GAMESCOM 2026 – Tomb Raider: Legacy of Atlantis est-il assez moderne ?

GAMESCOM 2026 – Tomb Raider: Legacy of Atlantis est-il assez moderne ?

Lara Croft est de retour, toujours chez Crystal Dynamics qui s’en occupe tout de même depuis avoir repris le flambeau avec Tomb Raider : Legend en 2006. On s’en rappelle : Core Design s’était vu retirée la série par Eidos et les créateurs (entre autres) de Legacy of Kain : Soul Reaver se sont retrouvés avec la charge de rebooter l’univers de Tomb Raider. Eh bien en 2027, les voilà prêt·es à en refaire de même.

Atlan-Tease le prochain jeu

Cette fois, ce n’est ni pour Eidos Interactive, ni pour Square Enix mais bien pour Amazon Games. Et alors surprise : tout est canon. C’est un beau bazar, on ne va pas se mentir, mais désormais on sait que non seulement les 5 premiers jeux originaux de Core Design font partie de l’univers et que la trilogie « Survivor » mélangeant Tomb Raider 2013, Rise of the Tomb Raider et Shadow of the Tomb Raider est directement incluse dans la timeline. La preuve : notre Lara de Tomb Raider: Legacy of Atlantis possède le célèbre Climbing Axe rouge qui lui sert aussi d’arme de mêlée redoutable ! Et alors, cerise sur le gâteau : Crystal Dynamics affirme que sa trilogie Legend/Anniversary (encore un remake du tout premier !)/Underworld est canon aussi. Bref, le Marvel Cinematic Universe fait des petits, mais là, on n’est pas contre un mode d’emploi. Sans parler du fait que la série live à venir fait aussi partie intégrante de tout cela.

Reste qu’en grand fan de Tomb Raider, personnellement, cela me va très bien. Et j’ai eu la chance de voir le jeu tourner, ce qui me permet de vous en dire du bien, comme du moins bien, mais de vous assurer que le jeu a beaucoup à dire contrairement à ce qu’on pourrait croire. Surtout qu’il est important : rappelez-vous que Tomb Raider: Legacy of Atlantis n’est que le premier jeu de la série pour Amazon et qu’il va surtout servir de prologue à Tomb Raider : Catalyst, une toute nouvelle aventure à venir plus tard. Le pari est donc très risqué pour le studio.

Tomb Raider: Legacy of Atlantis c’est donc, encore, un remake du tout premier jeu Tomb Raider. Si l’Anniversary de 2007 avait déjà proposé cela, tout en incorporant son histoire dans la trilogie Legend/Underworld de façon intelligente, là on est surtout sur une énorme réinterprétation libre de l’original. Comment cela va se comparer à Anniversary ? Celui-ci va-t-il partir du canon ? Je l’ai déjà dit, on n’y comprend encore pas grand-chose, mais on a hâte de savoir. En attendant, Tomb Raider: Legacy of Atlantis va tenter d’être bien plus malin encore.

La femme de Vitruve

Déjà parce qu’il reconstruit de zéro les niveaux passés dans un Unreal Engine 5 assez magnifique. On n’est plus trop étonné·es (tristement) de la qualité visuelle des jeux en extérieur de nos jours, tout du moins pas avant de les découvrir manette en main dans notre salon, mais force est de constater ici que c’est vraiment dépaysant. L’aventure semblait réellement lumineuse et paradisiaque, à grands coups de canon scié dans la bouche de fauves qui viennent vous attaquer certes, mais au moins : c’est joli !

Parlons-en des attaques, histoire de toucher du doigt l’un des soucis du jeu en l’état. Les combats semblent vraiment ennuyants. Mais le vrai problème, c’est cette roulade certes stylée mais complètement illogique. Lara virevolte à 360 degrés, les jambes en cercle façon Homme de Vitruve de Léonard de Vinci, et si c’est stylé une fois, à répétition c’est un peu ridicule. Quand il est question par contre de l’effectuer en bullet-time comme dans un Max Payne moderne, c’est classe : mais s’il vous plaît, quand ça sert d’esquive à répétition, on souffle. En présentation, celui qui jouait le faisait à outrance et vraiment ça n’avait aucun sens. Au final, le studio nous a envoyé une vidéo et « c’est ok » car ce 360° n’apparait qu’une fois ou deux et surtout au ralenti, remplacé par des esquives dans toutes les directions qui manquent de punch et de réalisme, mais sont moins ridicules. Je vous avoue : j’ai été rassuré au visionnage, mais quid du jeu final sur cet aspect !

