Honeycomb: The World Beyond, le Subnautica-like qui reste trop en surface ?
Dès le premier coup d’œil, on ne peut que penser à un certain Subnautica. Et non, pas seulement parce que je fais une fixette, mais de la DA au style exploration-survie avec crafting et options de construction de bases, difficile de ne pas faire le rapprochement. La principale différence de prime abord est que l’on joue au-dessus de la surface. Toujours est-il qu’avec ses couleurs chatoyantes et ses mignonnes créatures, j’avais très envie de me lancer dans l’aventure et de voir ce qu’il nous réservait.

Alors que, sans grande surprise, la biodiversité de la Terre se meurt de façon exponentielle, un programme d’exploration spatiale est lancé dans l’espoir de trouver de nouvelles espèces de plantes, ou de quoi en créer, suffisamment résistantes pour pousser dans les conditions désormais difficiles sur Terre. L’objectif est de disposer de ressources fiables pour se nourrir ou filtrer l’environnement. Vous incarnez alors la bio-ingénieure Hennessy, qui débarque seule sur une planète inconnue, en attendant l’arrivée évidemment imminente du reste de l’équipe…
La planète en question, Sota7, est à première vue inhabitée, mais le développement de la vie, aussi bien animale que végétale, semble plus que prometteur. C’est d’ailleurs l’un des atouts du titre de Frozen Way : il suffit de voir quelques captures d’écran pour s’en convaincre, les environnements sont superbes. Le tout prend la forme d’une île paradisiaque à la végétation luxuriante, ponctuée de nombreux points d’eau du plus bel effet. Côté textures, la DA opte pour un léger aspect plastique, donnant presque l’impression de fausses plantes, ce qui pourrait rappeler le remake de Link’s Awakening, mais en moins marqué. Le tout offre de plus bien souvent des panoramas saisissants.
On va sauver le monde, mais d’abord un selfie
Le jeu ne s’y trompe pas et propose dès sa sortie un mode photo permettant de profiter au maximum de ces environnements. Je dois bien confesser qu’une partie non négligeable de mon temps de jeu y a été passée… Il est peut-être un peu léger en termes de filtres proposés, mais ce n’est pas vraiment nécessaire puisqu’on peut modifier le moment de la journée et donc l’éclairage qui va avec. On a en revanche le choix parmi pas mal de poses pour notre héroïne, et je dois dire que c’est effectivement bien amusant de prendre un selfie un peu débile à côté d’un animal curieux qui se demande ce que vous faites là…





Ah oui, car il y a aussi des animaux sur ce coin de Sota7. Et ils ont la particularité d’être tous extrêmement mignons. Attention, cela ne veut pas dire qu’ils soient inoffensifs : certains vous attaquent à vue, et pas forcément ceux que l’on pourrait croire au premier abord. Mention spéciale d’ailleurs au Linebid, une sorte d’ours très curieux qui pourrait bien vous faire tomber de votre chaise en apparaissant derrière vous… mais qui est en fait adorable.
Parmi leurs comportements, à l’instar des Camilla, une sorte de lama que l’on croise dès le début, le plus notable reste leur côté joueur. Ils imitent certains de vos gestes, comme s’accroupir ou sauter, avant d’afficher un air satisfait comme s’ils venaient de vous faire une bonne blague. Honnêtement, c’est quasiment impossible de s’en lasser, et cela me faisait toujours autant sourire après des dizaines d’heures de jeu. Et mieux encore, on peut bien entendu les caresser une fois leur confiance gagnée, souvent en commençant par leur donner à manger.
Match maker de l’espace
C’est d’ailleurs l’une des originalités du titre par rapport à ses modèles, la sélection variétale, aussi bien des plantes que des animaux. Afin d’atteindre vos objectifs, il va falloir croiser des sous-espèces entre elles, que l’on découvrira au fil de l’exploration des différents biomes de la carte. Pour les animaux, il faut construire un habitat artificiel où l’on amènera un mâle et une femelle de chaque sous-espèce, puis leur diffuser des phéromones et du Barry White – seule une de ces affirmations est vraie.
Même idée pour les plantes : il suffit de récupérer des graines et de les planter dans le même bloc de jardinage, ou de faire une greffe dans le cas d’un arbre. Il faut bien avouer que voir le résultat de nos expériences reste une récompense en soi, surtout lorsqu’il s’agit de découvrir les nouveaux bébés animaux.


