Fear The Timeloop : le challenger que l’on n’attendait pas
Après la vague des survival horror reprenant les codes des classiques des années 90, il est rafraîchissant de voir débarquer d’autres variations du genre. Fear the Timeloop se rapproche davantage des excellents remakes de Capcom, avec une vue à la troisième personne tout en intégrant quelques idées originales et un twist bien senti, comme son titre le laisse déjà entendre.
Le shérif James Cooper, dernier représentant d’une lignée d’officiers de la loi d’une petite bourgade, entame l’aventure de la pire des manières… Sans aucun souvenir, il se réveille dans ce qui semble être la morgue d’un hôpital, se vidant lentement de son sang à cause d’une blessure par balle à l’aine. Quinze minutes plus tard, il succombe… avant de se réveiller à nouveau à son point de départ, la morgue.

Vous l’aurez compris, Fear the Timeloop intègre des mécaniques de rogue-lite et de boucle temporelle. Plus précisément, vous disposez de quinze minutes avant que la journée cauchemardesque de Cooper ne recommence. Là où c’est malin, ce compte à rebours fait également office de jauge de santé, chaque coup reçu diminue le temps restant. Des objets de soin permettent tout de même de prolonger le compte à rebours : les bandages ralentissent l’hémorragie, tandis que les poches de sang le font augmenter. En cas de mort, aucun objet n’est conservé, mais les connaissances acquises restent disponibles, facilitant ainsi l’accomplissement des objectifs dans les boucles suivantes.
Heureusement, le jeu ne se résume pas seulement à une simple boucle. Remplir ses objectifs vous permet de trouver des cassettes VHS qui enrichissent le loreReprésente l'histoire et les traditions autour d’un univers de fiction, ne constituant pas l’intrigue principale d’une œuvre. et servent de points de sauvegarde marquant la fin d’un chapitre. En cas de décès, vous redémarrez alors depuis la dernière VHS activée, avec un timer remis à quinze minutes et tout votre équipement conservé.


Car oui, malgré ses spécificités, le titre de TacoEaters reste avant tout un survival horror à la structure très classique. Safe rooms, coffre de stockage, inventaire limité et sauvegardes restreintes par des consommables sont bien de la partie. Des bobines de films permettent aussi de sauvegarder entre les chapitres, mais elles sont peu nombreuses, et ne restaurent pas le timer.
Les combats s’inscrivent eux aussi dans la tradition du genre : lourds et exigeants, ce qui participe à la tension et la sensation de danger. Le bâton de police permet d’économiser des munitions face aux ennemis isolés, tandis que d’autres créatures nécessitent une puissance de feu plus conséquente. On note toutefois un souci d’input occasionnel obligeant à baisser puis relever sa garde pour attaquer à nouveau, ce qui peut coûter de précieuses secondes et mène souvent à une blessure frustrante.



Par la suite cependant, la difficulté s’atténue progressivement. L’accumulation de munitions, l’obtention de nouvelles armes, et une efficacité encore accrue des attaques au corps à corps rendue possible grâce à une compétence, réduisent la tension initiale. De fait, le concept de timeloop finit lui aussi par perdre de son importance, finissant par tenir du gimmick sur la fin de l’aventure. Le jeu revient alors à une expérience plus classique, mais n’en perd pas pour autant son intérêt. L’ambiance reste intacte grâce à un travail soigné sur l’éclairage et l’utilisation de la lampe torche très bien intégrée dans les environnements les plus sombres. C’est également à ce moment que les révélations scénaristiques s’accélèrent pour maintenir l’attention.





L’intégralité de l’aventure se déroule dans l’hôpital, dont l’exploration s’ouvre petit à petit via des objets-clés obtenus à chaque nouveau chapitre. On débloque aussi des raccourcis pour faciliter les allers-retours. Le level design est globalement réussi, facilitant l’orientation et permettant d’explorer les lieux avec plaisir… et appréhension tout de même. Petite particularité, certaines portes reliées à un même interrupteur s’excluent mutuellement au cours d’une même boucle, incitant à relancer le cycle pour explorer toutes les possibilités avant de figer sa décision en terminant un chapitre.




