The Skin Stapler

The Skin Stapler – attention, ça va couper !

The Skin Stapler – attention, ça va couper !

Attention, âmes sensibles s’abstenir. The Skin Stapler est un OVNI vidéoludique aussi absurde que gore, le titre donnait d’ailleurs déjà le ton. Tainted Pact nous avait offert en fin d’année dernière le très sympa Flesh Made Fear, un survival horror rétro très sanglant. Ici, changement de genre pour du walking simOu « simulateur de promenade ». Sous-genre du jeu d'aventure, fondé sur l'atmosphère et la découverte plutôt que le gameplay., mais pas de philosophie, avec tous les potards poussés au maximum. 

The Skin Stapler est un jeu bien particulier. Entre hommage et parodie des genres Grindhouse, Slasher et des séries B des années 80/90, le titre propose une aventure horrifique au style visuel désormais bien connu de la 3D low-poly, rappelant les débuts de la technologie. Un style rétro-PSX donc, qui, s’il affiche de gros pixels et un design parfois grossier des objets ou des personnages, reste très plaisant, bien plus que ce qu’on observerait sur un véritable jeu d’époque tournant sur nos machines actuelles. Le gros avantage apporté par ce style se retrouve surtout dans l’utilisation de l’ultra-gore, permettant grâce au rendu de rendre certaines scènes absurdes et comiques, là où elles seraient probablement tombées à plat avec du photoréalisme.  

C’est d’ailleurs bien la marque de fabrique de The Skin Stapler : tout est absolument over the top, rempli de clichés et tutoyant des niveaux d’absurdité rarement atteints. Il suffit de prendre la ville où se déroule l’aventure, au nom subtilement évocateur de Carrion, véritable hell hole, ou trou de l’enfer dans notre langue. 

Les potards sont tellement poussés que certaines scènes en deviennent presque cartoonesques, comme lorsque le chef de la police plonge littéralement la tête dans un paquet de donuts. Une scène dans laquelle on retrouve d’ailleurs notre protagoniste principal, le détective Dick Slater, qui, dans un moment absolument pas surjoué, jure et tape du poing sur le bureau de son chef pour faire comprendre qu’il est un loup solitaire travaillant seul. 

Les dialogues justement ne sont pas en reste. Ils sont au niveau auquel on pouvait s’attendre pour le style, c’est-à-dire complètement timbrés. Je me suis tapé plusieurs fous rires à cause de phrases complètement inattendues, ou ai au contraire souri devant des répliques classiques, mais presque obligatoires. Dans tous les cas, attendez-vous également à une subtilité rare… et à plus de jeux de mots sur le nom de Dick que dans Genital Jousting. Il faut tout de même avouer qu’arriver à faire rire sur fond de scènes de crime aux victimes écorchées vives, c’est un talent. 

L’aventure, quant à elle, est découpée en chapitres, où l’on alterne entre le point de vue des victimes, assistant donc aux premières loges à leur meurtre, et celui de l’inspecteur Dick, affublé de son jeune nouveau partenaire – oui, il n’a pas eu le choix. 

Les chapitres sur les victimes contiennent souvent des interactions et du gameplayOu « jouabilité » en français, fait référence à la façon dont le joueur interagit avec un jeu vidéo. sous forme de mini-jeux rappelant les simulators : s’occuper d’une salle de bowling, d’un magasin de location de VHS, ou encore servir des hot-dogs ou des beignets, le tout bien évidemment sans aucun sous-entendu… Disons simplement que les habitants de Carrion City ont une façon bien à eux de les consommer… 

Lors des phases d’investigation, le duo de détectives découvre les horreurs et indices laissés par le serial killer, et on est en général confronté à un puzzle assez simple une fois tous les indices de la scène de crime trouvés. 

Là où le titre de Tainted Pact fait fort, c’est qu’il parvient constamment à surprendre dans une surenchère d’absurdité aussi gore, avec des hectolitres de sang, que ridicule. C’est bien simple, il se passe tellement de choses absurdes toutes les trois minutes que mon ratio screenshots / temps de jeu est particulièrement élevé. 

Finissons par la partie audio. Pas mal de victimes sont incarnées par des créatrices de contenu qui ont également prêté leur voix pour l’occasion. Ce qui donne une qualité de doublage assez… variée. Parfois de très bonne qualité, d’autres fois bien plus amateur. Cependant, The Skin Stapler excelle tellement dans sa parodie du genre que j’en suis à me demander si les passages surjoués ne sont finalement pas le fruit de performances parfaites visant à émuler les plus beaux rôles de la série B. Quelle que soit la réalité, j’ai presque envie de dire que c’est de toute façon très secondaire tant cette disparité d’acting et ce cabotinage renforcent d’autant plus la proposition du studio. 

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CactusSinger
The Skin Stapler est à la fois un régal et un plaisir coupable. C’est un titre sans concessions, particulièrement niche et qui, de fait, ne plaira pas à la majorité. Véritable lettre d’amour aux genres du Grindhouse et de la série B, il se montre tour à tour gore, absurde, gore, bas du front, surprenant, gore et souvent hilarant. L’impression d’être tombé sur une VHS oubliée au fond de la réserve d’un magasin de location vidéo est saisissante, et les amateurs du genre sont assurés de passer quelques heures assez grandioses devant le titre de Tainted Pact. En somme, Le Ash vs Evil Dead du jeu vidéo. Si c’est votre tripe, euh, trip, alors foncez : vous allez passer une sacrée soirée.
The Skin Stapler

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