Forensics: Crime Scene Detective, le dur labeur des Experts
NCIS, Les Experts et tous ces shows policiers mettant inévitablement en scène la police scientifique ont marqué la culture populaire. Résoudre des crimes grâce à la rigueur scientifique aura indubitablement suscité plus d’une vocation. Mais si les places dans la profession sont rares, Forensics: Crime Scene Detective nous offre au moins l’occasion de nous glisser dans la peau d’une de ces blouses blanches.
Binary Impact et Alchemical Works proposent donc un simulator game dans la lignée du genre, reposant sur une boucle de gameplayOu « jouabilité » en français, fait référence à la façon dont le joueur interagit avec un jeu vidéo. qui, sans grandes surprises, va nous demander de chercher, récolter et analyser différents types de preuves. Concrètement, vous récupérez le dossier d’une affaire, puis vous vous rendez sur la scène de crime – effraction, bagarre, coup de feu signalé ou encore atelier de faux billets – afin d’y récolter un maximum d’indices.

On commence toujours par passer les lieux au peigne fin, repérant les points d’intérêt à l’œil nu – sang, impacts de balle, téléphones… – ou à l’aide d’une lampe UV pour les empreintes digitales. Chaque découverte est ensuite marquée avec un petit repère numéroté, et il ne reste plus qu’à les photographier… Enfin, c’est vite dit. Car la prise de photos s’avère souvent assez laborieuse, un terme qui reviendra régulièrement dans cette critique. Il faut en effet gérer le bon niveau de zoom, s’assurer que le marqueur soit bien visible, éviter les angles trop prononcés, ne pas chevaucher la généreuse hitboxUne hitbox (littéralement "boîte de collision") est une zone invisible associée à un objet ou un personnage dans un jeu vidéo, qui sert à détecter les collisions ou les impacts. de l’indice et faire en sorte qu’aucun autre marqueur n’entre dans le cadre. Une tâche vite agaçante lorsque plusieurs preuves sont proches les unes des autres.
Le problème est renforcé par un choix de game designProcessus de création et de mise au point des règles et autres éléments constitutifs d'un jeu des plus agaçant : impossible de transporter simultanément les marqueurs et l’appareil photo. Donc si vous devez replacer un marqueur, il faut donc retourner au véhicule, poser l’appareil, récupérer des marqueurs, revenir les placer, repartir les ranger, puis reprendre l’appareil photo et recommencer… Franchement, on a vu plus simple. Vivement que la police scientifique invente les poches.
Labo² : laboratoire laborieux
Bref, une fois cette étape finalisée, on peut enfin récupérer les preuves pour les analyser au laboratoire.



Les empreintes sont relevées à l’aide d’une poudre adaptée, tandis que certains objets doivent passer sous une hotte chimique afin d’en révéler les traces. Il faut ensuite comparer chaque empreinte à celles des suspects, témoins ou propriétaires des lieux en faisant correspondre différents motifs caractéristiques. Autant dire qu’avec une quinzaine d’empreintes à comparer à plusieurs jeux de références, l’exercice devient rapidement fastidieux.
Le principe est similaire pour les autres types de preuves. Le sang est prélevé avec un coton-tige, placé dans un tube, puis comparé en laboratoire aux profils ADN de référence.
La balistique demande également plusieurs étapes. Après avoir récupéré une balle, il faut reconstituer sa trajectoire à l’aide d’une tige laser et d’une bombe à fumée, puis photographier le résultat. Si une arme de référence est disponible, il est ensuite possible de tirer une nouvelle balle afin de comparer les rainures laissées par le canon et déterminer si l’on tient bien l’arme du crime.





Et une fois qu’on à fait tout ça ? Eh bien, il ne reste plus qu’à envoyer les résultats par e-mail et laisser les enquêteurs tirer leurs conclusions. Car ici, vous n’êtes pas détective, seulement technicien de police scientifique. Votre rôle consiste exclusivement à récolter et analyser les preuves avant de passer au dossier suivant.

Et c’est bien là le plus frustrant de ce Forensics: Crime Scene Detective. On ne s’implique pas dans les enquêtes, au point qu’il est possible de les terminer sans avoir lu une seule ligne du dossier. Certes, il s’agit d’un simulator game, un genre souvent centré sur la relaxation, la complétion et le plaisir de répéter une tâche. Néanmoins, même sous cet angle, on est très loin du génie d’un PowerWash Simulator pour ne citer que lui. Les différentes mécaniques finissent vite par devenir beaucoup trop répétitives et fastidieuses avec une mention spéciale pour les longues comparaisons d’ADN.
C’est d’autant plus dommage que ces mécaniques auraient constitué un excellent complément à un véritable jeu d’enquête. Intégrées entre des phases d’investigation, de déduction ou de narration – comme un palais mental à la Sherlock Holmes – elles auraient sans doute gagné en intérêt. Ici, elles portent à elles seules tout le jeu, et leur côté laborieux finit inévitablement par prendre le dessus.




