Rab en Vrac #7 remonte le temps jusqu’à la préhistoire et les 90s, pour finir par ses tâches quotidiennes contemporaines
Oui, quand il y en a plus, il y en a encore. L’actualité JV étant de plus en plus riche, les membres de la rédaction lancent cette chronique afin de vous proposer, au format mini, différents contenus à picorer pour ne rien rater Tout ce qui ne demande pas obligatoirement une page dédiée. Pas de rendez-vous à dates fixes pour l’instant, mais un nouveau numéro arrivera régulièrement en fonction de l’actualité et de la disponibilité de la rédaction.
N’hésitez pas à nous faire part de ce que vous en pensez ou ce dont vous souhaiteriez y voir apparaître dans les commentaires, sur le Discord GSS, ou via Bluesky.
Episode #8
Deux épisodes en deux semaines, et toujours centré sur les critiques. On espère ça vous plaira.
Mini-critiques
Landscaper Simulator
Il se vend comme un jeu de tonte de pelouse et au final on nettoie aussi des choses et on joue les ramasseurs d’ordures. Bref, encore un jeu PlayWay qui veut tout faire ! Surprise : cette fois c’est pas mauvais du tout. Très frais visuellement, le jeu fait absolument tout pour être hyper confortable et plaisant à jouer. Pourtant, on ne fait pas grand-chose : comme souvent dans ce genre de jeu de nettoyage certes, mais la division en une quinzaine de petits niveaux rend la découverte plus fragmentée mais aussi plus répétitive. C’est ce genre de jeu qui nous rappelle pourquoi les titres proposant une seule grosse zone à nettoyer fonctionnent bien ces temps-ci et tout le monde n’a pas le génie d’originalité de chaque niveau de PowerWash Simulator.
Impossible de dire du mal cependant de ce Landscaper Simulator absolument opportuniste et pas franchement inoubliable, mais qui fait très bien le job si c’est ce dont vous avez besoin tout de suite et que vous avez déjà terminé tous les ténors du genre. Il y en a beaucoup qui se ratent : lui fait exactement ce qu’on attend de lui. Par contre face à la concurrence, il est un poil cher en terme de radio durée de vie/fun.
Theropods
Theropods vient se démarquer des jeux habituels du merveilleux genre du Point & ClickSous genre du jeu d'aventure graphique popularisé dans les années 80s/90s, généralement contrôlé à la souris. sur deux principaux aspects. Tout d’abord, à travers son univers assez unique mettant en scène une héroïne dans une préhistoire où les humains côtoient les dinosaures. Deuxièmement, époque oblige, l’écriture n’existait pas encore, et le titre est donc complètement dénué de texte. On observe tout de même une communication entre les personnages, sous forme de très courts dialogues incompréhensibles pour le joueur, mais souvent accompagnés d’une gestuelle explicite. Évidemment, l’absence d’écriture implique surtout de se passer des habituelles descriptions typiques du genre lors de l’observation des environnements et de leurs objets. Pour relever le défi, Lost Token a donc tout particulièrement porté attention à la narration visuelle, parvenant parfaitement, la grande majorité du temps, à transmettre des émotions ou à indiquer la marche à suivre au joueur. Évidemment cependant, c’est au détriment d’une histoire forcément très simple.
D’ailleurs, si le pixel art est très beau, les pixels sont assez gros, et il est parfois difficile d’identifier certains objets dans le décor, voire simplement de les reconnaître. Heureusement, on peut afficher les points d’interaction à l’écran. Précisons aussi que malgré le côté particulièrement coloré de la DA, le titre peut par moment se montrer particulièrement brutal, en témoigne la scène d’intro où la mère de l’héroïne se fait littéralement broyer par la mâchoire d’un T-Rex dans une scène plutôt graphique. La nature de l’époque n’était pas la plus tendre, il faut dire.
Au-delà de ça, le gameplayOu « jouabilité » en français, fait référence à la façon dont le joueur interagit avec un jeu vidéo. est classique pour le genre, avec très peu d’objets et des puzzles assez simples, même si certains vous demanderont quelques tentatives avant d’en comprendre la logique. On rencontrera rapidement un second personnage jouable, ce qui sera l’occasion de résoudre certains puzzles en coopération entre les deux, sur une même scène. Une idée plutôt originale et bien pensée. Theropods est au final une courte aventure (2-3 heures) au setting original et très plaisant, proposant de superbes décors et une histoire correcte qui rappellera un certain film avec Adam Driver.
