Lethis : Path of Progress
Caesar, Pharaoh, Zeus, sont les trois titres auxquels j’ai immédiatement pensé lorsque j’ai entendu parler de Lethis : Path of Progress pour la première fois. Développé par les Bretons de Triskell Interactive et véritable hommage à ces titres prestigieux, nous allons voir aujourd’hui si la recette fonctionne toujours.
Vétéran des city builders ou non, la première chose à faire est de se rendre dans le tutorial ( constitué de 5 missions ) pour découvrir les subtilités du gameplayOu « jouabilité » en français, fait référence à la façon dont le joueur interagit avec un jeu vidéo.. Tout commence ici par l’installation de quelques maisons au bord d’une route. Très rapidement les habitants auront besoin de services annexes pour évoluer ( puits, lavoir, magasin… ).
Contrairement à la plupart des jeux, ces bâtiments de service n’ont pas d’aire d’effet autour d’eux mais un employé va en sortir pour se déplacer sur les routes et apporter tout le confort dont les habitants de votre ville ont besoin . Pour éviter qu’ils aillent n’importe où, vous devrez donc bien réfléchir à votre réseau routier et aurez la possibilité d’installer des bloqueurs pour éviter qu’ils aillent trop loin.
Très rapidement, vous apprendrez à optimiser vos quartiers pour obtenir une rentabilité maximale. Personnellement, j’aime beaucoup l’installation en ligne droite ou en rectangle ( la 2ème est d’ailleurs visuellement plus agréable ). Vous devrez également égayer les environs en y plaçant arbres, fontaines et autres décorations pour que vos sujets se sentent bien.
Un des gros points forts du jeu est incontestablement son univers et sa réalisation graphique. Le jeu fourmille d’animations en tous genres et chaque bâtiment possède une petite description rigolote. Une fois la ville développée, on pourra sans problème passer un peu de temps en zoom maximum à regarder les habitants évoluer sur les chemins ou transporter les ressources d’un point à un autre.
Qui dit steampunk dit évidemment essor de la vapeur. Pour progresser dans le jeu, vous devrez placer des extracteurs de vapeur ainsi qu’une centrale, un immense bâtiment auquel vous devrez connecter vos bâtiments de haute technologie. Cela se fera via des pipe-lines donnant au final un aspect presque futuriste à votre ville.
L’exploitation de la vapeur vous permettra d’installer des mines (cuivre, fer et or) dans les montagnes et de construire votre première usine d’automates. Je n’en ai pas parlé jusqu’à présent, mais outre les maisons destinées à accueillir les ouvriers, vous allez également pouvoir bâtir des manoirs pour inciter les bourgeois à s’installer dans votre ville. C’est là que les automates entrent en jeu, car les bourgeois n’ont pas de serviteurs mais des robots. Tout comme les ouvriers, vous devrez leur apporter différents services pour les faire évoluer ( sur 5 niveaux contre 10 pour les ouvriers ).
Une fois les cinq tutoriaux terminés, vous pourrez vous lancer dans la campagne où vous endosserez le rôle d’un bâtisseur au service de l’Empereur. Chacune des 26 missions vous proposera des défis différents mettant l’accent sur certains points. Une vous demandera de stocker énormément de nourriture pour devenir une sorte de ville grenier pour l’empire, une autre vous demandera d’accueillir un certain nombre d’habitants niveau 10, etc. Vous devrez à chaque fois vous adapter au terrain ( certaines cartes nécessitent par exemple d’installer des ponts ) et établir des routes commerciales avec d’autres villes pour importer les ressources que vous ne pourrez produire et exporter votre surplus pour améliorer votre trésorerie.
Longue, intéressante, c’est vraiment un plaisir de la parcourir et vous pourrez choisir parmi trois niveaux de difficulté pour l’adapter au mieux à vos envies. Pour les amoureux de liberté, un mode bac à sable est également disponible, proposant des cartes allant de 200 cases par 200 à 400 par 400 (ce qui est vraiment gigantesque).
Si j’avais un reproche à faire à la campagne, ce serait au niveau des demandes de l’Empereur. A chaque mission, il vous contactera assez ( trop ) rapidement pour vous demander un service ( par exemple livrer 3000 unités de cuivre avant la fin de l’année ). Malheureusement, même si vous réagissez immédiatement en installant les infrastructures nécessaires, vous n’aurez jamais le temps d’honorer la commande. Je sais que ce ne sont que des objectifs annexes, uniquement là pour les amateurs de scoring qui feront encore et encore les missions pour s’améliorer mais je trouve ça vraiment frustrant de passer à côté à chaque première fois.
