Kriophobia

Back in the USSR avec Kriophobia

Back in the USSR avec Kriophobia

Quoi de mieux qu’une expédition scientifique au milieu de la Sibérie en pleine Guerre froide pour donner un petit coup de frais sur le revival survival horror rétro observé en cette fin d’année 2025 ? C’est en tout cas le pari des Brésiliens de Fira Soft, ici bien loin de leurs frontières, géographiquement parlant du moins. 

Car disons-le de suite, côté survival horror, Kriophobia semble bien connaître ses classiques. Caméras fixes, safe rooms (mais avec sauvegardes illimitées), inventaire fortement limité et bien sûr des contrôles tankManiabilité rétro où le joueur déplace son personnage en fonction de l'orientation de celui-ci, c'est-à-dire sa position relative.s par défaut. Bien que pour ces derniers, il est aussi possible de passer en contrôles modernes, même si le jeu est calibré pour une maniabilité à l’ancienne. 

Kriophobia

Vous y incarnerez Anna, une géophysicienne faisant partie d’une équipe scientifique basée à la station Zhokhov en Sibérie. Désorientée lors d’une tempête alors qu’elle tentait de mettre en place des capteurs pour analyser une anomalie magnétique, le sol va s’effondrer sous ses pieds et elle se retrouve alors piégée dans un ancien bunker soviétique gelé. Une histoire qui pourrait bien impliquer les fameux évènements de Toungouska de 1908 qui ont aussi inspiré d’autres titres dans le passé, on pense notamment à Secret Files: Tunguska.

Alors que Kriophobia est dans les clous des classiques, c’est ce contexte Sibérien qui va venir donner de la personnalité au titre. Le froid par exemple est incorporé en élément de gameplayOu « jouabilité » en français, fait référence à la façon dont le joueur interagit avec un jeu vidéo.. Vous devrez surveiller la température des environnements, et faire attention à la vôtre afin de ne pas tomber en hypothermie. Il est d’ailleurs possible d’utiliser des objets, comme des poches chauffe-mains ou des pilules remontant votre température corporelle. 

De plus, Anna n’étant pas une militaire, elle doit de fait se débrouiller avec les moyens du bord pour se défendre. En l’occurrence, des armes de fortune, de mêlée, comme un piolet ou une clef anglaise. Autre originalité, les armes servent aussi d’outils. Un piolet vous permet de retirer une formation de glace, la clef de déboulonner certains éléments… Mais quelle que soit leur utilisation, ils ont tous une durabilité, ce qui ajoute un côté gestion de ces objets. Il faut en effet bien penser à les conserver pour quand vous en aurez absolument besoin. 

Autre spécificité, certains ennemis sont représentés sous forme d’ombres, et ne peuvent être éliminés qu’en les éclairant avec la lampe-torche. On note au passage que l’on peut diriger le faisceau de lumière avec le stick droit. Une mécanique de jeu notamment observée dans des titres comme les Obscure ou bien évidemment Alan Wake.

Visuellement, Kriophobia est réalisé avec une 3D assez basique, voire rétro. Mais ce qui le distingue reste l’aspect crayonné que l’on peut voir sur les captures accompagnant cette critique. Il s’agit en fait tout simplement d’un filtre d’écran, qui devient moins opaque en étant éclairé, jusqu’à être complètement transparent à pleine lumière. C’est plutôt malin et surtout bien réalisé, et donne une réelle personnalité au jeu. L’utilisation de ce filtre rend, de fait, le jeu très sombre la plupart du temps, renforçant son ambiance oppressante. Si au départ, on est plutôt confiant à l’extérieur, l’exploration des profondeurs du bunker soviétique est loin d’être une partie de détente. En plus des éclairages et des ombres, ce sont surtout les bruits étranges et la musique oppressante qui viennent vous plonger dans l’ambiance horreur psychologique de Kriophobia. Évidemment, la menace omniprésente du froid ainsi que le contexte et les révélations sur ce qui s’est passé dans ces lieux accentuent le tout. L’ensemble fonctionne très bien et, à certains moments, a réussi à me faire ressentir un sentiment d’insécurité alors que je viens d’enchaîner 5-6 jeux du genre en 2 mois et que je devrais plutôt être désensibilisé. 

Une insécurité qui vient aussi du fait de la difficulté. J’ai pour ma part souvent vu l’écran de game over et dû recommencer au dernier point de sauvegarde… Ça peut être à cause de l’inventaire très limité lorsqu’on est parti sans suffisamment d’objets pour se réchauffer, ou bien parce qu’on a pris trop de dégâts et de risques en voulant conserver ses objets et contourner les ennemis. Heureusement, on peut trouver de nouvelles vestes avec plus de poches donnant plus d’espace d’inventaire. Mais ça reste toujours relativement limité. 

Généralement, ce sont les ombres qui peuvent vous tuer le plus facilement, car à la manette la maniabilité de la lampe est un peu flottante, on a parfois du mal à voir où on vise exactement. Au-delà des ombres, on trouvera aussi des genres de grosses limaces gluantes… Et c’est tout. C’est très, très peu comme bestiaire, bien que ce ne soit clairement pas le focus du jeu. On retrouvera bien un genre de créature monstrueuse qui vous poursuivra, un genre de Nemesis de Resident Evil, qu’il faudra éviter. Mais au-delà de ça, on n’aurait pas dit non à quelques surprises de plus.  

Finissons par un mot sur les énigmes. Pour la plupart, elles restent dans la lignée du genre, mais on en trouvera quelques-unes peu plus retorses sur lesquelles il faudra même prendre quelques notes papier pour s’en sortir.

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CactusSinger
Non, Kriophobia n’a rien à voir avec une quelconque phobie des jeux signés Cryo Interactive. Il s’agit d’un survival horror rétro prenant place en Sibérie durant la guerre froide, classique de prime abord, mais apportant quelques touches personnelles comme son bel effet crayonné ou la gestion du froid. Si l’on regrette le manque de variété dans son bestiaire, on apprécie le travail sur l’ambiance et la tension qu’il arrive à générer. On le recommande donc volontiers à ceux cherchant plutôt du côté de l’horreur psychologique.
Kriophobia

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