Le nom était trop long donc je vous propose qu’on le nomme « Dans la Baleine »…
Son vrai nom, c’est A Completely Fictional Story About a City Inside a Whale et si c’est très rigolo, ça reste très ennuyant à écrire et à se rappeler. Pas sûr que la blague soit très maligne d’un point de vue marketing mais… C’est fait ! Et puis le marketing, finalement, quand on a un jeu aussi fou que celui-ci, à quoi bon. (C’est faux, c’est toujours important).

Dans la baleine, donc…
Vous conduisez un bateau, voire un rafiot vu l’état du bousin. Tout de bois vétuste. Pour le faire avancer à la manette ou au clavier, il faut le remonter de façon régulière avec une petite manivelle, afin d’augmenter l’énergie dans les rouages. Énergie qui descend peu à peu et vous demande donc de toujours remonter le bateau comme un petit jouet d’enfant des années 60. C’est intéressant dans le concept, mais ça va mettre beaucoup de joueureuses sur le côté. Parce que c’est rébarbatif et qu’au-delà du gimmick, ça n’apporte rien. Heureusement, rapidement, dans la grande carte qu’est le ventre de cette baleine du titre, vous pourrez trouver de nouveaux rouages pour augmenter l’énergie et remonter moins souvent le tout. Ouf !
Mais ça se joue comment, « A Completely… » truc machin ? De haut donc, petit bateau, vous le faites avancer sur la carte et parlez à un maximum de monde grâce à votre curseur. Pas besoin de toucher ou d’approcher de trop près les objets et les gens avec votre engin pour interagir : le curseur suffit à cela. Vous collectez un maximum de pièces, une monnaie importante puisqu’au cœur d’absolument toute l’évolution de votre aventure. Et sur le pont de votre bateau, vous pouvez stocker un objet. Ou une personne. Toujours en utilisant le curseur et en l’amenant dessus. Vous l’aurez vite compris : il va s’agir de faire pas mal d’allers-retours entre les zones pour ramener le corps d’un squelette à son crâne bavard, ramener un·e fantôme sur le banc de ses souvenirs, etc. Allers-retours, en voulez-vous ? En voilà !

Pour dynamiser un peu le tout, il y a aussi quelques mini-jeux très classiques, des petits puzzles et évidemment, les déplacements eux-mêmes qui nous demandent d’esquiver des boules de goudron qui vous ralentissent ou de faire éclater des bulles au curseur avant qu’elles ne vous changent de trajectoire en les heurtant. Et tout cela dure environ 2/3 heures pour en voir le bout en ligne droite. Comptez le double pour le 100 %.
Un essai qui prend l’eau
Honnêtement, le jeu donne envie à la découverte mais se perd rapidement dans un manque furieux de contenu intéressant. On accroche un peu grâce à l’univers foldingue, mais les commandes avec le curseur manquent de précision. On a un gros curseur pour plein de petits objets qui parfois se cachent derrière des personnages, des bulles de discussion, le décor et j’en passe. C’est frustrant et ça empêche trop souvent de rentrer pleinement dans la partie.
L’humour est aussi très enfantin et ne plaira pas à tout·e·s, mais je dois avouer que de mon côté, c’est un peu ce qui me faisait rester : l’envie de voir où va le délire et de se rendre compte à quel point ce petit jeu, avec un meilleur gameplayOu « jouabilité » en français, fait référence à la façon dont le joueur interagit avec un jeu vidéo., peut être un très bon moment à partager à deux, avec quelqu’un de plus jeune ou qui connaît moins le jeu vidéo. Je pense que c’est toujours le cas… mais moins efficacement.

A Completely Fictional Story About a City Inside a Whale est une sympathique découverte mais qui s’épuise beaucoup trop vite, la faute à une absence de maîtrise de certains élémentaires du Game Design et de l’accessibilité.




