en coopération jusqu’à quatre. Ces jeux sont bavards, ils racontent toujours quelque chose en essayant d’être drôles, et forcément, la majorité des joueurs se fichent de l’histoire. Pour l’autre partie, c’est compliqué : si on ne joue pas en solo, il faut se taire, attendre la fin des diatribes, etc. C’est peu compatible avec ce que recherche le public multijoueur. Du coup, Borderlands 4 raconte des choses dont on peut se désintéresser et ne propose que deux ou trois cinématiques pour les moments clés. Tout le reste est passable, ennuyeux, cousu de fil blanc, au point qu’on n’a presque pas besoin d’écouter pour savoir où aller et quoi faire. Terrible aveu d’échec, disais-je, car par conséquent, l’histoire globale en pâtit. Les personnages sont moins travaillés, le propos moins corrosif, les risques et les situations beaucoup moins intéressants, et dans l’ensemble, eh bien… on s’en fiche, de ce monde, de tout ça. Borderlands a perdu de son humour, de son intérêt, de sa force de caractère, et tout cela est davantage enterré par l’idée saugrenue de ne proposer qu’une seule planète.

L’unique planète, même avec quelques différences de biomes visuellement, est la feature la plus ratée de ce quatrième épisode. S’il y a bien quelque chose qui faisait l’intérêt de Borderlands, c’était le voyage et cette sensation de “terminer des zones”. Là, il n’en est plus rien, et c’est vraiment dévastateur pour toute l’épopée. On se retrouve dans un de ces classiques mondes ouverts qui n’en finissent plus d’exister, avec douze mille choses à faire, pas forcément intéressantes : des mini-quêtes d’orbes à débloquer, des logos de la résistance à trouver, des puces cachées, des coffres à ouvrir, des monstres spécifiques, des quêtes annexes comme à l’époque mais désormais éparpillées façon “activités du coin”, avec des vagues d’ennemis à battre, des zones à conquérir… Bref, c’est un monde ouvert de plus en 2025, et c’est vraiment dommage.

Press X pour te véhiculer

Il aura fallu quatre épisodes pour qu’on puisse enfin faire apparaître le véhicule quand on le souhaite, au beau milieu de nulle part : une belle évolution logique pour ce grand monde ouvert qui m’embête pourtant tant. On peut y ajouter la présence d’un jetpack vraiment malin, permettant de planer sur de petites distances et offrant davantage de liberté de mouvement. On peut ainsi apprécier les hauteurs, sauter au-dessus d’un ennemi et planer dans une direction tout en lui tirant dessus.

Plus votre PC est puissant, plus Borderlands 4 a de chances de crasher. C’est un peu ce qui se passe actuellement, et c’est un enfer. Le passage à Unreal Engine 5 s’est, comme souvent ces temps-ci avec les AAA, plutôt mal déroulé, et rien n’est évidemment optimisé comme il faut. Le cache de textures sature, les effets sont trop gourmands, le GPU peine à suivre, et c’est le drame. Il m’est arrivé de subir un crash toutes les vingt-cinq minutes sur une session de deux heures, ce qui n’aide évidemment pas à apprécier le jeu. Et à l’heure où ce test est écrit, le 6 novembre, le problème n’est toujours pas corrigé. Dramatique.

Les grenades, rebondissantes, collantes ou autres, restent fidèles à la série depuis Borderlands 2 et constituent une vraie plus-value. Un grappin fait également son apparition, apportant surtout plus de verticalité à l’exploration. Il permet parfois d’attraper des bidons d’essence, de froid, de chaleur, corrosifs ou autres, pour les lancer sur les ennemis, mais cela reste très accessoire. Reste que toutes ces nouveautés sont bonnes, bien intégrées et efficaces.

À qui se destine donc Borderlands 4 ? Je ne le sais pas. Objectivement, ce n’est pas un mauvais jeu du tout, c’est même un titre très sympathique, mais il est drastiquement plus quelconque et cahier des charges que les trois premiers. Le scénario, à base de morceaux d’une relique à trouver pour atteindre le boss final, fait vraiment peine à voir dans cette série en 2025. L’absence de véritable humour, de folie ou d’engagement de la part du joueur rappelle à quel point les deux premiers Borderlands étaient malins à ce niveau. Même le générique a moins de patate, les musiques sont tristement similaires, les caméos sont rachitiques et l’univers n’avance pas assez pour séduire les fans d’avant.

Et les nouveaux joueurs alors ? Sans doute s’y retrouveront-ils grâce aux affrontements nerveux et à la satisfaction de faire pleuvoir le loot, s’ils aiment la montée en niveau et la chasse aux armes improbables. Mais cela manque de profondeur, et le jeu s’étire beaucoup trop.

Skywilly
Borderlands 4 a voulu se rajeunir de la mauvaise manière en copiant tout ce qui est déjà un peu has been dans l’industrie AAA actuelle. Il en résulte un jeu qui fonctionne : on s’amuse, surtout en coopération. Mais les idées sont vieillottes, ne marchent pas toutes, et le scénario omniprésent mais inintéressant ne fait que parler pour ne rien dire. Ajoutez à cela une version PC plombée par de nombreux problèmes techniques, et vous obtenez un titre que je ne peux que vous conseiller d’attendre en promotion pour en profiter pleinement. En tant que fan de la saga, je suis effondré de voir ce qu’elle est devenue. En tant que joueur, j’ai souvent envie d’y retourner, mais au bout d’une heure, si le jeu ne plante pas sur un retour bureau, il finit par m’ennuyer. Les fous furieux d’hier sont les relous d’aujourd’hui, semble-t-il.

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