Nioh 3, c’est Nioh 2 mais en mieux

Nioh 3, c’est Nioh 2 mais en mieux

Presque 6 ans après l’épisode précédent, l’épopée nipponomédiévalo fantastique revient. Six ans c’est long, mais la team Ninja avait concocté quelques autres jeux un peu dans le même style histoire d’essayer de nouveaux systèmes et environnements de jeu. Après avoir réalisé dans ces entrefaites Stranger in Paradise, Wo Long Fallen Dynasty et Rise of The Rônin, on aurait pu penser à un changement dans la recette, mais rassurez-vous, fans de la licence, c’est toujours le même gloubiboulga.

C’est simple Nioh début ni à la fin

Dans Nioh, depuis le premier épisode, tout est compliqué. On a des dizaines de systèmes qui s’entrechoquent dans un grand bazar organisé, et ça, ça ne change pas. C’était d’ailleurs ce que j’avais déjà reproché au second Nioh, sur ce même site, une avalanche de systèmes complexes qui submerge le joueur de possibilités, de statistiques et de bonus divers. Mais à l’époque j’avais un peu bloqué sur cet aspect du jeu parce que cela semble effectivement très intimidant de prime abord, mais au final, cet océan de pages d’améliorations et d’arbre de compétences est finalement la forêt qui cache l’arbre. Enfin pour être précis, chaque joueur doit trouver son arbre et puis s’y accrocher. Et une fois qu’on a compris cela, la pléthore de systèmes devient plus digeste puisqu’il suffit de les ignorer totalement. Pas besoin de tout savoir, c’est impossible. Ce qui est assez fantastique en réalité c’est que, une fois passée la période d’apprentissage dont la courbe est assez, disons abrupte (avec un boss plutôt giga chaud après un peu plus d’une heure de jeu), Nioh 3 devient un jeu agréable, ouvert et aux possibilités de gameplayOu « jouabilité » en français, fait référence à la façon dont le joueur interagit avec un jeu vidéo. vraiment impressionnantes.

Un espace dégagé, des tombes rouges, hmmm, je me demande si…

Je vais pas trop parler du scénario du jeu, parce qu’il est assez confus, mais plutôt intéressant nonobstant. Sachez juste qu’on incarne le futur Shogun du Japon, qui, par un retournement de situation scénaristique assez téléphoné se retrouve à voyager dans le temps pour sauver le Japon à différentes périodes. Contrairement aux deux premiers jeux, ici on n’a pas une succession de missions en espaces fermés, mais une carte relativement grande et ouverte, incitant à l’exploration et renfermant suffisamment de secrets et de bidules planqués partout pour qu’on y aille avec plaisir, mais prudence. D’ailleurs la prudence sera votre meilleure alliée, avec sa copine la patience, afin de ne pas tomber dans des embuscades car l’adversité est présente en masse. Première grosse nouveauté, donc, ce monde semi ouvert qui servira aussi à ne pas se retrouver immédiatement frustré face à un adversaire qui n’hésitera pas à utiliser notre pauvre carcasse comme paillasson. Dans l’idée, on peut faire un tour et revenir plus tard avec de meilleures armes et un meilleur niveau et inverser la tendance. 

Y a pô Nioh sur la falaise…

Dans les faits, ça ne change pas grand chose au jeu, les cartes des missions dans les deux premiers étaient relativement grandes et ouvertes. C’est un peu comme si elles étaient maintenant interconnectées dans un grand tout cohérent et ça rend l’exploration plus intéressante et plus, euh, ben cohérente, tiens justement. Chaque époque propose cependant son lot d’endroits différents à explorer, mais la division en époques évite l’aspect “parc d’attractions” qu’on retrouve souvent dans les jeux à monde ouvert modeste. 

