Tormentum II, quand la simulation macabre est plus plaisante que la réalité
Tormentum – Dark Sorrow m’a très longtemps intrigué, principalement par ses impressionnants screenshots montrant un somptueux univers de dark fantasy et d’horreur. Faute de temps, cependant, je n’ai jamais eu l’occasion de satisfaire ma curiosité. Alors, quand Tormentum II est arrivé, annonçant une histoire standalone, c’était l’opportunité idéale pour se lancer dans l’aventure.

Dans un futur décidément toujours aussi déprimant, le monde de Tormentum II semble à mi-chemin entre cyberpunk et post-apocalyptique. Ravagé par les dérives de la technologie, il ne semble pas particulièrement faire bon y vivre. David, notre protagoniste, a alors développé une simulation ultra-réaliste, à l’intérieur de laquelle les personnages sont capables de penser comme de véritables êtres humains. Un échappatoire qui va inévitablement se transformer en piège lorsqu’un jour, David va se retrouver projeté à l’intérieur de sa propre simulation sans comprendre comment. Pire, il semble que sa création ait évolué sans qu’il le sache et possède maintenant des strates qu’il n’a jamais conçues, ainsi qu’une volonté propre qu’il ne peut contrôler.
Lorsque nous avons commencé à travailler sur Tormentum II, le type d’intelligence artificielle que nous imaginions relevait encore de la science-fiction. Huit ans plus tard, l’IA fait désormais partie de notre quotidien. L’histoire semble aujourd’hui bien plus proche de la réalité que nous ne l’aurions jamais imaginé.
Łukasz Rutkowski, co-founder of OhNoo Studio
Mais commençons par le plus évident : visuellement, Tormentum II est absolument somptueux. Il est entièrement dessiné à la main – un véritable travail d’orfèvre quand on sait qu’il contient plus de 200 scènes – peignant un univers entre dark fantasy et horreur psychologique. Avec son style très gothique et son nihilisme certain, on y trouve notamment des centrales énergétiques fonctionnant grâce au tourment des habitants, il ne plaira probablement pas à tous. Mais c’est indéniable qu’artistiquement parlant, c’est une grande réussite.
OhNoo Studio se dit lui-même ouvertement inspiré par H. R. Giger et Zdzisław Beksiński, et il serait bien difficile de les contredire. Si le premier est évidemment très célèbre dans la culture populaire, notamment pour son travail sur le design de la saga Alien, je connaissais beaucoup moins le travail de l’artiste polonais, et je ne peux que vous recommander une rapide recherche sur son œuvre. Vous verrez tout de suite l’inspiration dans les paysages de Tormentum II, dans les palettes de couleurs utilisées, mais aussi dans ses structures et bâtiments aussi bien aliens que gothiques. L’influence de Giger se retrouve davantage dans les intérieurs semi-organiques et le design des créatures.


On comprend sans peine qu’il ait fallu presque 8 ans de développement aux deux seuls membres du studio polonais.
On guidera alors David dans ce monde qu’il ne reconnaît plus afin d’en trouver une sortie. Tormentum II se joue alors comme un Point & ClickSous genre du jeu d'aventure graphique popularisé dans les années 80s/90s, généralement contrôlé à la souris. on ne peut plus classique. Bien que l’on ne puisse pas déplacer nous-mêmes notre personnage dans les écrans, on passe d’un écran à l’autre en cliquant sur une sortie. On peut interagir avec des points d’intérêt, que l’on peut d’ailleurs afficher d’une touche, et on possède un inventaire pour trimballer les objets qui nous seront utiles. Notez bien, par contre, qu’on est dans un niveau d’interaction assez limité. Il n’y a au final que peu d’interactions possibles par écran et l’on récolte rarement plus de 2 ou 3 objets à la fois.
De fait, les puzzles sont eux aussi très légers et restent dans le spectre facile du genre. Vous l’aurez compris, Tormentum II est davantage un jeu d’aventure narratif d’ambiance et d’immersion qu’un jeu de puzzle.





On regrette d’ailleurs un peu que le jeu ne possède pas de doublage, et seulement des dialogues écrits. Ce n’est pas un point qui m’embête en général, mais un doublage réussi aurait pu ajouter une touche supplémentaire au tout. D’autant que l’OST est parfaite pour nous accompagner dans la découverte de cet étrange univers. .
Pour finir, quelques choix seront à réaliser à certains moments clés, sachant que vos décisions viendront affecter le destin de quelques personnages et surtout détermineront la fin obtenue. Il reste cependant difficile de savoir de quelle façon lors de ces choix, tant leurs conséquences paraissent souvent assez obscures. Ce n’est donc pas garanti que vous obteniez la fin souhaitée lors de votre premier essai.






