I Hate This Place

I Hate This Place perd le fil en voulant trop en faire

I Hate This Place perd le fil en voulant trop en faire

Adapté du comics du même nom, dont je n’avais personnellement jamais entendu parler, I Hate This Place se présente comme un survival horror isométrique mêlant de légers éléments de crafting et de survie. Un programme intéressant, porté par une direction artistique en cell-shading généreuse en gore sur fond de mythes locaux. 

La fin de l’année 2025 a vu un véritable revival du genre survival horror, avec de nombreux titres chroniqués sur notre site. Si beaucoup cherchaient avant tout à rendre hommage à un genre très codifié depuis les années 90, I Hate This Place tente de s’en démarquer en piochant ses mécaniques dans plusieurs genres à la fois. On y retrouve bien certains codes familiers, comme les safe rooms, mais le jeu affiche clairement l’ambition d’élargir la formule en piochant son inspiration et ses mécanismes de plusieurs genres différents. 

Onomatopées un autre

Cette volonté transparaît d’abord dans son style visuel, voulant rappeler son médium d’origine. Très coloré et en cell-shading donc, mais aussi agrémenté d’onomatopées façon comics. Outre leur style, celles-ci informent également le bruit produit par joueur en fonction du type de terrain, et susceptible d’attirer les créatures environnantes. 

Car qui dit survival horror, dit évidemment monstres en tous genres. Ici, la plupart des créatures sont aveugles et se repèrent essentiellement au son afin de vous charger. Il est donc possible de les contourner discrètement, en jetant des objets comme des boîtes de conserve afin de se frayer un chemin plus sûr. 

Dans I Hate this Place, vous incarnez Elena, de retour dans la bourgade de son enfance, au Ranch Rutherford, pour retrouver son ami Lou. Et si l’on en croit le titre, on se doute que l’endroit ne lui réserve pas que des bonnes choses. Selon les coutumes locales, l’endroit serait habité par une créature surnommée The Horned One (un nom que je conserverai en anglais, “le Cornu” ou “l’Encorné” sonnant nettement moins terrifiant). Un culte de fanatiques lui voue d’ailleurs une dévotion inquiétante sans limites. Ce qui ravive de bien mauvais souvenirs à Elena, persuadée d’avoir vu une silhouette semblable à la créature le soir de la disparition de sa mère. 

I Hate This Place

Le Ranch familial sert de base d’opérations. On peut utiliser un espace dédié pour y construire de quoi récolter des ressources ou autres ateliers spécialisés pour fabriquer de l’équipement et des consommables indispensables aux expéditions. Bien sûr, on récupérera aussi tout un tas de ressources lors de nos pérégrinations dans les alentours. À noter d’ailleurs que l’inventaire n’est pas limité en nombre d’objets, mais en poids, obligeant tout de même, bien que moins contraignant, à faire des choix sur ce que l’on veut ramener. Le terrain de jeu se présente lui comme une large carte semi-ouverte que l’on explore assez librement pour progresser dans l’histoire principale ou bien réaliser des quêtes annexes. À vous ensuite d’opter pour l’infiltration ou une élimination plus frontale et méthodique de tout ce qui bouge. 

Le problème, c’est que la tension propre au survival horror s’érode rapidement. Si la rareté des munitions et des soins se fait sentir au début, elle disparaît assez vite grâce à la facilité du crafting au ranch, créant ainsi un gros problème d’équilibrage. On se retrouve alors à stocker des dizaines de munitions, sans que le bestiaire n’évolue suffisamment pour justifier un tel arsenal. 

Au final, en cherchant à multiplier les mécaniques, I Hate This Place finit par rendre caduque ce qui fait l’essence même du genre. On tombera bien sur un ou deux combats de boss, mais ils ne devraient pas non plus vous poser trop de problèmes. À l’inverse, la musique fait, elle, un excellent travail pour maintenir une ambiance assez unique, avec notamment quelques morceaux surprenants. 

Le jeu propose également des phases sans arme, se déroulant dans une sorte de monde astral lié à des fantômes, où l’on doit tenter de deviner les circonstances de leur mort. Ça change un peu la routine, mais devient malheureusement assez vite répétitif. 

Enfin, l’optimisation reste à peaufiner. Des chutes de framerate sont à noter, surtout lors des chargements de zone dans l’open world, et plusieurs joueurs rapportent des performances décevantes, y compris sur des configurations solides. 

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CactusSinger
I Hate This Place est un survival horror porté par une très belle direction artistique, au style bande dessinée évoquant un certain XIII, en beaucoup plus gore et en vue isométrique. Le jeu souffre cependant de vouloir en faire trop, en mélangeant de nombreux mécanismes et genres différents, parfois au détriment de sa cohérence. Si rien n’est réellement raté, l’ensemble manque d’équilibrage et certains systèmes finissent par se marcher sur les pieds, atténuant progressivement la tension propre au survival horror. Pourtant, de bonnes idées sont bien présentes, mais le titre aurait sans doute gagné à bénéficier d’une plus longue durée de vie afin d’imbriquer plus efficacement ses différents systèmes.
I Hate This Place

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