Quand j’avais lu qu’il y aurait des ouvriers, des bourgeois et que l’environnement influerait sur le développement, j’avais tout de suite pensé aux problèmes qui pourraient subvenir en installant des quartiers luxueux juste à côté des zones dortoir mais finalement, rien n’est implémenté. Tout le monde se côtoie sans problème et le jeu est globalement facile. Pour les vétérans, je pense sincèrement qu’il manque une couche de difficulté / profondeur à l’ensemble ( comme pouvait l’être la religion sur certains jeux ) car finalement, dans Lethis, quand tout est bien planifié, il ne peut pas vraiment se passer de mauvaises surprises.
Alors oui ça vous arrivera parfois au départ : un réparateur mal positionné et une partie de vos bâtiments s’écroulent au bout de quelques années ou trop de structures placées en même temps avec une main d’oeuvre qui se répartit mal ou pire qui s’en va suite à un manque de services. Ce sera alors la panique totale et vous devrez rapidement arrêter l’hémorragie en condamnant la production de certains sites le temps que l’activité générale reprenne.
D’ailleurs à ce sujet on peut regretter qu’il n’y ait pas plus d’alertes . Par exemple, si vous n’avez plus de place dans vos greniers/entrepôts pour stocker votre production, tous vos bâtiments paraîtront fonctionner correctement ( animation classique plus la phrase en vert signifiant que tout va bien ) alors qu’en fait rien ne sortira tant que de la place n’aura pas été faite. Pas d’alertes non plus pour vous indiquer que tel ou tel quartier a besoin d’un service. Vous verrez parfois une vague de départs, puis de retours alors que vous n’avez rien modifié, juste parce qu’un des employés a décidé que pendant quelques minutes il ferait le même choix à chaque intersection, laissant une partie de vos quartiers à l’abandon.
Heureusement, il existe tout un tas de filtres pour afficher exactement ce qui vous intéresse ( service, réparateur… ) et le code couleur vous permettra de rapidement faire un état de la situation. L’onglet statistiques permet également d’avoir un rapport complet sur votre ville et tout ce qui s’y passe.
Il y a une autre fonctionnalité qui aurait pu être utile, la possibilité de créer un rappel dans x minutes. C’est quelque chose qui existait dans Settlers et que j’appréciais beaucoup. Ici par exemple, ça permettrait de couper la production de vapeur pendant un moment ( vous en produirez toujours trop ) sans oublier de la remettre en route par la suite (même si les stocks affichés en temps réel dans votre bâtiments de stockage est normalement suffisant pour ça).
Au chapitre des points négatifs on peut également signaler la sortie chaotique . Pas mal de soucis au départ mais heureusement, les développeurs ont été très réactifs et ont rapidement enchaîné les patchs correctifs. Actuellement, seuls les chipsets graphiques intégrés Intel ne fonctionnent pas. Il reste encore quelques crashs de jeu, mais la sauvegarde automatique fréquente permet de ne rien perdre.
Au final le jeu s’avère plaisant et est une belle lettre d’amour adressée à tous ses prédécesseurs . Les Bretons de Triskell Interactive rendent ici une belle copie, qui, si elle est encore améliorée avec un peu plus de profondeur peut devenir un titre majeur des city builders.
L’univers est intéressant avec une touche steampunk inédite et graphiquement l’ensemble est magnifique. Toutes les bases sont là et je trouve que l’idée des employés qui sortent des bâtiments pour apporter les services aux habitants est bonne et incite à bien réfléchir avant de tracer ses rues ( même si au final on aura une forme type qu’on dupliquera à l’infini ). Je n’en ai pas parlé, mais les musiques sont elles aussi sublimes et accompagnent parfaitement le jeu.
S’ils arrivent à mettre en place une couche de « difficulté » supplémentaire ( par exemple via une lutte des classes ) et à ajouter quelques options de confort comme des alertes pour éviter les fluctuations trop rapides de population, le jeu sera très bon. Pour le moment il est déjà fort sympathique et je vous le conseille , surtout si vous découvrez ou avez peu d’expérience dans les city builders.