Parfois c’est bucolique

Autre grosse nouveauté, on a maintenant accès à deux modes de combat, le mode “samouraï” et le mode “ninja”, on bascule de l’un à l’autre en pesant sur R2, chaque aspect a ses forces et faiblesses et il faut surtout ne pas hésiter à passer de l’un à l’autre dans le feu de l’action (en profitant d’une attaque rouge de l’ennemi pour faire la transformation, pour un stunAssommer ou étourdir en anglais. Effet de contrôle de foule qui empêche un personnage d'agir. gratuit et un bonus aux dégâts) et s’adapter aux différentes situations rencontrées. Le mode Samouraï est comme son nom ne l’indique pas vraiment, la façon de jouer des anciens Nioh, mais avec une palette d’armes plus limitée (enfin, ça va y en a 7 quand même), et qui seront plutôt les armes dites lourdes et ça se joue comme avant, on tape les méchants et on appuie sur R1 pour recharger son Ki et on a les trois postures d’attaque, haut, milieu et bas. Le mode ninja lui, est plus dans le feutré, les armes moins puissantes mais plus légères, et les dégâts sont multipliés si on arrive à se positionner derrière l’adversaire. Pas de posture, mais des armes de ninja (qui étaient déjà présentes avant, mais c’est plus simple à utiliser). On peut aussi avoir des esprits gardiens différents pour chaque mode (ceux-ci offrent aussi des options d’exploration à certains endroits), et se transformer en super bonhomme quand la jauge associée est pleine pour quelques secondes d’action explosive.

Et encore, là je ne fais qu’effleurer les possibilités, puisque le jeu permet vraiment une expérience à la carte avec peu de friction (une fois qu’on a tout compris comment ça marche en tout cas). Si le build que vous avez conçu ne vous convient plus ou qu’une nouvelle arme ou armure vous fait de l’œil, il est tout à fait possible de tout réinitialiser gratuitement et adapter le personnage à la situation. Bon ça peut devenir fastidieux si on le fait souvent, mais c’est possible. 

Beau corps Nioh

Reste un dernier point, celui de la difficulté. On a souvent comparé Nioh aux Souls-like de From Software, mais en fait on se rapproche plus d’un hack and slash à la Diablo dans ses mécaniques internes. Tout le côté statistiques, la pléthore de loot, les différents niveaux de rareté, etc. Oui, bon, ça demande plus de réflexes que de cliquer sur les méchants jusqu’à ce qu’ils soient morts, mais les hack and slash modernes sont eux aussi moins statiques. Et du coup le jeu est-il difficile ? Oui et non. Oui, parce qu’évidemment des boss a priori insurmontables se mettront régulièrement en travers de notre route, mais on a suffisamment de latitude pour aborder les combats dans différents styles, quitte à changer pour quelque chose de plus efficace au moment voulu. Une fois les systèmes de base acquis, et au moins deux ou trois armes maîtrisées, la plupart des situations ne posent pas autant de problème que dans les jeux précédents. L’exploration permettant de faire un peu de level aussi, il n’est pas rare d’avoir un niveau de personnage bien au-dessus du niveau conseillé quand on arrive à un point donné. Attention, le jeu n’est pas facile pour autant, mais je l’ai trouvé plus, euh, accueillant que les autres, une fois passé le premier boss qui est, il faut le dire, un peu pénible. Après rien ne vous empêche de faire appel à un ami, humain ou non pour combattre les adversaires les plus retors…

Point technique enfin, le jeu n’est pas à tomber par terre graphiquement mais il est très très chargé, au point que la lisibilité en pâtit parfois. J’ai eu aussi quelques ralentissements sur PS5 normale dans certaines scènes complexes où des effets spéciaux et des particules envahissent un peu le terrain de jeu. En tout cas, le bestiaire de Nioh fait son retour avec quelques petits nouveaux, mais rien de véritablement dépaysant. On retrouve l’ambiance des premiers jeux et c’est bien le plus important.

Shutan
Pas parfait, mais l’épisode de la maturité, Nioh 3 représente le changement dans la continuité. S’il faut s’acclimater à sa déferlante de statistiques et de systèmes en premier lieu, on découvre derrière un jeu d’action aventure efficace où la liberté d’approche énorme offre un champ d’action assez inouï. La courbe d’apprentissage reste abrupte, mais ça peut valoir l’investissement. 

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