Sauve le LOVE et ne t’arrêtes jamais, Girlypop !
« Don’t Stop, Girlypop! » est le premier jeu Australien de Funny Fintan Softworks et pas des moindres. En effet il mélange toute l’atmosphère Y2K qu’on adore dans un FPS bourrin mais très rose bonbon. Et ça fonctionne.
SHOOT, RUN, LOVE
L’introduction nous met rapidement dans le bain : une multinationale envahit le monde à la recherche du Love, une ressource rare dont ils tentent d’en obtenir la primeur. En tant que personne d’ailleurs non genrée dans le scénario, vous allez devoir prendre les armes et combattre tous ces robots de l’espace au look improbable, en espérant atteindre le QG de cette société et empêcher leurs plans machiavéliques d’être menés à bien. Simple, efficace, déjà vu certes… Mais clairement pas sous cette forme.

Très rapide, furieusement bourrin, Girlypop se permet pas mal de petites originalités visuelles qui le rendent vraiment unique. C’est excessivement coloré, de façon vive, avec du mélange de bleu, de rose, de violet, de vert éclatant et symbolique. On prône la beauté du monde, la paix, l’ouverture d’esprit dans un univers où le brut et la violence tentent de percer. Ça ne vous rappelle rien ? Ce sera aussi pour ça que Girlypop trouvera écho chez beaucoup de joueurs, mais pas que. Ce sera aussi pour sa bande-son, rythmant vos moments de parkour et de tir avec une belle efficacité auditive. C’est pop, c’est girly, c’est entraînant et ça ne cesse d’être génial. C’est finalement un peu Doom Eternal si John Carmack était un énorme fan de Dua Lipa.

Entre deux appels de votre boss (dont la présence est filmée, en réel, ce qui donne un vrai cachet étrange au jeu), vous devrez donc enchaîner les plateformes en sautant sur les murs, jouer du grappin pour vous propulser afin d’atteindre des zones d’arènes où faire « parler » vos armes. Mitraillette, shotgun, tout est bon pour éclater les mosaïques ennemies avec quelques seconds tirs bien pensés. Par exemple, une de vos armes vous permettra de lâcher une orbe qui, une fois visée et tirée, éclatera en plusieurs projectiles pour nettoyer la zone. C’est directement inspiré d’une célèbre arme d’Unreal Tournament pour les connaisseurs, et ça faisait longtemps qu’on ne l’avait pas vue.
Si vous frappez vos ennemis jusqu’à la mort, vous pourrez aussi les terminer avec un coup de sabre bien placé. Il y a vraiment de tout dans ce jeu, voire parfois un peu de trop : pas grave, on picore ce qu’on aime, on utilise ce qu’on veut et on s’éclate. Tout ennemi tué nous permet de récolter du Love et à chaque fin de niveau vous serez jugé avec une note allant jusqu’à S+ sur vos compétents de tir et votre rapidité. A vos claviers.
Et Girlypop est même plutôt long : gardez au moins 8 heures de votre temps pour le finir et collecter toutes les petites surprises de loreReprésente l'histoire et les traditions autour d’un univers de fiction, ne constituant pas l’intrigue principale d’une œuvre. qui vous attendent, avec du journal audio des familles mis en scène en ombrage sur les murs. Un bel effet malin, très girly, qui rentre totalement dans cet univers fait avec simplicité mais efficacité. On peut même y changer la texture et les décorations de nos bras, comme pour les pimper devant la glace avant de s’en servir pour éclater des têtes. Indispensable !

Reste la répétitivité, évidente. Les niveaux sont tout de même très « jeu vidéo » avec quelques moments de recherche de chemin qui prouvent que ça reste un titre qui manque quand même de feedbacks pendant son développement (mais rien de bloquant !) et on croit peu à l’univers en dehors de son aspect visuel et musical, ce qui est déjà pas mal.
On dirait un énorme niveau de REZ ou un Space Channel 5 qui aurait mal tourné, c’est sans doute pour cela que je l’aime : toute cette esthétique rappelant les œuvres de Tetsuya Mizuguchi est du plus bel effet, avec un aspect un peu occidentalisé sans trop en faire. Mais ça reste un parti pris qui tranchera auprès du public. Aussi, la constitution du monde en niveaux « à l’ancienne » (allant jusqu’au nom de ceux-ci en mode E1L13) risque de casser un peu le mood parfois, mais c’est aussi le meilleur moyen de se motiver à « relancer une partie ». Bref, il fait de son mieux, du mieux qu’il peut, et tente de le faire bien. Et c’est adorable.





