Tenebris Somnia

Tenebris Somnia – L’inSomnia de toutes les peurs

Tenebris Somnia – L’inSomnia de toutes les peurs

Tenebris Somnia m’avait époustouflé lors de la sortie de sa première démo, il y a déjà fort longtemps. Son mélange unique de survival horror visuellement rétro et de scènes cinématiques en FMV avait immédiatement retenu mon attention. La proposition avait pourtant un gros potentiel nanardesque, mais Andrés Borghi et Saibot Studios avaient démontré avec cette démo tout le sérieux du projet, porté par une belle qualité de production et une ambiance horrifique saisissante. Restait à savoir si le jeu tiendrait la route sur la durée, au-delà de l’effet de surprise.

Tenebris Somnia

Bon, inutile de faire durer le suspense : vous l’aurez deviné en voyant la grosse pastille grise de la Sélection GSS, la réponse est oui, et même au-delà de mes attentes. Mais on y reviendra. 

Tenebris Somnia ne s’embarrasse pas d’une longue introduction. À peine cinq courtes lignes de texte sur fond noir suffisent à poser le contexte. Le jeu n’a pas besoin de plus et nous plonge immédiatement dans son ambiance.

Depuis plusieurs nuits, Julia fait des cauchemars dans lesquels son ex, Ivan, avec qui elle n’a plus de contact, se fait tuer par des monstres. N’arrivant pas à le joindre, elle décide d’utiliser les clés de leur ancien appartement, qu’elle a conservées. Sur place, on découvre vite qu’ils sont tous deux de grands amateurs de cinéma et qu’ils ont même réalisé un court-métrage d’horreur primé, Devora. Mais aucune trace d’Ivan. Seulement quelques indices étranges et, surtout, une porte condamnée par une mystérieuse substance rouge durcie, marquée d’un symbole inconnu. Pour la suite, je vous laisse découvrir par vous-mêmes.

L’histoire et la narration comptent justement parmi les nombreux points forts de Tenebris Somnia. Saibot Studios développe son propre univers et ses règles, que l’on découvre progressivement avec Julia, en même temps que les véritables thèmes abordés. Le récit n’est ni lourd ni insistant, sans pour autant sombrer dans l’inutilement cryptique : il dévoile tout naturellement son histoire et ses thèmes, distille des indices plus ou moins discrets pour qui veut bien les voir et nous délivre quelques révélations en douceur, dont certaines sauront évidemment nous surprendre.

Tenebris Somnia est avant tout une histoire d’horreur, aussi bien visuelle et gore que psychologique. À la recherche d’Ivan, Julia s’enfonce toujours plus profondément dans un véritable cauchemar, remontant au passage le fil de souvenirs parfois communs, tandis que quelques monstruosités se lancent à ses trousses.

Et c’est justement dans cet esprit que le jeu propose une mise en scène particulièrement réussie. Ce qui frappe d’emblée, c’est l’intégration de la FMV aux phases de jeu en 2D. Loin de se limiter à de simples cinématiques faisant avancer l’histoire, les séquences filmées s’imbriquent parfaitement dans le gameplayOu « jouabilité » en français, fait référence à la façon dont le joueur interagit avec un jeu vidéo., en une véritable symbiose, avec des transitions d’une fluidité impressionnante et parfois terrifiante, dans tous les sens du terme. Je peux vous assurer qu’une porte qui s’ouvre brusquement, tandis que l’image bascule instantanément à la première personne en FMV et qu’une horreur se précipite dans l’encadrement, fait son petit effet.

La qualité des séquences filmées est au rendez-vous, et à quelques exceptions près sur certains effets, c’est impressionnant de voir le rendu atteint. Les plans de caméra sont aussi parfaitement raccord avec les graphismes du jeu, jusque dans les moindres détails. Le résultat est si convaincant qu’il devient même difficile de se souvenir après coup si tel ou tel passage était représenté en 2D ou en FMV. Le titre sait aussi jouer sur les silences pour renforcer l’atmosphère, tandis que les musiques, souvent discrètes, sont toujours de bonne facture.

Côté gameplay, on est dans le pur survival horror en 2D. La progression peut parfois sembler un peu lourde et quelques allers-retours restent inévitables, même si le level design fait de son mieux pour les limiter. Il faut chercher les bons objets à utiliser aux bons endroits afin de résoudre les énigmes, dont certaines ne sont pas particulièrement simples et même un peu obscures, le tout entrecoupé de rencontres pas franchement amicales.

Les munitions sont évidemment limitées, mais il est assez facile de s’en sortir en évitant simplement les ennemis. Le corps à corps reste toutefois une option tout à fait viable la majorité du temps, à condition de rester prudent. Cela permet notamment d’éviter que les ennemis s’accumulent dans certaines salles qu’il faudra retraverser, mais aussi de conserver suffisamment de munitions pour aborder les boss plus sereinement.

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CactusSinger
Tenebris Somnia est une expérience unique et fantastique. L’intégration symbiotique du FMV de grande qualité dans le survival horror rétro donne naissance à un mélange aussi inattendu que réussi. Le résultat est un titre marquant, porté par une narration prenante et une seconde moitié particulièrement stimulante sur le plan scénaristique. L’amour du cinéma et de l’horreur transpire par tous ses pores, et il serait bien dommage de passer à côté en ce mois de l’horreur. Sans conteste l’un des jeux de l’année, qui restera longtemps dans un coin de ma tête.
Tenebris Somnia

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