Solasta II

Solasta II, le prometteur underdog

Solasta II, le prometteur underdog

cRPG« Jeu de rôle sur ordinateur», un terme se rapportant aux jeux de rôle occidentaux pour les séparer des JDR sur table, et en opposition aux RPG japonais. pointu respectant les règles de D&D 5.0, le premier Solasta s’était forgé une solide réputation auprès des initiés malgré une technique datée. Pour cette suite, le studio français Tactical Adventures, composé d’anciens d’Amplitude, a revu les ambitions à la hausse et pour se donner les moyens adopte le modèle de l’accès anticipé, à la manière de Larian, afin d’affiner l’expérience avec sa communauté.

La comparaison avec Baldur’s Gate 3 s’arrête toutefois là : Solasta II reste un RPG AA de niche, loin des ambitions et du budget d’un tel mastodonte, véritable ovni dans le monde du RPG. Et pourtant, avec ses moyens, il parvient déjà à accomplir de petits miracles.

Les règles de DnD mais son propre univers

Dure journée pour vos quatre protagonistes alors qu’ils assistent déjà aux funérailles de leur mère adoptive, fondatrice de l’orphelinat dans lequel ils ont grandi. Leur sœur, fille biologique de la défunte, qui peine à accepter sa mort, se lance dans un rituel pourtant contre l’avis de tous. C’est alors que d’inquiétantes créatures viennent soudain s’ajouter au chaos. Et comme si cela ne suffisait pas, une divinité intervient, certes pour les tirer du pétrin immédiat, mais en profite surtout pour leur refiler le contrat que leur mère avait conclu avec elle.

Résultat : les voilà donc bien malgré eux héritiers d’une mission divine confiée par Maraike, déesse de la vie et de la mort, sans avoir la moindre explication. Pour ne rien arranger, ils sont aussitôt transportés, avec leur frère blessé dans la bataille, dans la contrée lointaine de Neokos, où ils sont aussitôt pris pour des espions… puis jetés en prison. Il y a des jours comme ça, on aurait mieux fait de rester au lit. 

C’est donc ainsi que commence l’aventure, justifiant immédiatement la constitution de votre groupe au début du jeu. Car oui, vous ne dirigerez pas un personnage principal et ses compagnons, mais bien quatre personnages principaux tous issus de la même fratrie adoptive.

Solasta II

Comme je le mentionnais, Solasta II est fidèle aux règles de D&D 5.0, plus encore que Baldur’s Gate 3 qui s’autorisait quelques libertés. Les puristes apprécieront, mais cela peut dérouter les nouveaux venus avec plus de rigidité. Le jeu fait néanmoins des bons efforts d’explication avec des tutoriels progressifs dispensés au compte-gouttes. Bien que pour l’instant, ils aient tendance à revenir même une fois déjà lus. L’avantage aussi d’avoir eu un jeu aussi populaire que celui de Larian, c’est qu’une grande partie de joueurs sont maintenant familiers avec les concepts essentiels pour la compréhension – action, action bonus, préparation ou emplacement de sorts, repos long ou court, etc. 

Bonne nouvelle en revanche : l’expérience est largement personnalisable grâce à plusieurs options de difficulté spécifiques à l’instar de ce que proposait l’excellent Pathfinder: Wrath of the Righteous (pourcentage de dégâts reçus ou donnés, modificateurs de jets de dés…). Bref, de quoi adapter le challenge à son niveau, ou à sa tolérance à la frustration. 

Côté structure, pour faire simple, on retrouve les trois piliers classiques du cRPG : création de personnage et montée en niveau, quêtes et dialogues, et les combats. 

On peut choisir entre un personnage pré-fait, utiliser la création assistée, ou tout choisir soi-même. C’est déjà plutôt complet, bien que pour l’instant le contenu reste limité à 8 classes et 4 races. De quoi s’amuser un moment tout de même surtout que la personnalisation de l’apparence de vos héros permet pas mal d’excentricités. Le multiclassage est aussi présent, mais la progression est pour l’instant capée au niveau 4. 

D&D et dés

Solasta II, en tant que cRPG très centré sur les règles, fait la part belle aux combats tactiques au tour par tour. Vous connaissez la chanson, votre tour est divisé en mouvement, action principale et action bonus, entièrement dicté par les jets de dés et dépendant de vos statistiques. Évidemment, attendez-vous à rager souvent, avec un système toujours capable de retourner une situation sur un mauvais lancer. Un système qui a déjà fait ces preuves, et qui sans trop de surprise fonctionne bien ici. 

On note toutefois une réduction drastique de l’importance de la verticalité par rapport au premier opus, un choix qui simplifie grandement l’expérience, car si l’idée était bonne, elle n’était pas toujours bien réalisée. Idem dans une moindre mesure pour la gestion de l’éclairage qui, bien que toujours présente, semble moins primordiale ici même s’il peut seulement s’agir des environnements visités. Reste un rythme encore parfois un peu lent, notamment lors des tours ennemis, même avec l’accélération activée.

À la fois immersif et tactique

L’exploration constitue en revanche une vraie réussite, et dont la maniabilité est la très bonne idée de ce Solasta II. D’une simple touche, on passe d’un contrôle classique à la souris à un déplacement direct au clavier ou à la manette. Ajoutez à cela une caméra libre, du plan rapproché immersif à la vue aérienne tactique, extrêmement agréable offrant un confort de jeu particulièrement appréciable (voir comparaisons d’images ci-dessous). Un modèle que bien d’autres RPG seraient bien inspirés de reprendre.

Solasta II
Solasta II
Solasta II
Solasta II

Les jets de dés ne sont d’ailleurs pas confinés aux combats. Des tests passifs sont en effet réalisés en tâche de fond lors de l’exploration ou des dialogues permettant souvent d’obtenir des informations supplémentaires.

On sera aussi amené à passer d’un lieu à un autre en se déplaçant sur une carte du monde avec un système de cases hexagonales similairement à un jeu comme Civilisation, et avec un brouillard de guerre vous obligeant d’avancer petit à petit. Attention toutefois à bien gérer vos rations et vos repos longs, ceux sur la carte ne comptent pas pour monter en niveau ou préparer des sorts, sous peine de vous retrouver mal préparé lors d’une embuscade. Des événements aléatoires peuvent en effet se déclencher lors des déplacements. Généralement, il s’agit de faire de choix et des tests de capacités, mais ils peuvent aussi se terminer en combat.

Reste maintenant à voir jusqu’où ira la réactivité du monde face à vos choix. Sur ce point, difficile de juger pour l’instant. Encore une fois, on ne visera pas le niveau d’un Baldur’s Gate 3, mais on espère au minimum un système suffisamment solide pour donner du poids à nos décisions ou choix de personnages.

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CactusSinger
Disons-le clairement : Solasta II est un cRPG très prometteur, au point de donner envie d’y passer bien plus de temps que ne le permet actuellement cet accès anticipé. Il faudra patienter jusqu’à l’arrivée des prochaines mises à jour annoncées pour juger pleinement du résultat final. À condition de laisser de côté les attentes démesurées héritées de Baldur’s Gate 3, l’ambition étant ailleurs, vous trouverez ici les prémices d’un excellent RPG conçu par des passionnés du genre. Un titre qui revendique une fidélité stricte aux règles de D&D 5.0 avec tout ce que cela implique, y compris une certaine rigidité parfois frustrante. Mais plus qu’un défaut, c’est un choix assumé. Et un choix qui devrait avant tout parler aux puristes.

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