Surtout que s’il y a un point un poil rassurant dans cette preview, c’était la sexualisation de Lara. On est clairement devant un jeu qui assume que son héroïne a du charme et qu’elle le met en avant : pas ma came à titre personnel, surtout qu’on a le droit à pas mal de super-héroïnes bien plus modernes et tout aussi charismatiques de nos jours, mais pourquoi pas après tout, si c’est bien fait ! Et globalement, en toute honnêteté, j’ai trouvé ça très ok. Alors oui, le fait que ce soit en troisième personne et qu’on passe son temps à voir le mini-short de Lara dans l’action donne pas mal de scènes en male gaze plus ou moins volontaire. On n’est clairement pas sur le jeu le moins opportuniste en termes de représentation sexy d’un personnage féminin. Mais je veux croire qu’ielles savent ce qu’ielles font dans l’équipe, plutôt diversifiée par ailleurs, avec laquelle j’ai eu la chance de discuter après la présentation et qui nous a promis que c’étaient des questionnements réels pour elleux, surtout après la trilogie Survivor qui a tant fait couler d’encre.

L’oeuf ou la poule ?
Uncharted ou Tomb Raider ?

Sinon : Lara cabotine, parle seule et se fait des blagues et des références façon Uncharted, tout en ayant ce petit « je ne sais quoi » d’Indiana Jones qu’on avait pas mal perdu sur les précédents épisodes. En ça, la formule semble déjà vue et revue, mais quand c’est Lara Croft (littéralement celle qui a créé le genre), on l’accepte plus facilement, je crois. Mais il faut vous attendre au strict classique du genre : découvrir une grande salle, en comprendre les mécanismes, sauter de plateforme en plateforme pour activer des leviers, éviter des pièges et ouvrir des portes jusqu’à la prochaine énigme ou au prochain affrontement contre un animal sauvage qui n’avait rien demandé.

Autre chose de plutôt cool : on pourra débloquer plusieurs costumes de la saga en trouvant les reliques cachées dans chaque niveau.

Là où par contre j’ai dû mettre ma tête dans mes mains de consternation, c’est sur deux points précis qui gangrènent le jeu vidéo moderne : le craft tout d’abord, où Lara peut concocter des potions pour se remettre de la vie. Avait-on vraiment besoin de ça ?

Mais ce n’est rien face à ce moment où on nous explique que « ce piège peut être désactivé en tirant dessus de loin. Mais malheureusement vous n’avez pas assez de portée avec vos pistolets ! Heureusement vous pouvez dépenser un point de compétence dans votre Skill Tree pour pouvoir tirer plus loin ». On n’en peut plus des arbres de compétences qui ne servent qu’à limiter le joueur et à fausser la progression et la difficulté. Pour moi c’est un aveu d’échec sur un tas d’idées et je suis un peu triste que Tomb Raider retombe dans ce travers.

Skywilly
Je ne peux pas dire avoir passé un mauvais moment à la découverte de Tomb Raider: Legacy of Atlantis. Au contraire : ayant grandi avec Lara Croft, je trouve que Crystal Dynamics reste la meilleure équipe à même de raconter quelque chose de passionnant avec ce personnage et le jeu semble très beau, très malin, à défaut d’être réellement moderne dans son approche de progression. Il y a évidemment cette esquive ridicule qui me questionne encore, mais gageons qu’ielles prendront le temps de s’y pencher. Aussi, c’est « un peu trop Uncharted » pour me sembler réellement original : si ce n’était pas Lara Croft, je pense qu’il serait très difficile pour le jeu d’exister en l’état tant il semble tout de même très classique. Enfin, j’espère vraiment que l’écriture de Lara sera à la hauteur de ce qu’on en attend toustes. Lara Croft et son évolution, réussie ou non, c’est une tonne de débats qui ont aussi servi à ma déconstruction et j’aimerais, secrètement, que cela continue et pour moi, et pour les générations à venir.

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