The Big Hollow: 1982

The Big Hollow: 1982, L’apprenti profiler

The Big Hollow: 1982, L’apprenti profiler

Mentionné dans notre article sur le Steam Next Fest du mois de février et y figurant parmi mes plus grosses attentes, The Big Hollow: 1982 a enfin droit à sa sortie complète. Ce jeu d’enquête au concept original vous met dans la peau d’un apprenti profiler enquêtant sur une série de meurtres. Mais ne vous fiez pas à son style cartoon : le titre de Krams Design ne prend pas de pincettes lorsqu’il s’agit de décrire les faits. 

Vous incarnez Desmond, un jeune détective en 1982 sur le point de passer un entretien pour intégrer la tout juste créée BSU (Behavioral Science Unit). Alors que vous patientez, votre attention est rapidement attirée par un tableau exhibant 2 photos de scènes de crime particulièrement sordides qui, malgré leurs différences apparentes, semblent partager plusieurs similitudes. 

Intervient alors Lenore Davidson, représentante du BSU et dont vous avez suivi des cours universitaires sur le sujet. Sans plus de préambule, elle vous met immédiatement à contribution en vous demandant vos premières observations, puis d’établir des connexions entre les deux affaires (la phase dite du linkage). La mise à l’épreuve de vos capacités de déduction commence, mais ce n’est pas tout : votre aptitude à vous mettre dans la peau du meurtrier sera également jugée. Après tout, vous postulez pour devenir profiler et étudier ces criminels que l’on commence tout juste à appeler des serial killers

C’est justement là que réside l’originalité de The Big Hollow: 1982. Vous n’êtes pas là pour résoudre une enquête à proprement parler : celle-ci est déjà résolue. Votre rôle consiste plutôt à apprendre, appliquer et mettre à l’épreuve une nouvelle méthode d’analyse criminelle. La nuance peut sembler légère, mais elle est essentielle. 

À chaque étape, Lenore vous guide à travers les spécificités de la phase de la méthode en cours, puis remet constamment vos raisonnements en question. Une fois vos conclusions validées, elle vous dévoile progressivement de nouveaux éléments : photos supplémentaires, témoignages, rapports scientifiques, etc. 

Un procédé qui se révèle étonnamment efficace. Il parvient à rendre gratifiantes les bonnes déductions et au contraire, frustrantes les erreurs et détails manqués. Le tout en conservant un filet de sécurité grâce à son approche très pédagogique. Comme l’affaire est déjà classée, impossible de nuire à l’enquête en se trompant. Un aspect qui pourra déplaire à certains joueurs d’ailleurs, ce potentiel manque d’enjeu, mais que j’ai personnellement trouvé bien maîtrisé. Le plus frustrant reste finalement que le jeu s’arrête après cette seule affaire, alors qu’on aurait aimé mettre davantage en pratique ce que l’on vient d’apprendre. 

Le titre n’évite cependant pas certains tropes du genre. Les choix de réponses manquent parfois de clarté. Même lorsque l’on comprend parfaitement ce que Lenore cherche à nous faire répondre et que l’on a fait la bonne déduction, les propositions s’avèrent parfois suffisamment ambiguës pour rendre le choix hasardeux. Une situation particulièrement agaçante lorsqu’on sélectionne la mauvaise réponse malgré un raisonnement correct. 

De même, lorsqu’il faut présenter plusieurs preuves et qu’une partie seulement est valide, les dialogues associés aux éléments déjà trouvés se répètent intégralement à chaque nouvelle tentative. Un détail, mais qui finit par devenir un peu lourd. 

Visuellement, c’est très propre. Le style bande dessinée fonctionne bien, même si l’on passe l’essentiel du temps devant un tableau d’indices. Le ton est en revanche beaucoup plus sombre que ne le suggèrent les graphismes. On parle ici de meurtres et de tueurs en série ; ne vous attendez donc pas à beaucoup d’humour. Certaines descriptions peuvent même s’avérer particulièrement dures à lire. Et on est d’ailleurs immédiatement dans l’ambiance avec la courte scène d’introduction.

L’ensemble est soutenu par une bande-son discrète mais efficace. À noter toutefois que le doublage reste partiel : seuls quelques mots ou débuts de phrases sont interprétés. Le tout est également exclusivement disponible en anglais pour le moment. 

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CactusSinger
The Big Hollow: 1982 propose une courte expérience de 3 à 4 heures dans la peau d’un apprenti profiler à la naissance de la discipline. Guidé pas à pas par votre mentor à travers une affaire déjà résolue, vous apprendrez les bases du profilage criminel sans la pression de faire échouer une enquête, hormis celle des blessures à votre propre ego de détective. Une proposition originale et pédagogique qui ne conviendra pas à tous, mais suffisamment convaincante pour donner envie de voir arriver d’autres affaires dans une éventuelle suite.

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