ChainStaff

ChainStaff – Beau, original, jouissif, le Contra est réussi

ChainStaff – Beau, original, jouissif, le Contra est réussi

Encore un titre qui m’a attiré grâce à des captures d’écran particulièrement dingues. Heureusement, on ne choisit plus ses jeux uniquement à la jaquette, comme à l’époque où un artwork fantastique nous vendait un jeu avec trois pixels… Bref, ici, ChainStaff montre une direction artistique 2D est à la fois sublime, intrigante et parfois dérangeante, promettant un univers singulier. Fort bien, mais une fois manette en main, ça donne quoi ?

Autant couper court à ce suspense insoutenable pour vous lecteur… c’est fantastique ! Voilà, fin de la critique, merci, bonsoir ! Bon quand même pas, je vais détailler ça un peu plus, d’autant qu’il n’est pas forcément évidemment de voir ou comprendre tout ce que propose le titre de Mommy’s Best Games, qui mérite qu’on s’y attarde un peu plus.

L’homme qui valait 3 milliards

Le postulat est simple : une entité alien envahit la Terre, déformant la vie et les lois de la physique. Votre personnage, soldat tombé au combat avec son escouade, est ramené à la vie, ou quelque chose s’en approchant, par une étrange créature insectoïde qui le transforme en super-soldat. L’état-major hésite bien sûr, qui est vraiment aux commandes de ce corps hybride, mais faute de véritable autre choix, vous envoie quand même au front. 

Côté gameplayOu « jouabilité » en français, fait référence à la façon dont le joueur interagit avec un jeu vidéo., ChainStaff est un savant mélange de runUne partie intégrale ou une tentative de terminer un jeu vidéo’n’gun et metroidvania. Les premières minutes évoquent immédiatement un Contra : on progresse dans un environnement 2D et on défouraille tout ce qui bouge en évitant comme on peut les projectiles adverses. Mais le cœur du jeu repose sur la fameuse ChainStaff. Plus qu’une simple arme, c’est un véritable couteau suisse et principal gimmick du titre. 

À la fois outil de déplacement – création de ponts et échelles de fortune qu’il est possible de contrôler, ou simplement en tant que grappin –, bouclier improvisé et arme offensive surpuissante pouvant briser les protections ennemis, elle devient rapidement indispensable. 

Sa maîtrise offre de nombreuses possibilités, qui vous permettront de progresser, et une fois passée la phase d’apprentissage, elle se révèle extrêmement satisfaisante à utiliser. Le jeu encourage d’ailleurs à exploiter toutes ses capacités, notamment face aux ennemis, et on pourrait même y trouver un léger côté immersive sim

Dans les niveaux, on trouve des améliorations de la ChainStaff, ainsi que des capacités supplémentaires, obtenues via des parasites : double saut, attaques spéciales, etc, donnant ainsi accès à de nouvelles zones… Vous l’aurez deviné, c’est la partie Métroidvania du titre. 

Les niveaux possèdent donc naturellement plusieurs chemins à emprunter, dont certains bloqués jusqu’à ce que vous possédiez l’amélioration nécessaire. Chacun donnant accès à un objectif précis pour progresser ou débloquer un nouveau niveau. Bien entendu, des boss protègent certains de ces objectifs. Ceux-ci, tous au design original, demandent souvent de s’y reprendre à plusieurs fois pour comprendre leurs patternsDésigne une séquence d'actions ou de mouvements qui se répète. Ex : attaque ou combo ennemi, une série d'événements..., et souvent cela impliquera une utilisation de la ChainStaff que l’on a dû apprendre à maitriser dans le niveau lui-même grâce à des ennemis étudiés pour. Notez cependant que c’est tout de même bien plus difficile quand vous essayez de vous en tirer tout en prenant des captures d’écrans en plein combat…

Heavy Metal Machine

Oui parce que disons-le, ce qui frappe surtout, c’est l’ensemble artistique. ChainStaff est absolument magnifique. Les dessins aux teintes pastel sont somptueux, et la DA des environnements est un tel plaisir à voir qu’on pourrait le catégoriser dans les jeux d’exploration. Tout paraît à la fois grandiose et alien, parfois grotesque, jusque dans le design des ennemis.  En mouvement, c’est encore plus impressionnant.

Toute cette ambiance est parfaitement en phase avec l’excellente BO heavy metal signée Deon van Heerden, à qui l’on doit entre autre Broforce. La DA est en effet inspirée des artwork de pochettes d’albums d’époque. Chaque niveau s’ouvre d’ailleurs sur un visuel 4:3 façon vinyle prenant vie. Le tout, malgré l’originalité, parvient donc à donner un ensemble parfaitement cohérent. 

On pourra aussi revenir dans les niveaux pour récupérer les collectiblesObjet d'inventaire devant être collectionné. qui servent en réalité à vous donner des bonus, que ce soit améliorer votre lance ou vos armes secondaires passives. 

On trouvera des humains survivant perdus dans les niveaux, ce qui vous mettra devant un choix simple : les sauver, ou bien… À vous de découvrir les effets. 

Difficile de lui trouver de vrais défauts. On pourra chipoter sur une caméra parfois un peu trop proche, mais rien de rédhibitoire et plutôt rare. Même la narration, avec pourtant une histoire pas révolutionnaire, fonctionne bien grâce à de très courtes scènes, elles aussi sublimes, efficaces et ne cassant pas le rythme. Elles sont en plus souvent agrémentées de pointes d’humour très réussies.

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CactusSinger
Visuellement et musicalement sublime, Chainstaff est une lettre d’amour au Heavy Métal et rock classique, auquel il emprunte l’esthétique de leurs pochettes de vinyle. Un run’n’gun metroidvania nerveux, efficace, et surtout porté par un gameplay centré autour de la chainstaff, aussi originale que jouissive. Il se permet en plus de proposer un univers intéressant que l’on explore des étoiles dans les yeux. Une petite pépite sortie de nulle part, qui mériterait clairement beaucoup, beaucoup plus de visibilité.
ChainStaff

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