Flesh Made Fear : c’est dans les vieux pots qu’on fait les vieilles recettes
Encore un jeu à l’esthétique rétro 3D époque Playstation première génération. Vous allez dire, il exagère ce Cactus ! Bon déjà ce n’est pas moi qui ai lancé la tendance, et ensuite… Bon d’accord, je dois dire que je suis effectivement assez friand du style. Tout va bien tant qu’on ne s’en lasse pas. L’avantage, c’est qu’on n’a pas besoin d’un GPU à 1000€ branché sur une centrale nucléaire pour les faire tourner.
En un mot comme en sang, Flesh Made Fear est un survival horror à l’ancienne, un hommage total aux jeux du genre, Resident Evil en tête. De fait, soyez prévenu : il s’agit d’un titre résolument old school, bien plus encore que le récent Tormented Souls 2 qui faisait pas mal de concessions. Ici, on a le droit à la totale. Pêle-mêle, on retrouve des contrôles tankManiabilité rétro où le joueur déplace son personnage en fonction de l'orientation de celui-ci, c'est-à-dire sa position relative. obligatoires, des sauvegardes utilisant un consommable, des safe rooms avec un coffre de stockage, et un inventaire limité. La difficulté est d’ailleurs bien au rendez-vous avec de nombreux ennemis et surtout des munitions qu’il faudra penser à rationner, pour ne pas se retrouver à court. On peut d’ailleurs équiper des couteaux pour réaliser des attaques de mêlée. Pratique quand un ennemi est esseulé, mais on tombe assez souvent sur plusieurs zombies, voire des mini-hordes. Mieux vaut avoir le fusil à pompe pas loin dans ces moments-là.
Les énigmes seront, elles aussi, de la partie. Rien de bien compliqué cependant, encore plus pour les joueurs d’expérience. Dans tous les cas, vous ne devriez probablement pas être bloqué par elles dans votre progression.



Comme le veut la tradition, une bonne partie de la narration se déploie sous forme de journaux écrits ou d’enregistrements audio, avec quelques séances de dialogues, voire des cinématiques.

Là aussi, le clin d’œil aux années 90 est bien présent. Une introduction digne des plus grandes séries B d’époque, où l’on voit un groupe d’intervention se rendre dans le village isolé au doux nom de Rotwood – franchement, ils cherchaient – à la recherche d’un savant fou ayant au préalable bossé sur le fameux projet MK Ultra, du gouvernement des États-Unis. À peine arrivés qu’ils se retrouvent bloqués devant un pont levant, et, assurément, décident de se séparer en petits groupes, avant que l’on ne se retrouve rapidement seul par la force des choses. Il ne vous restera alors plus qu’à explorer les lieux pour chercher un moyen de retrouver vos compagnons et mettre la main sur ce fameux Dr Ripper. Vous pouvez d’ailleurs choisir votre personnage au début du jeu, Natalie possédant plus d’emplacements d’inventaire, alors que Jack a plus de vie et de munitions.
Les dialogues sont simples et savoureux, avec des acteurs qui se sont fortement inspirés des meilleurs doublages des classiques du genre 30 ans plus tôt. Du moins, j’ose espérer que c’était l’effet recherché. Dans tous les cas, ça fonctionne à merveille.
Vous l’aurez compris, mais Flesh Made Fear ne fait pas vraiment dans l’originalité. Et ce n’est évidemment pas un mal tant que 1- l’on sait ce qu’on cherche ; 2 – ça reste bien fait. Et ça tombe bien, le titre de Tainted Pact réussit son contrat en maitrisant parfaitement la formule. Ils amènent aussi quelques petites touches personnalisées.





REDsident is dead
Principalement via un univers particulièrement gore, jouant beaucoup sur les nuances de rouge, et magnifiquement mis en avant par des angles de caméra fixes judicieusement choisis. Même avec ces graphismes rétro, Flesh Made Fear en met plein la vue. Il va de soi qu’il faudra être réceptif à un style qui ne s’adresse pas à tous. Un genre de beauté inquiétante et oppressante. Mais je ne compte plus le nombre de fois où je me suis retrouvé impressionné par le tableau devant mes yeux, à vouloir prendre une capture d’écran alors même que j’étais poursuivi par quelques autochtones un peu trop collants. Ce qui, rétrospectivement, pourrait expliquer un bon nombre de mes game over…



Le jeu est aussi particulièrement brutal, avec beaucoup d’effusions de sang, jusque dans les détails. On laisse par exemple une traînée de sang constante lorsque l’on est blessé, ce qui semble n’être qu’un effet visuel, puisque l’on ne perd pas de la vie avec le temps, bien que l’on ait l’impression de semer des hectolitres derrière soi. Plus excessif encore, les ennemis abattus finissent tous par littéralement exploser en mille morceaux. C’est gore à souhait et pas de doute, on est bien dans un style série B… On pourra même croiser des enfants zombies lors d’une visite d’un établissement scolaire.
Le bestiaire d’ailleurs est plutôt intéressant. Pas forcément très varié ni nouveau en termes de mécaniques. On retrouve les zombies de base, des créatures qui explosent dans un nuage d’acide une fois au contact, ou d’autres plus rapides du genre reapers de Resident Evil, etc. Pour la plupart, ils sont cependant très réussis, parfois même assez dérangeants. Malgré le côté série B, les monstres couplés à une BO qui fait vraiment un travail d’ambiance saisissant avec pas mal de dissonances, parviennent à créer de bons moments de tension.
Bien sûr, on a aussi le droit à des boss possédant tous des noms plus rassurants les uns que les autres tels que le Bubonic Behemoth par exemple. Ceux-ci brilleront principalement par leur design. Au niveau du gameplayOu « jouabilité » en français, fait référence à la façon dont le joueur interagit avec un jeu vidéo., il suffira la plupart du temps de comprendre leurs patternsDésigne une séquence d'actions ou de mouvements qui se répète. Ex : attaque ou combo ennemi, une série d'événements... d’attaques afin de limiter au maximum les dégâts subis, et de les cribler de suffisamment de balles pour en venir à bout.
Pour finir, je vous conseille également de tendre l’oreille à la musique du menu qui vous plonge directement dans l’ambiance, on se penserait presque comme plongé dans un film de Carpenter.





