Lost Records: Rage (Tape 2) – See U in Hell

Lost Records: Rage (Tape 2) – See U in Hell

Avec Lost Records, Don’t Nod a ressigné avec la formule épisodique, mais seulement en deux opus. Tant et si bien qu’après notre critique de Bloom, le premier épisode, nous avons négligemment laissé filer le temps sans parler de sa suite. Mais comme il n’est jamais trop tard, voici notre avis sur Rage, le second épisode des aventures de nos quatre amies rebelles. Pour l’essentiel, nous vous renvoyons vers notre première critique, car le concept reste le même, et les grandes lignes n’ont pas changé. Nous allons donc surtout nous intéresser au prolongement du scénario et aux quelques nouveautés et autres changements qui l’accompagnent.

Bloom s’était achevé sur un cliffhanger plutôt sombre, et c’est autour de cet élément que s’articule essentiellement Rage qui, comme son prédécesseur, alterne entre 2022 et les souvenirs de l’été 1995. Il est temps pour Swann, Autumn et Nora d’ouvrir le mystérieux paquet qui leur a été destiné, car la grande question est de savoir ce qu’il contient et pourquoi elles ont reçu cela, 27 ans plus tard. Chacune appréhende fortement ce moment, mais il faut franchir le pas et replonger ainsi dans le passé pour se remémorer ce qui a été enfoui au plus profond de leur être. Après le concert, quelque chose s’est malheureusement brisé entre elles, mais que s’est-il vraiment passé et que refusent-elles d’admettre ? Nous n’en dirons pas plus pour ne rien spoiler, mais il est temps de révéler les non-dits, d’assumer ce qui a été fait et peut-être d’en payer le prix, car l’heure de la haine, de la vengeance et de la rage a sonné.

Tout en émotion et en tristesse, autour de la douloureuse thématique de la maladie, Rage remplit clairement le cahier des charges que l’on pouvait attendre de lui. De superbes images avec des plans bien soignés, une musique douce qui sait appuyer là où il faut, rien à redire en dehors de la synchronisation labiale parfois à la ramasse en français, des traductions manquantes, ou encore du son et des paroles qui peuvent se vampiriser. On pourrait aussi rajouter les réactions quelque peu caricaturales de la part de Corey, et une animation occasionnellement hachée. Techniquement, le titre reste perfectible, car on note toujours la présence d’artefacts et de clipping, ainsi qu’un lancement du jeu qui peut ramer et émettre un désagréable grésillement. On a également dû conjuguer avec une scène qui plantait en boucle, ce qui a été d’autant plus désagréable qu’on ne peut pas passer les cinématiques.

Le gameplayOu « jouabilité » en français, fait référence à la façon dont le joueur interagit avec un jeu vidéo., quant à lui, reste bien entendu très basique, à base de clics et choix de dialogues, d’exploration et de récolte d’objets nécessaires pour enclencher la suite du scénario, parfois proche du point & clic. Il y a aussi une petite phase d’infiltration où l’on joue à cache-cache.  Pour ce qui est des environnements, on revisite les lieux fréquentés lors du premier épisode, mais Rage propose également quelques nouvelles destinations, comme le ranch des parents de Kat. Empreint de mélancolie comme il se doit, avec des moments magiques, voire féériques, il fait aussi vibrer la corde nostalgique avec de nombreux objets en référence aux années 90, à l’image des téléphones à touches, des cassettes VHS et de l’incontournable camescope de Swann avec ses images au gros grain remplies d’imperfections.

Et la question qui se pose est de savoir si la dimension fantastique si chère aux productions Don’t Nod est bel et bien présente, la réponse est oui, mais très légèrement saupoudrée. Il y a toutefois quelques scènes psychédéliques délectables dans les pensées de Swann dont on finit par voir le faciès dans sa version 2022, satisfaisant ainsi l’une de nos plus grandes attentes. Quant au final, qui peut prendre différentes formes suivant les branches scénaristiques que vous décidez de suivre, il laisse la porte ouverte à de nouvelles aventures qui pourraient, elles, être bien plus surnaturelles.

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Nyam Hazz
Finalement, ce deuxième épisode de Lost Records monte quelque peu en puissance, et c’est tant mieux. Il nous donne envie d’en voir encore plus, surtout après le dénouement final. C’est que l’on s’attache à ses protagonistes, surtout dans leur version teenagers. Il ne reste maintenant plus qu’à espérer une suite, si possible sans trop tarder.

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