Geppy-X, robot animé style années 70, jeu bof, enrobage ouf.

Geppy-X, robot animé style années 70, jeu bof, enrobage ouf.

Dans la série “celui-là, il était pas dans mon bingo”, le remaster de Geppy-X est plutôt bien classé. En effet, qui aurait l’idée saugrenue (mais néanmoins bienvenue) de réaliser un remaster d’un jeu Playstation exclusif au Japon, sorti en 1999, et qui est de plus d’un genre très niche, et même dans ce genre, un format très particulier. Bon ben voilà, ça existe, et c’est disponible sur tous vos stores préférés, mais c’est quoi Geppy X ? Simple, c’est un visual novel anime avec des phases de shoot’em up, où les choix narratifs sont cachés dans le gameplayOu « jouabilité » en français, fait référence à la façon dont le joueur interagit avec un jeu vidéo..

Et là vous vous dites, “ouah c’est super intéressant comme concept !” Ce à quoi je réponds “oui, mais sortez de mon bureau, et prenez place dans le canapé alors que je vais vous expliquer ce qui va et ce qui ne va pas avec ce concept. Prenez un chocolat, ou une tisane, j’ai du sucre.” Donc Geppy X se présente comme une parodie… Non, pas vraiment une parodie, mais plutôt… Voilà, un hommage aux dessins animés de super robot des années 70, et plus particulièrement Getter Robo, une série où trois robots pouvaient se combiner pour créer trois machines différentes pour agir au mieux suivant la situation et l’environnement du monstre de la semaine. L’hommage est assez complet, puisque chaque niveau se présente sous cette forme : Une intro textuelle résumant les informations déjà connue, le générique de début, une mise en place de l’action, les gentils héros partent au combat, le robot fusionne et la première partie du niveau démarre. Après un premier mid-boss, on a un eye catch (une image fixe annonçant la pub, en gros) une publicité (fausse mais en lien avec l’univers de Geppy-X) un nouvel Eye Catch, une deuxième partie de niveau, un boss et une cinématique de fin d’épisode, “on est bien débarrassé du méchant”, *rires* et générique de fin, suivi d’une accroche pour le prochain épisode. 

Répétez cette structure  huit fois et vous aurez le jeu en entier. Fin.

Enfin, pas tout à fait.

Un robot géant peut en crasher un autre

Rappelez-vous, je vous ai indiqué que les choix narratifs étaient camouflés dans l’action, en fait, la forme du robot détermine les issues des niveaux. En effet, Comme Getter Robo, Geppy-X peut prendre trois formes, une rouge, une bleue et une jaune, qui peuvent convenir à différentes situations. Passer d’une forme à l’autre confère un temps d’invincibilité, donc c’est une façon de jouer prévue par le jeu. Terminer le niveau avec une forme spécifique entraîne une cinématique différente pour la fin de l’épisode, et permet un grand bouleversement à la fin du quatrième épisode (un rebondissement assez prévisible ceci dit, surtout si on connaît Getter Robo). Ce qui fait qu’on va avoir un embranchement caché au milieu du jeu en plus des différentes fins de niveau. Et on comprend alors pourquoi le jeu tenait sur 4 CD sur playstation ! D’autant qu’il est intégralement doublé, et par des pointures de l’époque (dont Akira Kamiya, la voix de Ryo Saeba et Kenshiro du Hokuto, par exemple, mais qui avait aussi doublé le héros de Yusha Raideen, dans les années 70, un animé de super robots, et Ryoma Nagare, le héros, tiens, de Getter Robo…) et beaucoup des musiques d’ambiance sont des chansons, elles aussi chantées par des pointures, comme Ichiro Mizuki (Mazinger Z) ou Crystal King (le générique original de Hokuto no Ken). Un bien bel ouvrage donc, qui s’inspire des grands dessins animés pour en faire une œuvre multimédia plutôt sympathique. Les séances animées ont bénéficié d’une remasterisation, et sont désormais en haute définition et enfin d’une fluidité, cinématographique (même si on sent qu’un coup d’IA d’upscale est passé par là), c’est propre et net.

Et du coup, c’est bien non ?

Ben…

Bof.

En fait, tout l’enrobage est effectivement très réussi et on salue le travail effectué pour faire penser qu’on est bien face à un dessin animé des années 90 qui pastiche un dessin animé des années 70, cependant, le principe d’un jeu vidéo c’est de pouvoir jouer, et de ce côté là, le jeu qui est entre les phases narratives est un peu loupé. On a le droit donc à un shoot’em up horizontal, avec des sprites plutôt grands, et l’action remplit bien l’écran, le Hud est assez complet avec différentes barres de puissance qui se chargent au fil des objets récupérés, ou des coups reçus. Le robot a deux attaques principales, qu’on peut charger pour lancer une attaque plus puissante, et une super attaque à lancer quand la jauge est à fond, et on peut se transformer en l’une des trois formes à tout moment, et puis… voilà. Bon c’est un shoot’em up, le concept c’est juste de tuer ce qui arrive par la droite de l’écran, le truc c’est que c’est vraiment mou du genou. Le robot se déplace comme s’il était dans un bol de savon, et les coups portés n’ont que peu de feedbackRetour d'expérience, on a l’impression de tirer au pistolet à bouchon sur un mur de liège, ce qui rend l’action un chouïa soporifique. La taille du sprite est assez trompeuse aussi, puisque sa hitboxUne hitbox (littéralement "boîte de collision") est une zone invisible associée à un objet ou un personnage dans un jeu vidéo, qui sert à détecter les collisions ou les impacts. est en fait uniquement le torse, mais ce n’est pas très lisible, et il n’est pas rare de prendre des coups alors qu’on est censément hors de danger. Ces parties de jeu sont aussi surprenamment courtes, et j’ai été assez surpris de voir le boss débarquer aussi rapidement dans certains niveaux. Bon, on va donc dire que le côté shoot n’est pas une franche réussite, malgré le soin qui semble y avoir été apporté, le jeu est un peu trop superficiel pour qu’on s’y intéresse longtemps. 

En avance sur l’actu !
Avatar
Shutan
En gros, ça dépend de ce que vous attendez, si vous cherchez un bon shoot’em up arcade avec de bonnes sensations, un scoring intéressant et un challenge relevé, passez votre chemin. Si par contre, vous aimez les dessins animés de robots géants, ou que l’animation des années 70-80-90 vous enchante, c’est une capsule temporelle tout à fait réjouissante déguisée en jeu de tir un peu nul. Intégralement traduit en français (bon pas très bien, mais ça fait sens avec son année de production originale) sa sortie était assez inespérée pour les curieux, surtout compte tenu de sa cote sur Playstation originale… 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *