The Dark Rites of Arkham, le polar Lovecraftien sublimé.
En 2024 sortait An English Haunting, l’un, si ce n’est le meilleur, Point & ClickSous genre du jeu d'aventure graphique popularisé dans les années 80s/90s, généralement contrôlé à la souris. de l’année. Autant dire que lorsque The Dark Rites of Arkham, le nouveau titre développé par Postmodern Adventures, arrive deux ans plus tard, les attentes sont grandes. Cerise sur le gâteau, l’enquête prend place dans l’univers d’horreur cosmique imaginé par H.P. Lovecraft. Voici qui promet une sacrée expérience.

Postmodern Adventures sait proposer des contextes alléchants. Après le Londres du début du XIXe siècle de l’excellent An English Haunting, nous voici en 1933 aux États-Unis, dans la ville d’Arkham. La prohibition et ses conséquences y font rage, le chômage et la pauvreté explosent… sans oublier les disparitions d’enfants ou les meurtres inexpliqués, devenus monnaie courante.
C’est dans ce contexte particulièrement peu engageant que le détective Jack Foster, enquêtant alors sur une banale affaire de chantage, tombe par hasard sur une scène des plus sordides : un corps entouré d’étranges symboles dessinés au sol, et dont la tête semble avoir été sauvagement arrachée, tandis qu’un bras en partie consumé par le feu traine un peu plus loin.
Difficile d’en dévoiler davantage, tant la rythmique minutieuse de la découverte est une composante primordiale de The Dark Rites of Arkham. Disons juste que vous serez vite amené à faire équipe avec un nouveau partenaire, Harvey Whitman, qui vous accompagnera tout au long de cette aventure.


Comme avec son précédent titre, Postmodern Adventures démontre une maitrise quasi-scientifique du rythme, alternant enquête, révélations chocs et moments de tension. On est rapidement happé par l’intrigue au point qu’il est presque impossible d’en décrocher. On pense à The Drifter qui avait aussi marqué, mais ici sans la fuite effrénée en avant et la tension du désespoir.
L’emphase est également mise sur l’immersion. L’introduction est par exemple un modèle du genre, plongeant immédiatement le joueur dans le vif du sujet et dans une ambiance polar noir jazzy comme je l’aime, avant de rapidement prendre une tournure bien plus sombre… Même dès le menu principal, la musique participe à cette atmosphère. D’ailleurs, le travail sur l’habillage sonore est une nouvelle fois remarquable : musiques, sons d’ambiance et effets sonores contribuent parfaitement à maintenir l’immersion. Un point d’autant plus important que Postmodern Adventures fait de nouveau le choix de ne pas proposer de doublage des dialogues. Un choix probablement dû aux contraintes budgétaires, mais qui a aussi l’avantage de renforcer l’implication du joueur par la lecture, bien que cela pourrait en rebuter certains. Je n’aurais cependant pas dit non à un Kerry Shale, qui avait déjà prêté sa voix à Sonny Featherland dans Chicken Police, pour incarner Foster.





Côté gameplayOu « jouabilité » en français, fait référence à la façon dont le joueur interagit avec un jeu vidéo., on reste sur un Point & Click classique et épuré avec un seul bouton pour toutes les actions. Les puzzles reposent donc essentiellement sur l’utilisation des objets de l’inventaire et présentent un niveau de difficulté volontairement accessible, afin de préserver le rythme. Néanmoins, l’équilibre est bien là, jamais frustrant sans pour autant donner l’impression qu’il soit trop simple. Une approche qui me rappelle, dans une moindre mesure, les derniers jeux de la série Blackwell, soit un modèle du genre.
Enfin, l’aventure nous fait traverser un grand nombre d’écrans artistiquement très réussis, évidemment toujours en pixel art, avec une palette de couleurs plutôt variée. Mais ne vous attendez pas à des couleurs chatoyantes non plus, vu le contexte.





