La croisière s’amuse-t-elle sur Agatha Christie – Mort sur le Nil
Après un premier essai concluant avec l’adaptation du Meurtre de l’Orient-Express, Microids Lyon s’attaque cette fois-ci à un autre best-seller d’Agatha Christie : Death on the Nile, ou Mort sur le Nil en version française.
La botte secrète de Poirot
L’équipe conserve la formule de l’épisode précédent, en prenant cette fois encore quelques libertés avec l’œuvre originale. Tout d’abord par un changement d’époque, mais aussi par l’ajout d’une bonne dose de contenu inédit, centré sur un second personnage jouable. Une intrigue parallèle qui se déroule et se croise avec l’histoire principale.

Un procédé qui avait apporté une véritable valeur ajoutée au Meurtre de l’Orient-Express. Il est en effet particulièrement difficile d’adapter fidèlement une œuvre aussi connue sans risquer d’ennuyer les joueurs la connaissant déjà par cœur. C’est le cas de Mort sur le Nil qui a déjà connu de nombreuses adaptations : en films, au théâtre, à la TV, en BD et même en jeu vidéo. Bon certes, pour ce dernier, il s’agit juste d’un obscur jeu d’objets cachés sorti en 2009 chez JoWooD Entertainment et difficilement trouvable de nos jours.
Quoi qu’il en soit, vous incarnez ici le célèbre Hercule Poirot lors d’une croisière sur le Nil qui va être perturbée par un décès bien mystérieux.
That 70’s Death on the Nile

Cette fois, l’action prend place dans les années 70. Une ambiance résolument disco, donc, s’impose dès le premier chapitre situé dans une discothèque. Pattes d’eph, cheveux longs, coupes afro et moustaches sont donc de sortie. Les connaisseurs retrouveront les personnages du roman, alors que de nouveaux rejoignent le casting. Le plus marquant étant évidemment Jane Royce, une détective privée et second personnage jouable. Introduite dès le premier chapitre, elle mène l’enquête sur le meurtre de son amie. Une piste qui la conduira aux quatre coins du monde… jusqu’à un certain bateau voguant sur le Nil. Ce choix permet une nouvelle fois au joueur de souffler un peu en sortant du huis clos et décors habituels. En effet, en plus du Nil, on visitera Majorque, New York et le Bronx.
Si vous avez joué au Crime de l’Orient-Express, vous ne serez pas dépaysé côté gameplayOu « jouabilité » en français, fait référence à la façon dont le joueur interagit avec un jeu vidéo.. On retrouve une formule quasi identique : dialogues avec les PNJPersonnage non-joueur / Personnage non jouable avec lequel on peut interagir. En anglais : NPC - Non Playable Character pouvant mener à des confrontations, palais mental regroupant les indices ainsi que les déductions et conclusions permettant de faire avancer l’enquête. Le tout passant parfois par des mini-puzzles.
Petite nouveauté appréciable, on a maintenant un système de cartes d’identité des personnages à remplir soi-même à partir d’une liste (nom, profession, relations, etc.). Bien que facultatif, il permet au joueur investi de mieux suivre les personnages et leurs liens. Plutôt bien pensé donc.
Les mini-jeux font aussi leur retour, comme du crochetage de serrure et puzzles divers. Cette fois-ci cependant, ils sont tout de même bien mieux intégrés à la diégèse que précédemment. On se rappelle encore du presse-oranges à réparer… Bon, il reste tout de même quelques puzzles un peu hors contexte, comme aider une servante à faire tenir des bagages dans un coffre… Pas vraiment ce qu’on attend pour l’utilisation des fameuses cellules grises de notre bon Hercule Poirot, mais c’est suffisamment ponctuel pour ne pas nuire à l’enquête. À l’exception du chapitre du Bronx cependant, qui est largement axé sur les mini-jeux comme des jeux de cartes ou une séance de filature un peu longuette.


Golden moustache

On retrouve évidemment la chasse aux collectiblesObjet d'inventaire devant être collectionné., avec les fameuses moustaches dorées, auxquelles s’ajoutent des disques d’or dissimulés dans les environnements.
Microids nous offre donc un titre généreux… Très généreux. Comptez bien une vingtaine d’heures pour atteindre la fin, voire 25 en prenant votre temps et en cherchant quelques moustaches. De plus, certains choix débloquent un épilogue alternatif, lui-même durant bien une grosse heure. Heureusement, vous n’aurez pas besoin de tout refaire pour y accéder, il sera simplement disponible une fois l’aventure finie une première fois.
Tout n’est pas parfait cependant. Tout d’abord, l’intrigue met un certain temps à se mettre en place et l’on peine parfois à voir où le titre veut nous emmener. On aura aussi le droit à un bon cliffhanger particulièrement stéréotypé, avec les derniers mots d’une victime étant littéralement : “I saw the murderer, it was…”. J’ai d’ailleurs toujours la marque de la paume de ma main sur mon front.





Autre regret, l’impossibilité de pouvoir consulter les documents déjà examinés depuis un menu dédié, à la manière d’un Sherlock Holmes. Il faut ici aller les retrouver physiquement dans les niveaux, ce qui devient rapidement fastidieux.
Enfin, si l’OST est de bonne qualité, avec certains morceaux excellents et dans le ton, dont des morceaux disco, certains chapitres m’ont presque rendu fou avec la même musique tournant en boucle. Sachant que certains chapitres durent plusieurs heures, un peu de variété aurait été appréciée…





