SubZero (冰点之下), FMV + zombie = Mortel Kombo ?
Un FMV promettant, sur ses captures d’écran, des zombies, du froid et de l’action invraisemblable, le tout saupoudré d’éléments de light RPG avec des jets de dés façon jeu de rôle ? Autant dire que j’étais très chaud. Malheureusement, comme son nom l’indique, la température est vite redescendue.
Une mystérieuse épidémie semble toucher la Chine, obligeant la population à se confiner par quartiers – toute ressemblance avec des événements réels étant bien entendu fortuite. Pire, l’un des symptômes de ce virus est sa fâcheuse tendance à transformer les gens en zombies assoiffés de sang. Rien que ça. Et comme si cela ne suffisait pas, une vague de froid sans précédent s’abat brutalement sur le pays (en France, on appelle ça le mois de mai).



Vous en conviendrez, ce n’est pas vraiment un spoiler puisque c’est précisément ce que le jeu met en avant. Pourtant, il faudra patienter plus de deux heures et traverser plusieurs chapitres poussifs avant d’en voir réellement la couleur. C’est là le principal problème du titre : une gestion du rythme assez catastrophique, avec une mise en place beaucoup, beaucoup trop longue, et de nombreuses scènes qui s’étirent inutilement.
La majorité des séquences sont filmées à la première personne, ce qui donne souvent un aspect amateur assez marqué, loin des mises en scène intéressantes visibles sur la page Steam. Ces dernières existent pourtant bel et bien. On trouve quelques passages réellement spectaculaires, souvent très poseurs, parfois complètement WTF, mais ils restent trop rares et s’enchaînent avec des transitions parfois abruptes.

Côté ambiance, le jeu part un peu dans toutes les directions, mais rarement celle à laquelle on s’attend. Durant toute la première moitié de l’aventure, on a davantage l’impression de jouer à une étrange dating sim qu’à une histoire de zombies. Entre une sombre affaire de dettes et un affrontement avec des mafieux, on fait la rencontre successive des trois intérêts amoureux du protagoniste dans un enchaînement de scènes souvent trop longues, et parfois un peu cringe, accumulant les clichés du genre.
Tout finit tout de même par s’accélérer, un peu, et l’on aperçoit enfin des zombies dans ce FMV de zombies. Mais le montage reste pour le moins déroutant. On peut passer d’une fuite désespérée après avoir vu des proches se faire massacrer, à un affrontement contre des mercenaires, avant de percuter un zombie en voiture laissant une main ensanglantée sur le pare-brise… pour finir par une bataille de boules de neige à peine trente secondes plus tard. Bon. on va dire qu’il faut savoir se changer les idées dans les moments difficiles.



Même les scènes censées être de tension souffrent de longueurs. On retrouve régulièrement le fameux syndrome du film de genre où un personnage trébuche quarante fois devant un zombie afin de lui laisser suffisamment d’occasions de l’attaquer. Une approche qui sert surtout à multiplier les jets de dés.
Oui, car il y a des jets de dés. Pas de système de compétences cependant : seulement un D20 lancé lors de certaines actions cruciales, avec quelques bonus ou malus obtenus via vos choix précédents. Et ne vous attendez pas à un système à la Baldur’s Gate 3. Ici, rater un jet ne débloque pas une nouvelle branche narrative, mais se finit simplement par un game over immédiat. Le pire, c’est que comme le jeu recharge juste avant l’échec, il suffit alors de recommencer jusqu’à obtenir le bon résultat… L’intérêt est donc sacrément limité.



Terminons par la localisation. Les sous-titres français sont d’assez mauvaise qualité et donnent fortement l’impression d’avoir été générés automatiquement. La syntaxe est souvent maladroite, certains textes débordent de leur interface et se retrouvent tronqués. Pire, la localisation provoque même parfois quelques bugs bloquants, petit à petit corrigés par les développeurs. Les sous-titres anglais ne s’en sortent guère mieux, allant jusqu’à remplacer les noms chinois des personnages par des prénoms occidentaux comme Sam, Fred, Josh ou Karen. Heureusement, la compréhension générale reste préservée, même si certains choix de dialogues deviennent parfois confus à cause de traductions approximatives ou de pronoms erronés.





