GAMESCOM 2026 – EXODUS prend un air de déjà-vu
Maintes et maintes fois présent ces derniers temps sur les différentes conférences de jeux vidéo, EXODUS a enfin pu être jouable à la Gamescom 2026 et on a pu avoir un rendez-vous pour essayer le titre, le lendemain du trailer de présentation de Salt, le compagnon poulpe dans un robot !
EXODust in the Wind
Avant de jouer, on a le droit à un p’tit historique sur Archetype Entertainment, ce jeune studio formé en 2019 sous la coupe de Wizards of the Coast (et donc Hasbro sur le haut de la chaîne). Si Exodus vous rappelle Mass Effect, ce n’est pas pour rien, puisqu’à la tête du projet se trouve James Ohlen, Senior Creative Director chez Bioware pendant 22 ans, et Drew Karpyushyn, scénariste et romancier plutôt reconnu, ayant bossé sur des extensions de Baldur’s Gate 2, Neverwinter Nights, Star Wars : Knights of the Old Republic (et aussi sur le The Old Republic), Jade Empire et deux épisodes de Mass Effect. Ce n’est pas tout, car il a aussi une petite flopée de romans à son actif, issus des jeux vidéo sur lesquels il a bossé (Mass Effect, Star Wars ou la série des Forgotten Realms). Si on rajoute aussi à ceci la présence de Matthew McConaughey au doublage et que le scénario a déjà commencé à être développé par Peter F. Hamilton au travers de deux romans (un en 2024 et un autre en 2026), il est assez impressionnant de voir tout ce fric et cette cohérence de talent pour venir créer une nouvelle licence de science-fiction et venir chatouiller le menton des ténors du genre, encore aujourd’hui bien ancrés dans le grand public.



Cette mise en contexte n’est pas vraiment là pour vous survendre le jeu, mais plutôt pour capter dans quel scope on se situe. Exodus n’est pas ce AA développé par des zinzins de SF dans leur coin, il y a une vraie volonté d’aller à contre-courant de la tendance actuelle sur la Dark Fantasy en y mettant les moyens ! C’est donc avec beaucoup de candeur que je lance ma partie sur cet incroyable monstre de PC à côté de moi, surboosté avec une 5080. Pourtant, c’est la douche froide : le jeu tourne en 30 images par seconde. Ce n’est pas très grave, et heureusement que j’avais pris la manette et pas le clavier-souris, mais j’ai du coup très vite senti que le jeu tournait sur Unreal Engine 5 avec tous les problèmes qui vont avec (et surtout, l’optimisation, j’ai même eu le droit à un crash).
La démo nous balance un peu de loreReprésente l'histoire et les traditions autour d’un univers de fiction, ne constituant pas l’intrigue principale d’une œuvre. et du contexte pour la mission qu’on va lancer. Comme d’habitude, il est pas très utile de nous attarder là-dessus, on manque de contexte, mais les cinématiques étaient plutôt « plan-plan », les dialogues font du champ-contre-champ et l’espace est filmé comme on le filme depuis au moins 50 ans. Difficile de juger sur ces quarante minutes de gameplayOu « jouabilité » en français, fait référence à la façon dont le joueur interagit avec un jeu vidéo., mais la mise en scène générale était plutôt timide et avait l’aura du vieux Bioware (pas dans le bon sens du terme).

S’ensuit une phase de gameplay dans une structure extraterrestre, où l’on va commencer à s’échauffer les pistolasers sur des brigands. Là encore, d’un point de vue purement game designProcessus de création et de mise au point des règles et autres éléments constitutifs d'un jeu, le jeu s’oriente largement comme un Mass Effect 2. On use des couverts disponibles, on se sert de nos flingues et capacités (ainsi que de celles des compagnons) pour faire le ménage et on avance. D’ailleurs, côté armes, on a vu du très classique, avec une carabine, un fusil à pompe et une mitrailleuse, rien de très exotique, et les capacités disponibles se basaient sur des grenades ou du bumping pour faire sortir les ennemis de leur couvert.
La suite se passe, malheureusement, comme n’importe quel autre Mass Effect : On est bloqué sur l’entrée principale, on doit trouver un chemin annexe (quitte à percer le mur au travers d’une superbe animation) et enchainer les arènes de combat. C’est probablement le point le plus décevant lors de cette démo, le jeu n’a jamais surpris, et l’ajout de phases de plateforme avec un gantelet qui peut créer de la matière ou pétrifier des ponts de lumière sur simple pression d’un bouton n’ajoute rien de bien concret.

On a le droit à quelques scènes de dialogues à choix, qui influent un peu sur votre réputation auprès de vos compagnons et votre alignement comme n’importe quel jeu Bioware depuis KOTOR. Fort heureusement pour lui, l’écriture générale de l’univers et des dialogues sont plutôt bons dans cet extrait, on se prend facilement au jeu, et quelques scènes font mouche, notamment cette scène avec un batracien de l’espace dans sa chambre-aquarium qui écoute de l’electro-dubstep trop fort comme un adolescent. On se retrouve à devoir le daronner pour pouvoir dialoguer correctement et le dialogue fonctionne bien, il aurait juste mérité d’avoir une mise en scène bien plus travaillée, et pas un champ-contre-champ gênant avec aucun effort sur la lumière.
C’est globalement une constante générale de cette présentation, qu’on espère sincèrement être liée à un début de jeu un peu ronflant, mais pour le moment, EXODUS est sur des rails. Des rails très jolis, façonnés avec beaucoup d’amour (on le sent), mais dont il manque cruellement de surprise et de nouveauté. Si le jeu était sorti en 2012, il aurait simplement été mentionné comme un pastiche de Mass Effect avant de tomber rapidement dans les limbes. Fort heureusement pour lui, on est en 2026, la formule Mass Effect est complètement délaissée et il y a un public en manque largement prêt à reprendre une dose. Est-ce que ceci, couplé à un univers et une histoire bien écrite, arrivera à les conquérir ? Difficile à dire sur la base de 40 minutes manette en main. En revanche, il est clair qu’il va falloir faire ses preuves et que le jeu a encore 7 mois pour nous convaincre, avant sa sortie en avril 2027. Surtout qu’il a un concurrent quasiment similaire, sur le même créneau, appelé The Expanse : Osiris Reborn (mais que je n’ai pas pu essayer, donc je n’en parlerai pas plus).







