Panthalassa, l’étrange aventure sous-marine
Encore un jeu ayant pour thème les fonds marins, c’est la mode en ce moment. Mais Panthalassa surprend davantage par son improbable parti pris visuel de 3D rétro pixélisée embarquée dans une interface style Vtech. Une manière efficace pour un jeu d’aventure Myst-like de nous faire comprendre dès les premières minutes que le monde qu’il s’apprête à nous montrer sera particulièrement étrange.


Tout commence alors que nous, un sous-marin autonome chargé de cartographier les fonds marins et de découvrir de nouvelles espèces, nous écrasons au fond de l’océan sur ce qui semble être une base scientifique. En tentant de nous interfacer au réseau local depuis notre système d’opération type Win 95, un étrange compagnon vient s’ajouter à notre ordinateur de bord nous expliquant que notre programme est en train d’être rebooté car non reconnu. Nous voilà alors transférés, avec notre nouveau compagnon, dans une machine locale prenant la forme d’un corps humanoïde marquant le départ d’une colocation un peu particulière. Je vous avais prévenu, c’est étrange.
Ça va sans dire, mais tout paraît complétement alien dans cette base : la technologie, les environnements, les interfaces, les habitants… C’est bien simple, chaque écran est une véritable surprise, on ne sait jamais sur quoi l’on va tomber. Les premières heures de jeux sont d’ailleurs particulièrement grisantes, tant le sentiment de découverte permanente fonctionne admirablement bien. Plus encore quand l’on réussit à résoudre une énigme en arrivant à déduire une certaine logique de ce qui est devant soi.
Car Panthalassa est avant tout un jeu d’aventure à énigmes où presque tous les puzzles reposent sur votre compréhension progressive de cette technologie et interface incompréhensible au premier abord. Et autant dire qu’il faut parfois s’accrocher lorsqu’on vous demande d’activer la bonne combinaison de poissons dans une espèce de friteuse afin de rétablir le courant…





Mais c’est justement là que le jeu brille. Petit à petit, on commence à comprendre les règles de ce monde et sa logique interne. Les puzzles sont dans l’ensemble de qualité, et certains seront même là en fil rouge vous accompagnant tout au long de l’aventure, comme c’est le cas d’une série de puzzles autour d’un observatoire de la faune local. Je vous conseille d’ailleurs fortement de garder un carnet de notes à portée de main. Malgré tout, la difficulté reste raisonnable, d’autant que l’on finit rapidement par tomber sur une entité capable de nous aiguiller dans la bonne direction, bien qu’elle soit relativement peu aimable.
L’ambiance générale du jeu est à l’image de son univers : constamment déroutante. Le ton peut y être décalé avec un humour qui sait faire mouche, et des conversations parfois assez improbables. C’est évidemment le cas avec l’entité déjantée qui partage le corps dans lequel vous vous trouvez, mais aussi certains des habitants du coin. Cependant, étant donné le contexte, un environnement inconnu perdu au fond de l’océan, l’atmosphère y est aussi par moment oppressante. Et c’est sans compter sur une certaine mélancolie portée par des questionnements philosophiques qui se dégagent au fur et à mesure des découvertes et des thèmes abordés.



Les musiques sont de plus parfaitement en accord avec l’étrangeté du monde et ces différentes facettes. Elles peuvent être tour à tour belles, étranges, envoutantes, voire dissonantes et malaisantes, parfois en même temps. Elles participent d’ailleurs grandement à l’immersion du joueur.
Au final, il y a finalement peu de choses à reprocher au titre de Meia Calça si ce n’est qu’on aurait apprécié encore plus de puzzles étranges afin de maintenir ce sentiment d’évoluer dans un monde que l’on ne comprend pas, sensation qui s’estompe un peu sur la durée. On peut également parler des déplacements dans les couloirs sous-marins reliant les différentes sections de la station qui sont un peu laborieux.





