The Lacerator : mérite-t-il un snuff sur 10 ?
Lancer The Lacerator sans rien en connaître, c’est une expérience assez unique en soi. On vous présente en une image votre personnage : Max “The man who loves sex”, avant que celui-ci ne soit enlevé et se réveille dans une prison miteuse où, sur le mur faisant face à sa cellule ouverte, est inscrit le subtil message “Ne t’échappe pas”.

Rebelle comme il est, notre antihéros, qui entre temps semble avoir égaré son pantalon, décide d’arpenter l’endroit la clope au bec, pour trouver une sortie. Et savoir d’où il sort cette cigarette étonnamment durable sera le moindre de vos soucis. Il ne faudra pas 5 min pour qu’à la surprise générale de toi tout seul devant ton écran, un genre de guillotine vienne découper le bras de Max alors qu’il voulait simplement ramasser un objet innocemment posé sur un buffet.
Voilà, le ton est donné… Bon, je ne sais pas trop de quel ton il s’agit, mais quoi qu’on puisse dire, c’est que ça vous ne laissera pas de marbre. En tout cas, on se retrouvera bien con quand on arrivera devant une porte et que le jeu nous annoncera “vous avez besoin de 2 mains pour ouvrir cette porte”… Ah. Bon ben, ça sera pour une autre fois lors d’un prochain runUne partie intégrale ou une tentative de terminer un jeu vidéo. Une belle allégorie de la procrastination : remettre à deux mains l’ouverture d’une porte.



Un prochain run car The Lacerator possède plusieurs fins, découpées, sans vouloir faire de jeu de mots supplémentaire, en 3 chemins principaux. C’est d’ailleurs l’un des gimmicks clés du titre par lequel une route différente, un choix, ou un évènement imprévu, comme une malencontreuse lacération d’un précieux membre du saillant Max, pourra amener non seulement à une nouvelle fin, mais aussi à de nouveaux niveaux, de nouveaux ennemis et de nouvelles armes.

Parlons-en des lacérations d’ailleurs. Étant donné le nom du grand méchant, on se doute qu’il risque de nous arriver quelques bricoles. Comme mentionné plus haut, il est possible de perdre certains membres, ce qui aura une conséquence non seulement sur les chemins possibles, mais aussi sur le gameplayOu « jouabilité » en français, fait référence à la façon dont le joueur interagit avec un jeu vidéo.. Par exemple, perdre un bras viendra rendre la visée au pistolet un chouilla plus compliquée, mais à l’inverse certaines armes seront disponibles pour remplacer les membres perdus… Dont certaines pour le moins surprenantes.
Des armes qui vous permettront de vous défaire des quelques ennemis qui hantent les lieux et viendront se dresser sur votre chemin lors de vos tentatives de vous échapper. Le bestiaire est néanmoins assez limité avec à peine une poignée de types d’ennemis différents. On aura par exemple affaire à des ennemis attaquant au corps à corps avec un comportement similaire à un zombie. Petite particularité, certains seront particulièrement vifs et tenteront d’esquiver vos attaques au dernier moment. D’autres seront capables de vous attaquer à distance, et bien évidemment, il y a le Lacerator lui-même, qui viendra vous faire un petit coucou tel un Mr X ou un Nemesis de Resident Evil, mais légèrement moins vêtu.
En tant que titre rétro assumé, The Lacerator propose de base des contrôles tankManiabilité rétro où le joueur déplace son personnage en fonction de l'orientation de celui-ci, c'est-à-dire sa position relative. ainsi que des angles de caméra fixes. On notera au passage une fâcheuse tendance qu’ont les ennemis de souvent arriver depuis un angle mort, heureusement que le soudain changement de musique vous avertit du danger. Notez tout de même que Games From The Abyss se permet un petit pas vers la modernité en proposant l’option d’utiliser une caméra à la troisième personne à la place, qui peut néanmoins être intéressante lors d’un run, ne serait-ce que pour tester le changement de perspective.





Bref, vous l’aurez compris, bien que peu nombreux, attendez-vous aussi à avoir des dialogues très décalés avec des personnages bien étranges. On aura notamment l’occasion de croiser plusieurs fois un homme vivant dans les murs de la maison. D’ailleurs, à l’instar de son personnage principal, The Lacerator assume son côté très cru, voire très beauf parfois, tout en réussissant l’exploit de toujours rester dans la parodie et le second degré. Il est en effet fidèle jusqu’au bout à son concept, un mélange de snuffDésigne une vidéo mettant en scène un meurtre ou torture supposément réel. et de slasher qui met en scène un acteur de film X des années 80. C’est tout à fait impressionnant à ce niveau-là. Bien évidemment, pas la peine de vous attendre à de la poésie.





