Murphy veut imposer sa loi dans Foolish Mortals
Parmi la pelletée de Point & ClickSous genre du jeu d'aventure graphique popularisé dans les années 80s/90s, généralement contrôlé à la souris. attendus cette année, Foolish Mortals était en bonne position, surtout après une démo montrant ses ambitions : un jeu d’aventure spooky not scary possédant une dose d’humour, sans pour autant piétiner la chasse au trésor qu’il propose. Un peu dans le ton d’un Broken Sword, par exemple.

Murphy McCallan est mandaté à la recherche d’un trésor supposé disparu lors d’un bien étrange mariage sur la pittoresque île isolée de Devil’s Rock. En effet, 30 ans plus tôt, alors que les trois frères de la future mariée Abigail Bellemore avaient été portés disparus dans les semaines précédant l’évènement, le mariage fut d’autant plus bouleversé lorsqu’à la veille du jour J, Abigail décida de changer subitement de mari… Pire encore, un flash de lumière fluorescente retentit dans le manoir dans lequel avait lieu la cérémonie et toutes les personnes présentes ne furent plus jamais revues.
Devil’s Rock et sa ville principale de Deadnettle sont situés en Louisianne, c’est donc tout naturellement que vous pouvez vous attendre à ce que ces étranges événements aient un lien avec le vaudou. Outre les quelques clins d’œil obligatoires au roi Monkey Island, vous visiterez le bayou et ses alligators, et devrez trouver les éléments nécessaires à la réalisation non pas d’une poupée vaudou, mais d’un sort qui doit vous mettre sur la voie du trésor caché. Évidemment, quand le vaudou est impliqué, rien n’est jamais si simple.
Pour un premier Point & Click, Inklingwood Studios réalise un très beau travail. Visuellement, Foolish Mortals propose une 2D dessinée très propre, avec un style cartoon sérieux, presque bande dessinée. C’est beau, extrêmement détaillé, mais reste à mon goût un peu trop lisse. Même si certains écrans sont tout de même plus macabres. Au niveau des animations, comme c’est souvent le cas dans le genre, elles sont un peu raides, mais font plutôt le travail dans l’ensemble.





Eh, dit, Murphy

Bien que je mentionne Broken Sword en introduction, on pense davantage à The Secret of Monkey Island et à son personnage mythique Guybrush Threepwood à travers Murphy. C’est un personnage naïf et gentil, qui ressemble au final plus à un héros de Disney d’antan. Bien que, comparé à Guybrush, ce Murphy manque de charisme, ou plutôt de potentiel comique.
Et c’est d’ailleurs aussi le cas pour le ton global, bien plus proche du conte d’Halloween pour la jeunesse que d’un véritable récit horrifique. Notez bien que ce n’est pas une critique, mais plus une précision pour que vous puissiez savoir où vous mettez les pieds. Néanmoins, côté humour aussi, on restera un bon cran en dessous des cadors du genre, à quelques exceptions près. J’ai notamment en tête une conversation hilarante avec une jeune fille qui ne mâche pas ses mots.
Comme son nom l’indique, et étant dans un Point & Click, notre héros devra faire face à la fameuse loi de Murphy et résoudre tout un tas d’énigmes afin de surmonter les obstacles sur la route de ses objectifs.

Rien de très nouveau ici. Le jeu fait cependant l’effort de bien rythmer la difficulté en ouvrant petit à petit les environnements visitables. On arrivera assez vite sur une aire de jeu assez vaste où des objets et des interactions de plusieurs écrans seront nécessaires pour résoudre les énigmes qui se dressent devant vous. Quelques puzzles pourront s’avérer un brin frustrants, principalement lorsque certaines réponses, événements ou actions de personnages changent ou se déclenchent de façon parfois très arbitraire, en fonction de ce que vous avez fait ou visité au préalable. La mécanique est souvent assez obtuse, et fait qu’on se retrouve bloqué à certains moments, simplement parce qu’on ne pense pas à refaire la même action ou reposer la même question puisqu’elles n’avaient jusque-là donné aucun résultat. Un problème connu et récurrent propre au genre, qui n’a malheureusement pas pu être évité dans Foolish Mortals.
Un exemple parlant, alors que l’on veut récupérer un parapluie, la propriétaire de l’objet refuse de nous le laisser car elle “ne voit pas de pluie par la fenêtre”, ce qui fait tout de suite germer l’idée dans notre cerveau malade de vétéran du genre, l’idée qu’il faudra trouver un moyen de faire pleuvoir ou de simuler une pluie à la fenêtre. Eh bien, pas du tout. Il suffit de revenir plus tard après certaines actions qui n’ont absolument rien à voir avec la choucroute (expression alsacienne) et retenter pour qu’elle accepte, alors qu’il ne pleut toujours pas… Heureusement que ce n’est pas le cas majoritairement, mais j’ai pu noter 5-6 occurrences de ce style.


J’ai aussi eu le droit à quelques retours Windows, ce qui est assez rare dans ce type de jeu, mais il est fort probable que ça soit dû à la version pré-sortie sur laquelle j’ai réalisé mon test, et il y a des sauvegardes automatiques fréquentes.





