INDUSTRIA II, combattre l’IA une balle à la fois
Suite directe du premier opus sorti en 2021, INDUSTRIA II est un FPS narratif horrifique empruntant plusieurs mécaniques aux survival horror. Ici, pas de zombies ni de mutants : Bleakmill nous envoie affronter des machines dans une dimension parallèle dirigée par une intelligence artificielle devenue incontrôlable. Et il faut bien avouer que, par les temps qui courent, affronter une IA à grands coups de fusil à pompe ne semble pas particulièrement inapproprié.
Petite précision avant de commencer : sachez que je n’ai pas joué au premier épisode. Je me garderai donc bien de faire des comparaisons, mais la situation est intéressante pour juger si le scénario fonctionne malgré l’absence de contexte.
De ce côté-là, le jeu introduit progressivement son univers sans trop perdre le joueur. On comprend que l’IA ATLAS s’est échappée dans une dimension parallèle qu’elle semble désormais contrôler, tandis que Walter, votre collègue et co-créateur de L’IA est parti à sa poursuite. Arrivée trop tard sur place, Nora, la protagoniste, décida alors de lui emboiter le pas. Le reste des informations se dévoile petit à petit, si bien qu’on n’a jamais réellement l’impression d’être largué, bien que certains clins d’œil et références au premier jeu doivent forcément nous passer au-dessus.



INDUSTRIA II est principalement un FPS narratif avec une dose inspirée des survival horror. On retrouve donc le thème horrifique bien évidemment, mais aussi des ressources à récupérer, du craft, une gestion de ses munitions et de son inventaire limités. Celui-ci adopte d’ailleurs une approche semi-réaliste : ouvrir son sac ne met pas le jeu en pause, Nora le déplie simplement au sol comme dans The Forest, avec des places de stockage inaccessibles dans le sac sur le dos, et des emplacements d’accès rapide pour 2 armes et 3 objets équipables à la volée. Un système qui a l’avantage de renforcer l’immersion, mais aussi la tension en obligeant le joueur à se préparer en amont, ou à prendre de gros risques en tentant, en cas de nécessité absolue, un changement rapide. Autant dire que déballer son sac sur le sol pendant que plusieurs robots vous chargent n’est généralement pas recommandé.
Le problème, c’est qu’on sent aussi constamment les limites du projet.
On est dans une version light du survival, et bien plus linéaire qu’un Resident Evil par exemple. Le level design est aussi assez daté, avec des murs invisibles et des d’obstacles infranchissables partout, alors que pourtant Nora peut sauter… une mécanique qui finit par ne servir à quasiment rien. Un détail qui résume finalement assez bien l’ensemble : INDUSTRIA II semble avoir manqué de moyens pour aller au bout de ses idées.



On retrouve ainsi de nombreuses pièces absolument vides, dénuée de toute décoration ou d’objets, et ne menant nulle part. Techniquement, même constat : le jeu demande étonnamment beaucoup de ressources pour un rendu visuel pourtant très inégal. Il faudra bien jouer avec les options et le DLSS ou équivalent pour arriver à un framerate acceptable sur les machines modestes.

Pourtant, les extérieurs sont particulièrement ternes et austères, avec des textures souvent médiocres et trop visibles à cause de l’éclairage du jour. À l’inverse, les très sombres environnements intérieurs profitent d’une bien meilleure gestion de la lumière et de l’obscurité, ce qui permet par moments d’obtenir des visuels agréables à l’œil avec une ambiance vraiment réussie et quelques panoramas marquants. Les modèles de personnages restent eux clairement datés, même si les ennemis ont une DA plutôt réussie. Dommage au passage qu’ils soient si peu diversifiés.
Même constat du côté de l’implémentation de la bande-son. L’OST est globalement excellente, alternant morceaux oppressants et silences bien utilisés pour maintenir la tension. Malheureusement, l’immersion est régulièrement cassée par des transitions musicales abruptes lorsqu’on change simplement de salle. Un peu dommage quand on sait que des systèmes dynamiques comme iMUSE existaient déjà à l’époque de Monkey Island 2: LeChuck’s Revenge… en 1991.
Quelques bugs étaient également présents lors de mon test : objets importants disparaissant de l’inventaire, loot réapparaissant après un rechargement ou sauvegardes rechargeant parfois le joueur au mauvais endroit. Pire, beaucoup de joueurs ont également signalé des crashs et soucis techniques à la sortie. Heureusement, plusieurs mises à jour semblent déjà avoir corrigé une partie des problèmes les plus graves. Pour ma part en tout cas, ayant commencé ma partie après le quatrième update – merci à feu mon PC qui avait décidé de décéder – je n’ai pas expérimenté de crash ou d’autre problèmes bloquants.



Toujours est-il que INDUSTRIA II reste agréable à pratiquer grâce à des bases solides côté gameplayOu « jouabilité » en français, fait référence à la façon dont le joueur interagit avec un jeu vidéo.. Les cinq armes disponibles possèdent un bon feeling et peuvent être améliorées grâce au Petrichor récupéré sur les ennemis. On regrettera simplement un manque de tooltips clairs pour expliquer précisément les effets des améliorations autres que les plus évidents comme le silencieux.
On retrouve également un système d’interaction physique façon Amnesia: The Dark Descent, où il faut attraper les poignées et déplacer la souris pour ouvrir portes et tiroirs. Une excellente idée pour renforcer le stress lorsque l’on tente désespérément d’ouvrir une porte en pleine panique poursuivi par des machines… même si, dans les faits, ces situations restent finalement assez rares.




