IRON NEST: Heavy Turret Simulator sort l’artillerie lourde !

IRON NEST: Heavy Turret Simulator sort l’artillerie lourde !

Si on vous parle du jeu avec le gros canon, vous aurez forcément tendance à penser à Planetenverteidigungskanonenkommandant (ou PVKK). On reste encore en attente de la sortie de ce dernier, mais laissez-moi vous parler d’Iron Nest, l’autre jeu du gros canon, qui prend une direction légèrement différente, créé par Nick Nieuwoudt et Dominik Latos, deux développeurs indés.

Syndrome de la tourelle

Fin 1920, dans un monde où la Première Guerre mondiale n’a pas eu lieu, la quasi-totalité de la péninsule Ibérique existe sous le royaume de Castille et non l’Espagne. La monarchie est encore en place et cela ne plaît pas à une partie de la population : une guerre civile éclate entre les rebelles anti-monarchistes et la royauté castillane. On le sait, dans ce genre de cas, la première chose mise en place est une force de frappe armée suffisante. C’est là qu’intervient la création de l’Iron Nest, une artillerie montée sur pieds de 5 000 tonnes, équipée de deux canons de 800 mm (oui, c’est très gros).

Vous êtes l’Opérateur, seul manutentionnaire présent dans l’Iron Nest, accompagné de votre chat (que j’ai appelé Grobatchev). Vous êtes le bouclier de fer de la monarchie dans la lutte contre les rebelles républicains, mais aussi dans les conflits directs avec les différents pays limitrophes, bien décidés à récupérer du territoire.

Regardez-le, avec sa petite casquette comme il est mignon !

Pour cela, Iron Nest se positionne comme un simulateur, comme l’indique son sous-titre. Vous allez recevoir des informations sur vos cibles, et il va falloir effectuer des mesures en fonction des données à votre disposition puis les reporter sur la grande carte de bataille au milieu de la pièce. Le QG central vous envoie des informations sur votre position et celles des observateurs de terrain ; ces derniers vous donneront des coordonnées comme l’azimut ou la distance depuis leurs positions (avec une marge d’erreur). À partir de là, il faudra croiser les données pour obtenir le bon emplacement de vos cibles. Si besoin, vous pouvez même faire appel à un avion de reconnaissance histoire d’avoir un visuel supplémentaire qui révélera la position exacte de votre cible (mais il faut déjà savoir vers où chercher et, parfois, il ne sera pas disponible).

Une fois les cibles acquises, c’est là que le fun commence. Il va falloir saisir les coordonnées trouvées dans une console qui vous donnera le nombre de charges de détonation nécessaires pour que l’obus atteigne la bonne distance, ainsi que l’angle de tir et la direction. Il faudra charger tout cela manuellement en plaçant l’obus dans le canon, puis manœuvrer les mécanismes de ce gigantesque monstre en essayant d’être le plus précis et efficace possible (il arrive parfois d’être dans l’urgence, avec des tirs de barrage qui répliquent dans votre direction au bout d’un temps imparti). Charger, armer, tirer et prier pour que vos déductions soient bonnes et que vous n’ayez pas touché un collègue.

D’ailleurs, plus le jeu avance, plus vous aurez des obus différents : explosifs ou pénétrants, avec une zone de détonation plus ou moins grande, des obus éclairants pour faire de la reconnaissance à des endroits précis, du napalm, du gaz, etc. Toute une tripotée d’armements est à votre disposition, que vous pourrez commander à la volée depuis une petite console en échange de ressources de guerre gagnées en réussissant des objectifs ou en éliminant des cibles. La grande variété d’armes permet d’adapter son style de jeu aux différentes situations. Malheureusement, j’aurais aimé que le jeu nous force à être plus créatifs. Même avec le système de ressources de campagne, je n’ai jamais vraiment été à court d’argent et j’ai pu largement utiliser toute la force de frappe nécessaire sans jamais manquer. Certes, cela ajoute de la souplesse à un jeu qui peut s’avérer submergeant pour certains, mais il aurait été intéressant d’avoir des ressources limitées sur chaque mission plutôt qu’un compteur qui se cumule au fur et à mesure. On aurait eu une dimension « puzzle game » plus prononcée pour caser tout l’armement nécessaire à une opération et devoir faire des choix drastiques (comme s’attarder sur des cibles secondaires pour récupérer de la ressource et se payer du matériel particulier).

Voici un exemple de ce qui vous attend la grande majorité du temps sur le plateau de guerre : des droites, des courbes, des repères et un gros chat fatigué.

Cette petite remarque sur le gameplayOu « jouabilité » en français, fait référence à la façon dont le joueur interagit avec un jeu vidéo. n’enlève rien au côté très grisant de réussir ses calculs et de toucher une cible en plein milieu du premier coup sans déborder. Certaines missions vous demanderont même de tirer sur des navires de débarquement en mouvement, en gardant en tête la vitesse du bateau en nœuds et le temps de trajet de l’obus en mètres par seconde (clairement le moment le plus intense du jeu). Le fait d’être seul dans notre canon de campagne fait qu’on est au four et au moulin : il faut se préparer au mieux pour faire le moins d’allers-retours possible (heureusement qu’on a deux canons !).

Sous ses airs de jeu rigolo (enfin, moi je trouve ça rigolo), Iron Nest parle tout de même de guerre. Même si c’est ancré dans de la fiction, le titre s’inspire beaucoup des conflits armés sous des dictatures et des monarchies, mais aussi de la propagande véhiculée par les médias. À chaque fin de mission, on a la possibilité de lire la dépêche du gouvernement qui donne souvent un point de vue sur le conflit très différent de la réalité du terrain. Le jeu interroge le joueur et l’artilleur répondant aux ordres sur les conséquences directes de ses actes. Sous couvert d’une ambiance « nerd » de gros canons et d’obus, il est appréciable de voir un jeu plus malin, porté par un vrai discours politique engagé, surtout sur la fin (mais je n’en dis pas plus).

H0wler
Iron Nest est une vraie surprise. Alors qu’on pourrait s’attendre à un simple simulateur de canon, il propose une seconde lecture qui interroge le joueur tout au long de sa progression. Il conserve un gameplay amusant et satisfaisant qui le place très haut dans la liste des jeux marquants de l’année, même avec quelques bémols par-ci par-là. Il mérite largement sa sélection GSS, et promis, la présence d’un chat au sein de cette forteresse n’a absolument pas influé sur cette décision (un peu quand même).

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