Celestial Return

Celestial Return – Le Cyberpunk Disco… Elysium ?

Celestial Return – Le Cyberpunk Disco… Elysium ?

Peu importe l’aspect considéré, force est de constater que Disco Elysium aura inspiré bon nombre de studios. Que ce soit par sa direction artistique si particulière, son interface, sa place accordée aux choix ou encore les dialogues entre les différentes facettes de la personnalité du protagoniste, difficile de ne pas retrouver son héritage, plus ou moins subtilement, dans de nombreux titres de ces dernières années. C’est justement le cas de Celestial Return, dont la démo nous avait offert une introduction particulièrement prenante. Il ne restait plus qu’à espérer que le jeu complet soit à la hauteur des promesses. 

Dès les premiers instants, Celestial Return annonce la couleur, avec un univers cyberpunk dépeignant un monde brutal évidemment dominé par les mégacorporations, où les quartiers s’empilent les uns sur les autres et le transhumanisme est devenu monnaie courante. Mais, plus que les mots, ce sont surtout les illustrations qui frappent en premier. C’est incontestablement l’un des plus gros points forts du titre : une direction artistique marquée et sublime, certes dans les codes du genre, mais portée par de superbes illustrations 2D des personnages et des décors, subtilement animées pour leur donner vie. C’est beau et ça a un cachet fou. On trouve aussi quelques éléments en 3D, principalement la carte de la ville et de rares séquences narratives. Ceux-ci convainquent nettement moins, mais restent suffisamment discrets pour ne pas ternir l’ensemble. 

Dicey city 

C’est dans ce contexte que l’on incarne le détective Howard, accompagné d’une rose particulièrement loquace – je vous laisserai découvrir le pourquoi – et surtout de quelques dés en poche. Car ici, les dés ne servent pas uniquement aux tests de compétence : ils font pleinement partie de la diégèse en étant à la fois votre ressource pour réussir vos actions… et la monnaie locale. 

Le cœur du gameplayOu « jouabilité » en français, fait référence à la façon dont le joueur interagit avec un jeu vidéo. repose donc sur leur gestion. Lors d’un test, vous choisissez combien de dés investir selon la difficulté et le résultat espéré. Une fois utilisés, ils disparaissent : plus vous sécurisez une réussite, moins il vous en restera pour les prochains tests ou pour acheter du matériel. Il faut donc constamment arbitrer la prise de risque. Un système original qui fonctionne plutôt bien, d’autant que le jeu distribue suffisamment de nouveaux dés pour éviter de se retrouver à court, à condition de ne pas tout dépenser sans réfléchir. Surtout, cette mécanique évite de pousser systématiquement le joueur vers les options de dialogue demandant un test de compétence pensant que ça sera celle menant au meilleur dénouement, laissant donc davantage de place au rôle-play. 

Howard hérite alors d’une enquête portant sur une vague de suicides récente et inexplicable, même selon les standards de Netherveil. Pour évoluer, en dehors des phases narratives, on se déplace librement sur une petite carte 3D reliant les différents points d’intérêt de la ville. Quelques quêtes secondaires sont bien présentes, mais elles restent rares et assez courtes. Les déplacements donnent aussi lieu à quelques rencontres aléatoires et mini-événements qui enrichissent légèrement le loreReprésente l'histoire et les traditions autour d’un univers de fiction, ne constituant pas l’intrigue principale d’une œuvre., sans réellement influencer l’aventure. 

Trop en surface

Le nombre de lieux visitables demeure cependant très limité, ce qui, d’un côté, n’est pas plus mal avec un journal de quêtes qui manque cruellement de précision sur la marche à suivre. 

Celestial Return

Comme vous l’aurez sans doute remarqué, Celestial Return puise largement son inspiration chez ZA/UM. Au-delà de son esthétique, on retrouve également les célèbres dialogues entre les différentes facettes de la personnalité du héros. Celles-ci constituent d’ailleurs les principales caractéristiques de votre feuille de personnage et peuvent être améliorées au fil des niveaux afin de réduire la difficulté des tests associés. 

Reste que, malgré toutes ses bonnes intentions, Celestial Return manque parfois sa cible. Relativement court – une dizaine d’heures tout au plus – il tient finalement davantage du jeu d’aventure que du véritable RPG. Son univers, pourtant très prometteur lors de l’introduction, paraît sous-exploité faute d’ampleur, on pense particulièrement à Rose et les anomalies. Paradoxalement, le jeu trouve aussi le temps de souffrir de problèmes de rythme et d’une écriture inégale : globalement réussie, celle-ci peut se montrer alambiquée et verse parfois dans des métaphores un peu trop appuyées ou des transitions abruptes. 

Quelques bugs de texte viennent également prêter à confusion. Il arrive que l’option de dialogue affichée ne corresponde pas à celle réellement sélectionnée, ce qui peut rendre certaines conversations assez déroutantes. Espérons que ces problèmes soient rapidement corrigés. 

Terminons sur une note positive avec un habillage sonore convaincant. L’OST, oscillant entre synthwave et metal, accompagne parfaitement l’ambiance du jeu, même si certains morceaux finissent par devenir un peu répétitifs lorsque l’on s’attarde trop longtemps dans une même zone. 

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CactusSinger
Celestial Return laisse donc un léger goût d’inachevé, surtout au regard de l’excellente introduction qu’il propose. Plus visual novel que véritable RPG, avec une écriture parfois inégale et une conclusion particulièrement nihiliste qui pourra en dérouter certains, il peine à exploiter tout le potentiel de son univers. Il n’en reste pas moins porté par une superbe direction artistique et offre une aventure agréable durant une dizaine d’heures. À condition de tempérer un peu vos attentes, son tarif très abordable en fait un titre tout à fait recommandable.
Celestial Return

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