Une grosse partie de l’aventure est donc consacrée à explorer les environs, scanner en main, à la recherche de toute nouveauté. Là-dessus, je reste un peu déçu qu’une partie non négligeable de la flore ne soit pas scannable, ne serait-ce que pour obtenir quelques informations de loreReprésente l'histoire et les traditions autour d’un univers de fiction, ne constituant pas l’intrigue principale d’une œuvre.. Seules les plantes ramassables peuvent en effet être analysée. Les eaux sont aussi étonnamment vides pour une planète qui semble pourtant regorger de vie. Et ce malgré ce que laisse entendre l’une des captures d’écran sur la page Steam du jeu, montrant une créature sous-marine apparemment agressive. Pour ma part, je n’ai rien croisé de tel, ni même aucune espèce animale sous l’eau, si ce n’est un occasionnel petit banc de poissons avec lequel on ne peut pas interagir.
Plus touriste que survivaliste
Un point qui illustre d’ailleurs parfaitement que, malgré les similitudes évidentes avec le titre d’Unknown Worlds, les deux jeux possèdent une philosophie assez différente. Là où Subnautica nous jette littéralement à l’eau, Honeycomb: The World Beyond prend beaucoup plus par la main. Le tutoriel indique même où installer sa base et comment progresser. On est davantage dans une promenade guidée que dans une véritable expédition de survie.



La gestion des ressources va dans le même sens. Pas d’oxygène ici, mais une jauge d’immunité qui diminue en restant exposé à l’environnement. Certaines zones sont plus dangereuses et font descendre la résistance plus rapidement, un peu comme lorsque l’on dépasse certains paliers de profondeur dans Subnautica. Manger des fruits permet de la restaurer, tandis que l’on peut fabriquer différents équipements pour augmenter sa résistance et tenir plus longtemps. Dans les faits, cela reste assez peu contraignant, à moins de ne vraiment pas faire attention et de se retrouver dehors en pleine nuit sans rien sous la main.
Oui, car les plantes et fruits ne poussent qu’à des moments précis de la journée, chacun ayant son propre calendrier. Le cycle est toutefois assez rapide, avec une repousse quotidienne. Le problème vient plutôt de leur durée de conservation, parfois si courte que certains aliments peuvent périmer avant même d’avoir eu le temps de passer une journée. Heureusement, on débloque rapidement un réfrigérateur pour mieux les conserver à la base, tandis que des seringues permettent d’accélérer leur croissance pour ne pas attendre.

On peut aussi fabriquer des seringues tranquillisantes pour neutraliser les animaux hostiles, même si ceux-ci représentent rarement une véritable menace. L’exploration reste de fait assez classique, avec quelques passages à débloquer faisant office de raccourcis, souvent en dégageant des éboulements rocheux. Rien de particulièrement révolutionnaire. À l’inverse, on débloque un overboard, qui, une fois maîtrisé, est particulièrement satisfaisant à utiliser, avec une véritable sensation de vitesse qui rend les allers-retours beaucoup plus plaisants.
La fin laisse sur sa faim
Le titre a d’ailleurs reçu de nombreux petits correctifs et améliorations depuis sa sortie, ce qui est toujours appréciable. Ce qui nous fait nous demander si une ou deux semaines de polish supplémentaires n’auraient pas été les bienvenues. Plusieurs petits détails peuvent en effet agacer. Les fabricateurs peuvent utiliser les objets stockés dans les conteneurs situés à proximité, ce qui est très pratique, mais leur rayon d’action ne couvrait initialement même pas une unité d’habitation complète. Un problème heureusement corrigé depuis dans un patch. En revanche, il reste impossible de placer ses propres marqueurs sur la carte, et on observe encore parfois des textures au sol qui se chargent mal. On ne peut pas non plus personnaliser les couleurs de ses constructions ou de son véhicule, qui en plus d’une maniabilité étrange et d’une certaine lenteur, à tendance à se cogner un peu partout. Plus gênant encore, il est facile de se retrouver bloqué dans le décor sans véritable moyen de le récupérer : le jeu nous expulsant automatiquement de l’habitat, sans possibilité de remonter dedans.


Si l’ambiance est plaisante, la musique, elle, ne m’a pas particulièrement marqué, à l’exception de rares biomes qui profitent de compositions plus réussies et contribuent réellement à les rendre plus mémorables. Rien de catastrophique, mais on est loin d’une bande-son aussi remarquable que chez certains de ses concurrents.
Pour finir, après tout ce temps passé à explorer Sota7, on aurait aimé que l’aventure se termine sur quelque chose d’un peu plus consistant. Sans trop en dévoiler, la conclusion arrive assez brutalement et laisse surtout l’impression que certaines choses restent à raconter. Elle laisse en tout cas suffisamment de portes ouvertes pour imaginer un futur DLC, voire une suite. Reste également une petite énigme concernant certaines statues et autres objets trouvés dans des recoins un peu cachés de la carte. Je n’ai pas vraiment compris leur utilité : simples collectiblesObjet d'inventaire devant être collectionné. ou éléments d’un contenu plus important ?





