Tormented Souls 2

Tormented Souls 2, quand le survival horror n’est plus tourmenté par son passé

Tormented Souls 2, quand le survival horror n’est plus tourmenté par son passé

Tormented Souls 2

C’est certes dans le nom, mais le survival horror ne meurt jamais. Alors que les ténors du genre ont opéré une mue dans l’ensemble réussie, on pense à Capcom et leurs Resident Evil remake ou ceux en vue à la première personne, c’est la scène indé, encore elle, qui ressuscite le genre à l’ancienne jusqu’à nos écrans. Que ce soit au niveau de la maniabilité, du level design ou même des graphismes, on en trouve pour tous les goûts.

Tormented Souls était parmi ceux-ci. Le titre sorti en 2021 avait reçu un plutôt bon accueil de la critique et des joueurs, mettant en avant un retour à la formule originelle, mais avec un bel effort dans l’esthétisme, le confort de jeu, et les énigmes. Quatre ans plus tard, sa suite revient avec les mêmes envies, mais une ambition encore plus grande.

Décidément, Caroline n’a pas des débuts d’aventure faciles. Après avoir perdu un œil au démarrage du premier opus, voici qu’elle se réveille dans celui-ci transpercée de toutes parts par des genres de grosses aiguilles qui lui font sûrement espérer avoir pensé à faire ses derniers rappels vaccinaux.

Tormented Souls 2

Tout partait d’une bonne intention, Caroline se rendait dans un couvent esseulé au milieu de nulle part sur les conseils d’une amie pour y trouver de l’aide pour sa sœur Anna, sujette à la terrible malédiction de voir ses dessins se réaliser, ce qui lui vaut d’être ostracisée par les autres enfants. Elle aurait sûrement pu se dire que tout ça sonnait un peu trop comme un film d’horreur, mais que voulez-vous, les gens étaient moins au fait de ces choses-là dans les années 90 il faut croire. Oui, car, tout comme le premier opus, l’action se passe à la fin des années 1990. Qu’on se le dise, l’histoire est ici prétexte et au service du jeu, et pas l’inverse. Ça ne l’empêchera pas d’être correcte et dans les standards du genre, et ne viendra pas vous coller des cinématiques à n’en plus finir, mais se contentera de petites scènes et de narration à travers documents et journaux.  

Tormented Souls 2 conserve son approche à l’ancienne, avec, en premier, ses angles de caméra fixes, voire, petite modernité, occasionnellement semi-fixes, c’est-à-dire une caméra avec léger mouvement et qui peut même passer à une vue d’épaule. D’ailleurs, le titre propose de base des déplacements modernes, ce qui peut parfois être un peu gênant avec les angles fixes étant donné que la direction vers laquelle l’on veut s’orienter change d’une caméra à une autre. On s’y fait tout de même assez vite, et il est de toute façon possible de choisir une jouabilité contrôles tankManiabilité rétro où le joueur déplace son personnage en fonction de l'orientation de celui-ci, c'est-à-dire sa position relative. si l’on préfère. 

Pour son gameplayOu « jouabilité » en français, fait référence à la façon dont le joueur interagit avec un jeu vidéo., là aussi Tormented Souls fait le choix du classique, mais modernisé.  L’inventaire par exemple n’est pas limité dans le nombre d’objets que l’on peut porter, ce qui permet de mieux respecter le temps du joueur en évitant un grand nombre d’allers-retours futiles. Par contre, ne vous attendez pas à avoir un trop-plein de munitions ou d’objets de soin pour autant. Là-dessus, le jeu reste plutôt destiné aux joueurs habitués au genre dans son mode de difficulté normal, bien qu’il soit possible de le modifier. Il faudra bien penser à régulièrement changer d’arme, et utiliser vos armes de mêlée pour économiser vos munitions, surtout quand vous avez réussi à mettre un ennemi à terre. Rien ne vous oblige, en général, à abattre un ennemi, les options de contournement ou simplement la fuite restent possibles. On peut tout de même se permettre d’éliminer une bonne partie de ceux-ci si l’on fouille suffisamment les environs et qu’on s’applique à utiliser ses armes intelligemment. Pas de concession sur les sauvegardes cependant, celles-ci sont limitées et consomment un objet. Pas de panique cependant, j’ai pu finir le jeu avec plus de 10 sauvegardes en réserve.

Quant aux spécificités de la licence, on retrouve ici l’obligation de toujours rester dans la lumière, sous peine de mort quasi instantanée. Le briquet de Caroline sera d’ailleurs votre meilleur allié pendant un bon moment, le seul problème étant que vous ne pourrez pas équiper une arme et le briquet en même temps. Qui a dit DOOM 3 ? 

Mais surtout, on aura à nouveau la possibilité d’utiliser des miroirs pour accéder à un monde parallèle terrifiant, une sorte d’Upside Down rappelant une série bien connue, et aussi voyager dans le temps grâce à une technologie de haute pointe, j’ai nommé des VHS projetées sur rétroprojecteur. Eh oui, on n’arrête pas le progrès !

Des mécanismes qui viendront s’intégrer intelligemment dans le level design et les énigmes. De ce point de vue, on en a pour notre argent. Tormented Souls 2 en regorge, avec divers niveaux de difficulté, mais dont la quasi-totalité sont réellement bien pensées (mention spéciale à celle du numéro de téléphone, ou le cypher avec les pièces d’échecs), sans pour autant venir trop ralentir votre progression, même si elles sont loin d’être faciles. 

Tormented Souls 2

Bien évidemment, vous devrez en découdre avec la panoplie d’abominations qui rôdent dans les 5 ou 6 zones que propose le jeu, très généreux en contenu. Comptez une bonne vingtaine d’heures au moins pour en voir le bout. Comme dans son prédécesseur, Caroline aura accès à des armes bricolées sur place, comme un pistolet à clous, un shotgun fait de tuyaux, ou une masse en pièces de plomberie. C’est original en design, mais au final, on retrouve une utilisation d’armes classiques.

Tormented Souls 2

Sur le gameplay lui-même, pas grand-chose à dire, c’est ultra-classique pour quiconque ayant déjà mis les mains sur un jeu du genre, mais ça fonctionne parfaitement. On pestera ceci-dit sur la légère tendance qu’a le jeu à faire spawner des ennemis hors de votre vue dans un coin que vous venez pourtant de vérifier. On trouvera aussi des combats de boss dans lesquels il faudra d’abord trouver le moyen de les blesser avant de pouvoir les vaincre. 

Finissons par ce qui frappe le plus et qui est une incontestable réussite. Tormented Souls 2 est splendide ! Certes, une beauté tout droit sortie de vos pires cauchemars, mais les environnements sont magnifiques et bourrés de détails. Que ce soit le couvent qui rappelle le manoir d’un Resident Evil, ou les charmants endroits que l’on visite – des salles de torture, un abattoir, un cimetière… Tout est fait pour y passer de superbes vacances. Ces décors sont de plus parfaitement mis en avant par de très bons choix d’angles de caméra. 

Mais, si les modélisations sont pourtant correctes sans plus, ce qui rend le tout si magique est bel et bien la gestion dynamique de l’éclairage et des ombres. Le travail réalisé ici est dantesque, et sait parfaitement jouer avec les coins sombres, renforçant au passage l’ambiance et l’immersion. Si c’est beau en image, ça l’est encore plus en mouvement. 

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CactusSinger
Tormented Souls 2 est probablement ce qui se rapproche le plus d’un Resident Evil à l’ancienne, mais adapté à une vision plus moderne, avec de somptueux visuels et éclairages. Si le titre fait des concessions intelligentes, surtout au niveau de la qualité de vie, il reste résolument old school dans ses ambitions, et est donc loin d’être facile, même en difficulté normale. Il faudra alors faire preuve de prudence pour s’en sortir. Si vous êtes amateur ou voulez découvrir le genre, c’est sûrement une bonne porte d’entrée, vous y passerez un excellent moment, certes angoissant, et profiterez d’un contenu très généreux. 

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