TR-49, l’interface Homme-Machine
Un nouveau jeu d’Inkle Ltd est toujours un petit événement, surtout lorsque les auteurs de Heaven’s Vault et Overboard! proposent un bien étrange concept : manipuler une machine datant de la Seconde Guerre mondiale capable d’altérer la réalité. D’autant que TR-49 se revendique d’influences telles que The Return of the Obra Dinn et Her Story, de quoi titiller mon sens de l’investigation.

Tout commence sans la moindre explication. Sur notre identité d’abord, puisque notre personnage, Abbi, semble aussi perdue que nous. Un certain Liam, par radio, nous demande alors de manipuler une étrange machine dissimulée dans un sous-sol. On apprend seulement qu’elle est liée à la fameuse Enigma machine, utilisée pour décoder les messages allemands durant la Seconde Guerre mondiale. Elle paraît cependant avoir évolué et est devenue une archive dans laquelle livres, lettres et journaux ont été chargés et annotés au cours des cinquante dernières années. Je ne vous en dirai pas plus, la découverte étant à la base même de l’expérience, si ce n’est que vous êtes à la recherche d’un ouvrage volé.

La machine fonctionne grâce à des codes de référence. Chaque entrée est en effet associée à une référence composée de deux lettres et deux chiffres, par exemple TR-49, et c’est uniquement grâce à elle que l’on pourra naviguer dans les archives. Il s’agit d’ailleurs de la seule façon d’interagir directement avec la machine : entrer un code et découvrir ce qu’il renferme. L’idée est donc de trouver ou de déduire de nouvelles références menant vers de nouvelles entrées, nous apportant des informations supplémentaires donnant accès à d’autres pistes de recherche. De ce point de vue, le jeu se rapproche du principe de Her Story et de son moteur de recherche volontairement limité.
Heureusement, Abbi tient un carnet de notes dans lequel elle inscrit toutes ses découvertes. Il est d’ailleurs particulièrement bien conçu, classant les informations par personnages, avec les codes de référence leur étant associés ainsi que les éléments appris à leur sujet. C’est un véritable modèle du genre qui, je l’espère, sera pris en exemple par d’autres jeux de ce type.


En plus de la découverte des codes, vous devrez également retrouver le titre de certains ouvrages. Dans un premier temps, les titres et extraits de certaines entrées se trouveront cryptés, et il faudra alors leur assigner un titre pour les rendre lisibles. Pour cela, il faudra au préalable trouver des titres mentionnés dans d’autres entrées, voire parfois dans les annotations laissées par les précédents utilisateurs de la machine.

Car vous n’êtes en effet pas le premier utilisateur. Les notes qu’ils ont laissées seront essentielles pour mieux appréhender l’histoire globale, ainsi que les liens entre les personnages et leurs motivations.
À l’image d’un Her Story, plusieurs chemins de déductions peuvent mener à un même ouvrage, évitant ainsi les blocages frustrants. Au contraire, les pistes s’enchaînent, et l’on se retrouve même parfois submergé par le nombre de chemins à explorer. Ce qui rend très rapidement l’expérience addictive. J’ai d’ailleurs terminé le jeu en deux sessions seulement sur une seule journée, sans vraiment voir le temps passer, pour un total de 8,8 heures selon Steam…
Malgré une approche extrêmement minimaliste, l’interface principale se limitant à la machine elle-même, TR-49 parvient à distiller une ambiance pesante, parfois même oppressante, allant jusqu’à réussir à nous impliquer émotionnellement dans son monde et ses personnages. Pour finir, le jeu a été pensé avec le Steam Deck en tête, et l’ergonomie est de fait prévue pour fonctionner parfaitement manette en main. De ce côté aussi, c’est effectivement une réussite.





