Shadows of the Afterland, la belle surprise de l’au-delà
Pour leur seconde production, les Espagnols d’Aruma Studio restent fidèles au genre roi du Point & ClickSous genre du jeu d'aventure graphique popularisé dans les années 80s/90s, généralement contrôlé à la souris., mais opèrent plusieurs changements notables : un nouveau style graphique, des ambitions revues à la hausse et un casting vocal solide avec en tête la toujours excellente Ivy Dupler.
À Madrid en 1960 une jeune femme de ménage finit une journée bien difficile en s’adonnant à une routine tout ce qu’il y de plus normal : aller au zoo du quartier pour raconter ses soucis à un tigre devenu avec le temps son confident. Oui bon d’accord, ça peut paraître étrange, mais tout le monde ne peut pas se permettre d’aller voir un professionnel de la santé mentale. D’autant que la pauvre Pilar a déjà bien du mal à nourrir sa famille avec un mari qui peine à retrouver un emploi.


N’allez pas croire que Shadows of the Afterland est une comédie pour autant. S’il y a bien de l’humour et parfois du loufoque dans l’univers proposé et la résolution d’énigmes, l’enquête reste sérieuse et se dévoile progressivement. Mais je vous laisse le découvrir, d’autant que l’aventure se boucle en environ cinq heures. C’est d’ailleurs un des rares véritables reproches que l’on peut faire au titre d’Aruma Studio, si la durée de vie en soi n’est pas problématique, la conclusion de l’aventure est un peu trop abrupte.



Pourtant, parler à un félin n’est pas le moment le plus étrange de sa journée. Pilar meurt, malencontreusement frappée par la foudre. Certes, ce n’est vraiment pas de chance, mais ça ne s’arrête pas là. On la retrouve juste après dans l’Afterland, sorte de purgatoire, un peu changée. Si c’est bien son apparence, c’est en fait Carolina, une policière de 28 ans dans le futur, qui semble en possession de son corps… enfin, de son esprit… ou de la forme de son esprit ? Bref, tout ça est bien compliqué et plus qu’étrange, d’autant que Carolina, que vous incarnez maintenant, est formelle : elle n’est pas morte ! Et certainement pas en 1960, époque où elle n’était même pas encore née. De quoi poser les bases d’un mystère assez déroutant.

Mis à part ce bémol, Shadows of the Afterland s’avère une très bonne surprise et témoigne surtout des progrès réalisés par le studio. Il s’agit certes d’un Point & Click moderne très classique, mais maîtrisé : un gameplayOu « jouabilité » en français, fait référence à la façon dont le joueur interagit avec un jeu vidéo. à un bouton efficace, des déplacements rapides, des énigmes bien rythmées avec de la variété dans leur difficulté, et on ne reste jamais coincé trop longtemps. L’équipe y apporte même quelques bonnes idées comme la possibilité de pouvoir prendre possession de certains personnages.
J’aurais tout de même apprécié un rappel plus clair des objectifs en cours, surtout lorsqu’on reprend une partie après une pause. La critique reste toutefois à relativiser au vu de la courte durée de vie. Aruma Studio a d’ailleurs tenté d’y répondre avec un récapitulatif façon série TV au chargement des sauvegardes avec un “précédemment, dans Shadows of the Afterland…”. Dans la pratique, on restera plus nuancé, ceux-ci éludant fréquemment des informations importantes ou le fait de rappeler les objectifs en cours.




