City Hunter, ou Nicky Larson, ressort de son carton

City Hunter, ou Nicky Larson, ressort de son carton

Il y a des gens qui ont des marottes étranges. Collectionner les timbres, épingler des papillons sur un canevas, répertorier les différentes essences de bois des meubles, et faire ressortir les vieux jeux oubliés des placards, comme ce City Hunter. Aujourd’hui c’est la dernière catégorie qui nous intéresse, avec une question subsidiaire : mais bon sang, pourquoi ?

Nicky Larson est un grand garçon

Pas que je juge hein, après tout, chacun ses kinks, par exemple je fais une fixette sur les jaquettes de jeux vidéo et les maquettes en plastique de robots géants donc, bon, hein, je ne vais pas donner des leçons. M’enfin bon, là entre la poire et le fromage, une info tombe, City Hunter, le jeu TurboGrafx 16 de 1990, seule adaptation officielle de la série animée et qui n’était jamais sortie qu’au Japon se paye une ressortie sur nos machines modernes. Et cerise sur la choucroute, la version française se parera d’une traduction alternative floquée Nicky Larson, parce que le non-respect des œuvres originales est un truc qui peut servir d’argument marketing on dirait. Bon, je ne veux pas juger, mais là je juge un peu quand-même. La sortie initiale était un peu passée inaperçue dans nos contrées, et pour cause, le jeu n’était donc sorti qu’au japon et sur une console pas vraiment mainstream, la TurboGrafx 16, qui ne bénéficiait déjà pas d’une distribution étendue pour sa version européenne et alors sur les jeux d’import, laissez-moi vous dire que c’était encore un peu le far west. Bon, j’ai juste retrouvé trois mentions dans des magazines d’époque (dont un dont l’accent asiatique raciste s’entend à la lecture c’est abominable), et qui répètent sensément la même chose : On parcourt des niveaux d’entrepôts remplis de gardes armés, on monte et on descend des escaliers, on ouvre des portes pour trouver des gens qui nous permettront d’aller plus loin, et on tombe parfois sur une infirmière ou une fille en petite tenue qui rendra la vie perdue à notre héros obsédé. Un jeu somme toute anecdotique qui n’a pour lui que sa licence, en fait. Et bon, la pauvre licence est finalement assez mal traitée.

La bulette, le bobo, tout ça tout ça…

Comme le jeu était intégralement en japonais, évidemment nos braves testeurs uniquement francophones étaient un peu dépités de devoir parcourir les niveaux à l’aveugle, et tester toutes les portes et reparler à tous les PNJPersonnage non-joueur / Personnage non jouable avec lequel on peut interagir. En anglais : NPC - Non Playable Character pour avancer, rallongeant un peu la durée de vie du soft. Maintenant qu’on comprend ce qu’il faut faire avec la traduction, on se rend compte que le jeu est très très court. C’est simple, j’ai parcouru les 4 petits niveaux en à peu près 40 minutes, et, bon, c’est pas nul, mais c’est un gameplayOu « jouabilité » en français, fait référence à la façon dont le joueur interagit avec un jeu vidéo. de 1990, basique. Dans le principe on déplace Ryô/Nicky de droite à gauche dans des décors industriels, où des ennemis apparaissent en bord d’écran et qu’il faut dégommer avec le pistolet. Le long de ces couloirs interminables, des portes, parfois ouvertes, parfois fermées derrières lesquelles se trouvent parfois un PNJ. Il faut alors trouver ces fameux PNJ dans le bon ordre, pour faire avancer la mission, un va refiler une information qui va permettre de parler à un autre qui va donner une clé, qui va ouvrir une porte alors fermée et indiscernable des autres portes, on va parcourir de nouveaux endroits et affronter de nouveaux ennemis, parfois débloquer une arme supplémentaire et finalement arriver à la fin du niveau, où on affrontera parfois un boss. C’est de l’arcade efficace, mais diablement monotone. Les niveaux se ressemblent tous, sauf le dernier, et leur aspect faussement labyrinthique est un peu désorientant. On se borne à faire la même chose, monter et descendre des escaliers, essayer toutes les portes, et faire des allers-retours en esquivant les ennemis ou en les dégommant, le tout sur un fond musical pas mauvais mais j’aurais préféré avoir des versions chiptune des musiques de l’anime plutôt que celles du pourtant habituellement talentueux Naoki Kodaka qui nous sort ici des mélodies pas très inspirées. Le remaster nous gratifie par contre à l’écran titre de la chanson « Get Wild » qui était le générique de fin de la première saison, et si vous basculez sur la version française spéciale, c’est Jean-Paul Césari qui vient pousser la chansonnette, pour lancer les aventures de Nicky, Laura, Mammouth et Gilbert, Gérard, Anatole, Pascaline et je ne sais quels autres prénoms ils ont mis pour remplacer les noms japonais originaux…

Plus de Vincent Ropion, moins de Vincent Rompiche

Pour rompre un peu la monotonie, quelques armes sont cachées dans les niveaux, et ont un usage précis, mais le jeu est tellement court que de toutes façons, on peut tout faire avec le flingue de base au prix de perdre quelques secondes sur les boss qui ont tous des patternsDésigne une séquence d'actions ou de mouvements qui se répète. Ex : attaque ou combo ennemi, une série d'événements... téléphonés à donf et qu’on peut enchaîner facilement sans qu’ils ne soient une véritable menace. De toutes façons qui a besoin d’un lance-roquette quand il a un magnum 357 qui d’une seule balle peut arrêter un troupeau de bulldozers ? Et quand bien même, dans quel épisode de City Hunter, Ryô se trimballe avec un canon laser et dégomme des ninjas ou des metal hero ? Bon ben dans le jeu, il le fait… Après je pourrais vous dresser un inventaire à la Prévert de tout ce qui cloche, mais il ne dure pas assez longtemps pour que ce soit vraiment marquant. A l’époque c’était un jeu moyen, aujourd’hui c’est un rétro-jeu sans grand intérêt si ce n’est celui d’être le seul représentant de la franchise. Une vague curiosité qui aurait pu rester dans l’oubli. À noter quand même que les bugs du jeu et certains soucis de jouabilité initiaux ont été corrigés (notamment le scrolling) et que, bien que pas ouf, les sensations en jeu sont un peu meilleures que sur le jeu original (qui est fourni en bonus), et il existe aussi un mode difficile, mais autant se la coincer dans une portière que d’y jouer sérieusement. Ceci étant dit, comme le jeu de base ne dure qu’une quarantaine de minutes, si vous l’avez payé plein pot, pourquoi ne pas tenter de rentabiliser l’expérience ?

Shutan
Une curiosité sans grand intérêt, un runUne partie intégrale ou une tentative de terminer un jeu vidéo and gun and search the suite of the niveau dans des corridors pourris qui se ressemblent tous qui aurait pu être n’importe quoi mais pas City Hunter. On se moque souvent d’Infogrames et d’Ocean parce qu’ils faisaient des platformers à licence interchangeables, mais côté japonais, Sunsoft faisait la même chose, et bon, ben là c’est vraiment ça. Fait à la va-vite pour profiter d’une licence, 4 niveaux, 3 décors, 5 ennemis, ils ne se sont pas foulés à l’époque, et c’est d’autant plus visible aujourd’hui. Écoutez plutôt un concert de TM Network sur toituyau c’est plus sympa.

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