Moses & Plato – Last Train to Clawville, du whodunit servit sur un Plato
Disclaimer : Mon PC ayant décidé de rendre l’âme pendant l’écriture de cette critique, emportant avec lui mes captures d’écran, cet article est intégralement habillé avec les captures éditeur.
C’est un véritable plaisir de voir une nouvelle incursion dans le World of Wilderness, univers désormais bien établi notamment grâce aux excellents Chicken Police, dont le dernier épisode a d’ailleurs été récompensé par une sélection GSS. Avec Moses & Plato – Last Train to Clawville, le studio change légèrement de registre pour proposer une aventure centrée sur un nouveau duo de détectives, et nous propose de vivre une aventure qui nous avait justement été teasée dans l’épisode Into The Hive!
Le World of Wilderness met en scène des animaux anthropomorphes évoluant dans un univers riche en tensions politiques, souvent en écho direct à celles de notre propre réalité. Il fut d’abord introduit sous forme de jeu d’aventure à l’ambiance polar noir marquée, puis via une expérience plus posée à la Coffee Talk avec Zipp’s Café, avant d’annoncer un tactical au tour par tour (si, si) W.I.L.D Tactics et, ce qui nous intéresse ici, un retour formule plus classique avec Moses & Plato – Last Train to Clawville. Changement de ton cependant, on délaisse le buddy cop pur pour un whodunit assumé, dans la veine d’Agatha Christie ou d’Arthur Conan Doyle. Le duo Moses & Plato évoque d’ailleurs clairement un tandem à la Sherlock et Watson, même si Plato, avec son tempérament plus explosif, rappelle davantage Max du duo de détectives freelance Sam & Max.



Le cadre est d’ailleurs particulièrement explosif alors que le Clawville Express, train intercontinental évoquant immédiatement le mythique Orient-Express, est sur le départ. Sur fond de négociations diplomatiques visant à apaiser une guerre froide instable, deux ambassadeurs de nations rivales et leur entourage prennent place à bord, dont l’un est soupçonné de crimes de guerre. Moses et Plato sont alors engagés pour assurer la sécurité du voyage. Autant dire que tous les ingrédients sont réunis pour une intrigue façon Le Crime de l’Orient-Express.
Sans surprise, tout dérape rapidement : un meurtre est commis, et Moses se retrouve accusé, retrouvé arme du crime à la main, sans souvenir des faits. Dès lors, l’enquête devient autant une quête de vérité qu’un moyen de s’innocenter, et surtout, d’empêcher une guerre d’éclater.
Côté gameplayOu « jouabilité » en français, fait référence à la façon dont le joueur interagit avec un jeu vidéo., on retrouve une formule proche de celle des Chicken Police : un mélange de Visual Novel et de Point & ClickSous genre du jeu d'aventure graphique popularisé dans les années 80s/90s, généralement contrôlé à la souris., avec exploration, dialogues et interrogatoires. Ces derniers demandent désormais de repérer les mensonges en s’appuyant sur des indices concrets, ce qui fonctionne plutôt bien. Moses, en tant que renard, dispose également de capacités sensorielles (odorat, ouïe, vue) développées qui permettent de débloquer de nouvelles informations ou pistes de réflexion dans son jardin mental. En tant qu’archétype à la Sherlock, il n’est en effet pas surprenant qu’il ait accès à un équivalent du “palais mental” de ce dernier.



L’aventure se déroule presque entièrement à bord du train, en vue à la première personne, avec des déplacements fluidifiés par un système de voyage rapide entre les wagons. Une nouveauté notable vient du système d’actions limitées : certaines séquences imposent un nombre restreint d’interactions avant le prochain événement narratif, obligeant donc à faire des choix en privilégiant qui vous souhaitez interroger en priorité. Une mécanique qui n’est pas sans rappeler The Last Express, et qui ajoute une légère tension dans la progression.
Sur le plan artistique et de l’ambiance générale, là aussi les choses ont changé, sans non plus être une totale révolution. Exit le noir et blanc photo-réaliste avec acteurs, les personnages sont désormais entièrement dessinés et les personnages s’affichent en couleurs, bien qu’une option existait déjà dans Into The Hive! pour ajouter des couleurs (hérésie !).
Un choix qui colle bien avec l’aventure plus whodunit que polar noir, tout en conservant une ambiance travaillée. La bande-son, plus variée, accompagne efficacement les différentes situations, oscillant entre jazz et autres styles plus adaptés aux lieux et personnages.





Le point fort de la série reste néanmoins les doublages, toujours d’excellente qualité ici, bien que l’on perde la fantastique voix de Sonny. Chaque personnage bénéficie d’une interprétation soignée, que ce soit dans les moments sérieux ou plus légers. On note toutefois qu’une minorité de lignes ne sont pas doublées, notamment lors des interactions et petits dialogues secondaires, ce qui n’est pas gênant en soi. En revanche, les interjections vocales répétées (“Well well”, “Let’s see”…), systématiques à chaque clic, peuvent devenir un peu lourdes à la longue lorsqu’on clique toutes les deux secondes sur un élément interactif… Une option pour les retirer, ou au moins diminuer leur fréquence serait la bienvenue.
Enfin, si les amateurs du genre devineront probablement les grandes lignes de l’intrigue et les tropes utilisés, le jeu parvient à distiller suffisamment d’éléments et de détails pour maintenir l’intérêt, le tout bien intégré au loreReprésente l'histoire et les traditions autour d’un univers de fiction, ne constituant pas l’intrigue principale d’une œuvre. du World of Wilderness.