Skatesterre
Avoir un nouveau Tony Hawk’s dans nos vies ? Bien sûr, tous les jours ! Grand fan de la saga qui me manque terriblement (heureusement les remakes sont plutôt bons), je me suis précipité sur cette proposition indépendante et malheureusement, ce fut une terrible découverte. Qu’on soit d’accord : avoir réalisé un jeu pareil en hommage à l’un des meilleurs jeux de sports extrêmes au monde force le respect, surtout qu’il est dédié à une skateuse très connue aux Pays-Bas : Sterre Meijer alias Surfsterre. Mais malheureusement Skatesterre est plutôt raté. Déjà trop grisâtre même dans ses niveaux les plus paradisiaques, le jeu souffre surtout d’une copie non conforme du gameplay de base. On a les manuals : vous claquez le stick gauche de bas en haut pour faire une figure sur place sur votre skate et vous devez garder l’équilibre avec une barre affichée à l’écran, mais ici ils sont trop rapides et la moindre collision ou mouvement suspect vous fait tomber à la renverse. On a les tricks évidemment, mais retomber sur ses pattes est parfois dépendant du bon vouloir du jeu. Les combos ne se valident pas, le timing de fin d’une partie est un peu buggé et casse même les combos en cours, bref… tout est « presque fini » et c’est rageant.
Tout ce que fait Skatesterre est un peu bancal, légèrement cassé et pour un jeu comme celui-ci, c’est forcément douloureux pour l’expérience de jeu. L’autre souci c’est que quitte à faire un Tony Hawk’s-like, autant être original non ? Et au final on en recopie (en moins bien) la formule tout en mettant une femme en personnage principal, sans qu’il n’y ait de réelle mise en avant intelligente et vraie personnalité. Pire : le magasin et ses quelques dizaines d’objets à débloquer pour notre sportive est très peu diversifié, souvent dans le cliché (la mini-jupe et le bustier, etc.). La personnalisation du personnage n’est pas si sexualisée, heureusement, mais manque furieusement d’originalité et de liberté. Comme le reste du jeu finalement. C’est vraiment dommage !
TV Archive: Tidy Up Together
Et un de plus ! Cette fois, on range des VHS. Le souci c’est qu’en plus d’être très terne globalement et de ne proposer aucune folie, TV Archive: Tidy Up Together se permet d’utiliser beaucoup trop de visuels en IA. Et c’est gênant dans le sens où la totalité des blagues qui reprennent des œuvres existantes auraient sans doute pu être plus amusantes encore avec de vrais montages à la main ! Mais passé cela : est-ce que c’est moins bien que les autres jeux du genre ? Et bah… Un peu quand même, on ne va pas se mentir.
Déjà parce que comme dit plus haut, tout est très terne dans ce stock de VHS. Plafond gris, murs gris, étagères grises, on s’ennuie ! Mais surtout, la vue à la première personne semble de base un peu zoomée et donne vite le mal de mer. Les proportions ne sont globalement pas idéales pour passer un bon moment. La progression souffre aussi d’une trop grande facilité en début de jeu : on peut porter jusqu’à 10 VHS d’un coup, c’est logique en vrai mais pas forcément amusant. Évidemment on débloquera de nouveaux pouvoirs mais tout est très linéaire contrairement aux autres jeux, où l’on peut faire des choix principaux. Bref, si vous aimez ranger des VHS et que vous n’avez pas fait Librarian, c’est pour vous. Mais ce n’est clairement pas le meilleur jeu du genre, c’est peut-être même le plus opportuniste pour l’instant.
