Bubsy 4D : Délire Duveteux de Developpeurs Doués
On peut dire qu’il revient de loin le matou. Bubsy c’est une licence dont aucun jeu n’a jamais vraiment fait parler de lui en bien. Je ne vais pas refaire l’historique, mais globalement la qualité de la série s’étirait entre le bof et l’absolument raté, avec juste les trois premiers épisodes en 2D qui gravitaient à l’horizon des évènements d’un trou noir déclenché par Bubsy 3D, aucun nouvel opus ne semblant échapper à l’attraction rendant le lynx inévitablement victime d’un jeu pourri. Et puis…



Arrive Fabraz.
Fabraz est un studio formé par des gens qui veulent faire du jeu de plateforme en 3D, mais mieux que ça, ils savent faire des jeux de plateforme en 3D. On avait vu passer leur premier jeu (alors en 2D, https://gamesidestory.com/slime-san/ en 2017 que Vasquaal qualifiait de “petit bijou”) mais depuis, ils ont sorti Demon Turf et surtout Demon Tides en début 2026 qui confirment leur bel ouvrage et la compréhension de ce qui fait un bon jeu de plateforme en 3D : la liberté. Du coup, on peut appliquer cela à une licence à moitié moribonde, et ça donne quoi ? Un petit miracle pour Bubsy et un jeudi après-midi pour Fabraz.
Pour autant le premier contact est un peu molasson avec une introduction interminable plaçant les enjeux, et un tutoriel tout aussi longuet. Bubsy n’est pas très rapide, ni forcément très maniable au début du jeu, et a une palette de mouvements assez limitée. Et il va falloir faire avec. Il saute, il planouille vaguement, peut attaquer les ennemis en bondissant en avant et se rouler en boule pour aller plus vite et rebondir sur certaines surfaces. Pas de quoi secouer la moustache d’un plombier ou d’un hérisson bleu.
Au début.



Oui parce qu’au fur et à mesure qu’on découvre les nouveaux niveaux, et qu’on explore leurs moindres recoins à la recherche de pelotes de laine, on va tomber sur des plans. Les plans sont à échanger contre de nouveaux mouvements dans la boutique du jeu, et c’est à partir de là que le véritable jeu commence, quand enfin on ouvre le coffre à jouets, et qu’on peut faire faire de plus en plus de mouvements au lynx. Une plateforme qui semblait alors inaccessible avec le simple saut de départ, peut être atteinte avec le nouveau saut tourbillonnant, et il n’est pas rare de devoir cumuler plusieurs améliorations pour atteindre les précieuses pelotes. Mais il n’est pas obligatoire d’avoir tout, car plusieurs combinaisons peuvent permettre d’atteindre le même objectif, et c’est là tout le génie de Fabraz, qui s’inspire des meilleurs (Nintendo et Asobo) pour faire un jeu de plateforme puzzle, plus qu’un jeu de plateforme action. On voit les objets à atteindre, et les trois ou quatre chemins permettant d’y accéder, après un petit temps d’observation, alors qu’à première vue, on a l’impression d’avoir des décors montés à la va-vite et structurés n’importe comment. Non, rien n’est vraiment laissé au hasard : on donne le point de départ, l’arrivée, le jeu vide un carton plein de trucs et nous dit : “surprenez-moi”.
Bon après ça reste Bubsy, on a de l’humour auto-dépréciateur le concernant (parce qu’il a conscience d’être le héros de jeux nuls), il se fait constamment rembarrer et par les ennemis et par ses alliés, fait des blagues ringardes, mais ce côté bancal fonctionne, parce que même si ça a l’air un peu lourdeau comme ça, ça tombe juste, et c’est sincère. On a aussi quelques boss pas franchement passionnants à combattre, mais ils sont rares. Le seul véritable reproche qu’on pourrait faire à Bubsy 4D finalement c’est qu’il est un peu court. Quinze niveaux à parcourir, même s’ils sont relativement grands et nécessitent de fouiller partout pour trouver les pelotes et les plans cachés, c’est un peu léger. Mais du coup c’est bon signe, c’est rare qu’on ait encore envie de jouer à Bubsy après l’avoir lâché, donc le contrat est rempli, la bête est sauvée ! Et puis si jamais, le mode time attack vous occupera un bon moment, c’est pas mon délire, mais les speedruns du jeu vont être prodigieux !





