Omi Oh My AI – Much puzzles. Very AI. Such captchavating. Wow !
Alors que Death Stranding s’efforçait de rendre les quêtes FedEx intéressantes, voici qu’un petit jeu indépendant, Omi Oh My AI, ambitionne de vous divertir en remplissant… des CAPTCHA. Un pari audacieux qui, couplé à une approche puzzle méta façon ARG« alternate reality game » ou jeu en réalité alterné. Récit et jeu de piste interactifs qui mêlent monde réel et fiction pour une narration transmédia., pourrait bien fonctionner.
Précisons d’emblée une chose : bien que le jeu traite d’intelligence artificielle, EverySecond Studio précise qu’aucune IA générative n’a été utilisée lors du développement. Tout a été fait à la main. L’objectif étant de faire comprendre sa logique de réflexion.

OMI, pour Omega Machine Intelligence, est une intelligence artificielle créée au début des années 90 par un chercheur universitaire. Après moultes itérations et branches de développement, vous voici avec entre les mains une version récente, empaquetée dans un jeu conçu par deux développeurs indépendants en collaboration avec les chercheurs de l’université de Western Australia. Prenant la forme d’un adorable toutou, justifiant au passage la forme de patoune de notre curseur, OMI communique ses instructions par texte uniquement.
La principale interaction repose sur des CAPTCHA. Oui oui, ces très ennuyeux tests de Turing automatisés qui pullulent sur le net venant interrompre votre navigation pour distinguer humains et bots. Ici, ils deviennent le cœur du gameplayOu « jouabilité » en français, fait référence à la façon dont le joueur interagit avec un jeu vidéo..
Bon, on sent que la version actuellement jouée est encore pour le moins instable. Les bugs et glitchs sont nombreux… et c’est précisément là que le jeu révèle son véritable potentiel. Il va falloir apprendre à contourner ces bugs pour progresser. Et de ce côté, Omi Oh My AI se montre particulièrement malin dans la façon dont il exploite cette idée. Sans en dévoiler trop, certaines solutions nécessitent même de sortir du cadre du jeu, en consultant par exemple un wiki fictif ou en fouillant dans les fichiers de votre machine. Ce qui rappellera aux plus anciens expérimentés les In Memoriam. Bien que de ce côté-là, Omi Oh My AI aurait pu pousser les potards encore plus loin.



Il y a un côté particulièrement grisant à farfouiller tous ces recoins à la recherche d’indices, et trouver la solution procure un réel sentiment de satisfaction. C’est également par ce biais que l’on en apprend davantage sur le loreReprésente l'histoire et les traditions autour d’un univers de fiction, ne constituant pas l’intrigue principale d’une œuvre. et l’histoire de cette IA, à condition de creuser un peu plus pour satisfaire votre curiosité.
It’s Not A Bug, It’s A Clue… enfin, sauf quand c’en est vraiment un
Omi Oh My AI souffre cependant d’un problème notable : la présence de véritables bugs gênants, cette fois non intentionnels, pouvant bloquer la progression… Vous voyez donc venir le problème. L’ironie étant que le jeu est tellement efficace dans son usage volontaire de faux bugs qu’il devient parfois difficile de distinguer une énigme d’un dysfonctionnement réel. Il m’est ainsi arrivé plus d’une fois de m’arracher les cheveux pour résoudre un puzzle qui s’avérait en réalité être un véritable bug. Fort heureusement, des correctifs réguliers sont déployés en fonction des retours des joueurs, et ces situations devraient maintenant êtres rares.


Autre faiblesse potentielle, malgré un réel effort pour varier les CAPTCHA, et l’implémentation de quelques règles pour piéger le joueur, une légère répétitivité peut se faire sentir. Cela dit, mon ressenti est sans doute biaisé par le fait que j’ai dû recommencer plusieurs sections à cause d’un bug de sauvegarde désormais corrigé.
Les puzzles deviennent tout de même bien plus complexes lors du dernier tiers du jeu, ce qui peut accentuer cette lassitude, notamment lorsque la mécanique est comprise, mais doit être répétée. Heureusement, un puzzle méta bien placé vient régulièrement relancer l’intérêt.