Static Dread: The Submarine
Static Dread: The Submarine est un jeu d’horreur psychologique Lovecraftien à choix multiples vous embarquant à bord d’un sous-marin nucléaire. Vous reprenez connaissance en tant qu’un des rares survivants de l’équipage, et vous voici aussitôt promu, par la force des choses, commandant en second. À vous donc d’assurer la survie de votre embarcation et l’accomplissement d’une mission… dont on ne sait pas grand-chose. Gérez les priorités du moment et assignez chaque jour des tâches à l’équipage en fonction de leurs spécialités, tout en surveillant leur énergie. À cela s’ajoutent des phases d’exploration du sous-marin dans une ambiance inquiétante, des séquences narratives et des phases de voyage où il faut planifier son itinéraire à l’aide du sonar et de l’analyse des environs, en évitant d’endommager excessivement le sous-marin sous peine de devoir consacrer un temps précieux à sa réparation le lendemain.
Mais le plus intéressant du titre, outre la découverte de son histoire, reste les possibilités offertes par les choix du joueur. Aussi bien pendant le gameplay que lors des dialogues, ils déclenchent de nombreux embranchements scénaristiques et peuvent mener à différentes fins. Solarsuit.games pousse surtout à l’expérimentation, et à relancer de nouvelles parties, afin d’obtenir toutes les réponses. L’ambiance est là, la narration donne envie d’en savoir plus et une partie suffisamment courte (2-3 h) incite à retenter l’expérience avec des choix différents.
Visuellement le titre est assez unique. Certes, on retrouve un rendu global rétro-PSX, mais des effets de flou et de légères distorsions lors des mouvements accentuent l’effet claustrophobique et le côté hallucinatoire des événements. Le grain TV est agréable et, surtout, les visages sont extrêmement détaillés pour du low-poly, presque lissés, leur conférant une véritable personnalité. Couplés à un doublage convaincant, ils donnent vie à un équipage dont on sent la santé mentale s’effriter petit à petit. En bref, une expérience tout à fait recommandable pour les amateurs du genre.
Parking in Tight Spaces
Alors moi, j’me dis, un jeu qui finit par « in Tight Spaces » ça doit être lié aux jeux de deckbuilding de bagarre, mais avec des voitures. Et en fait, non. Le jeu n’a rien à voir. Pour autant, son nom est très explicite, il s’agit de se garer dans des espaces très serrés, en évitant les chocs. On va donc devoir amener un véhicule (ou plusieurs) au bon endroit sans toucher les bords, sous peine d’écoper d’une pénalité et de se faire éjecter du leaderboard. Pas grand chose à dire si ce n’est le design épuré qui correspond parfaitement au style du jeu, la variété des véhicules et leur physique est intéressante malgré des contrôles parfois un peu flottants, mais ils restent suffisamment précis pour apprécier l’expérience. Un « petit » jeu dans l’esprit des jeux flash de notre adolescence (ou enfance, suivant votre âge), sans prétention, mais plutôt amusant.
Creepshow
Adaptation d’une série de 2019 inspirée d’un film du même nom réalisé par la légende George Romero, lui-même inspiré des comics de Stephen King… Voici donc le chaînon manquant avec l’adaptation en jeu vidéo de Creepshow. Je n’avais vu aucun de ces formats, mais le jeu propose de courtes histoires d’horreur dans un setting 90s. Forcément, je suis intrigué, surtout avec DreadXP à l’édition.
Tout commence pour le mieux : la DA comics fait son effet, l’ambiance teenage movie et ses personnages absolument détestables comme on les aime fonctionnent bien. C’est prometteur. Puis arrive la première histoire, et c’est là que les choses se gâtent. L’histoire est pourtant particulièrement creepy, perturbante aussi bien visuellement que psychologiquement. Manette en main, c’est en revanche fastidieux : tout est lent, on répète les mêmes actions et le rythme est constamment cassé par des interactions superflues. C’est encore plus flagrant dans la seconde, et dernière, histoire, qui plus est bien moins intéressante.
Creepshow donne surtout l’impression de ne pas être terminé. On boucle les deux histoires en environ deux heures, sans véritablement résoudre l’intrigue globale, qui s’arrête abruptement. Même les menus laissent penser que le PHL Collective avait d’autres contenus en tête. On termine donc à la fois avec un étrange sentiment d’inachevé : le jeu s’arrête trop tôt, tout en étant déjà trop long pour ce qu’il a finalement à raconter. Ça semble contradictoire, mais c’est peut-être là que se trouve la véritable horreur de Creepshow.




